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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Portrait à moitié réussi d'un homme à moitié raté,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'été de la vie (Broché)
- Vous me proposez une interview ?. Oui, comme un hommage à la forme du livre. - Ma foi, pourquoi pas. C''est vrai que Coetzee a conçu son livre sur une idée assez originale : un biographe recueille 5 témoignages de personnes ayant connu l'écrivain, pour en réaliser un portrait posthume. . Cette idée vous a séduit ? - J'ai trouvé le procédé évidemment artificiel, mais intéressant avec cette mise en abyme qui permet à Coetzee de se décrire ou se faire décrire, tout en mêlant le vrai et le faux. Mais il m'a semblé pourtant qu''à un moment, le procédé ne marchait plus, en partie en raison de l''amoindrissement d'intérêt suscité notamment par les derniers témoignages. . Avez-vous eu l''impression toutefois de mieux connaitre l'écrivain, ou l'homme ? - Là encore, la réponse est mitigée. S'il est évident que Coetzee livre certainement des indices sur la façon dont il se perçoit... . L'avez-vous trouvé mégalomane ? - Non, je crois qu'il a senti le danger et du coup, il a dressé un portrait à charge : son personnage tel qu'il ressort de cette fausse biographie est un homme assez falot, coincé, peu sociable et incapable de susciter vers lui des élans passionnels de la part des femmes. Bien sûr, on sent qu'il cherche avant tout à nous persuader que le grand écrivain qu'il est, n'est pas de facto, un grand homme et on veut bien le suivre dans cette démonstration, même si cela paraît un peu exagéré. . Vous trouvez qu'il en fait trop ? - Oui, car il ne se fait vraiment pas de cadeaux, n'évitant même pas un ridicule humiliant lorsqu'il évoque une piteuse tentative d'allier sexualité et Schubert. Mais malgré tout, on retrouve dans cette fausse biographie le Coetzee de ses livres précédents : l'inadapté, décrit comme un "étranger" dans son pays, comme il est un étranger par rapport aux femmes. Il ne se sent pas véritablement afrikaner mais malgré tout, il reste lié à cette terre tout en s'estimant en tant que "blanc", illégitime. Dans le livre, 2 passages sont assez éclairants. Ainsi, lors du récit de son "excursion" dans le Karoo, là d'où vient sa famille, on sent que ce paysage lui inspire une vraie tendresse, presque une passion. En revanche, quand on évoque son attitude politique, il est décrit comme un écrivain "antipolitique". . Apolitique ? - Non, non : antipolitique. C'est-à-dire qu'il n'envisage pas avec enthousiasme l'avenir qu'il voit se dessiner pour l'Afrique du Sud, ce qui, on le comprend, ne lui vaut pas la sympathie des anti-apartheid. . Au final, votre avis sur le livre ? - Le style de Coetzee reste intact et à ce titre, le livre est intéressant. La variété des témoignages procure souvent beaucoup de plaisir, en particulier le premier, celui de sa maitresse tout en intelligence et en humour décapant. Mais, au fur et à mesure de l'avancée dans le roman, je m'attendais à une révélation finale qui allait donner un tournant inattendu à l'ensemble, le vivifier. Et de ce point de vue, c'est un peu décevant. Le livre se termine par un extrait du journal de Coetzee qu'on a un peu de mal à situer et qui reste assez mystérieux, renforçant le côté bancal du roman. . "Bancal" : ça pourrait refléter votre sentiment général ? - Finalement : oui ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les confessions de Coetzee,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'été de la vie (Broché)
Après Scènes de la vie d'un jeune garçon (1997) et Vers l'âge d'homme (2002), cet 'Eté de la vie' est le troisième volet de l'autobiographie de l'immense écrivain sud-africain, Nobel 2003. Et on atteint des sommets, mais dans un style sensiblement différent de ses grandes oeuvres des années 1980-1990 : moins sophistiqué, moins artiste, plus direct et plus chaleureux. On peut trouver cela logique, le genre autobiographique s'y prêtant ; l'étonnant est que l'objet de ce travail, JM Coetzee lui-même, est un genre d'autiste. Distant, froid, sans coeur ni sentiments. Etranger partout et à tous. En tout cas, c'est ainsi que le découvre le mémorialiste imaginaire qui vient, après sa mort, interroger maîtresses, familiers et collègues l'ayant connu.On est rarement allé aussi loin dans l'absence de complaisance sur soi; on a rarement été aussi lucide sur le regard que les autres peuvent porter sur soi. Enfoncé, Rousseau; dépassé, Bernhard; débordé, Zorn... Martyrisé, raillé, incompris, Coetzee émerge pourtant comme un formidable héros de roman : Afrikaner contrarié, résolument réfractaire à la politique, d'une maladresse à l'égard des femmes qui frise la pathologie mentale, témoignant à l'égard de son vieux père une tendresse filiale plus qu'ambigüe. On peut craindre le pire (pour l'auteur) et le meilleur (pour le lecteur) si Coetzee (70 ans) nous livre un quatrième tome consacré à la vieillesse. Ne manquez pas cette puissante tentative de renouvellement du genre autobiographique (qui peut se lire indépendamment de ses deux excellents premiers volets). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1.0 étoiles sur 5
Un Coetzee décevant...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'été de la vie (Broché)
Après avoir beaucoup aimé "Scènes de la vie d'un jeune garçon" et "Disgrâce" je me préparais à une lecture savoureuse, mais dès le début j'ai été déçue....La présentation sous forme d'interviews d'un chercheur qui enquête sur la vie de l'auteur est complètement artificielle, les questions sont académiques, presque aucune émotion dans le récit des différentes femmes qui l'ont connu....Coetzee voudrait illustrer l'éternel débat entre la littérature et la vie, entre la monotonie d'une vie et la richesse d'une oeuvre, mais hélas il n'y parvient pas ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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