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38 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
dire clairement ce qui fâche,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'éthique aujourd'hui : Maximalistes et minimalistes (Poche)
Ruwen Ogien, qui n'en est pas à ses débuts en philosophie morale, pose ici très clairement les données et les enjeux de l'éthique. Il compare et oppose les thèses des uns et autres, mais surtout il les confronte à des faits réels pour mieux faire apparaître les lacunes ou les incohérences...J'ai trouvé ce livre excellent pour plusieurs raisons, d'abord, il est accessible, rédigé en termes clairs, compréhensibles et quand l'auteur fabrique une expression pour définir un concept, il l'explique clairement. Les notes de bas de page sont toujours justifiées et commentées,elles sont donc très utiles. L'auteur met en perspective les principes qu'il présente dans le cadre de l'Europe et de l'Amérique du Nord, qui diffèrent à bien des égards à propos d'éthique. La rigueur du raisonnement est constante, mais, qualité rare, l'auteur laisse toujours une possibilité de réfutation. En d'autres termes, je trouve que ce livre est indispensable pour comprendre les réalités de l'éthique dans notre société. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une éthique "minimaliste" ?,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'éthique aujourd'hui : Maximalistes et minimalistes (Poche)
Minimaliste ou maximaliste ? Moral ou Politique ?J'ai beaucoup apprécié ce petit livre qui traite de la confrontation qui existe entre ceux qui veulent limiter l'application des règles morales au périmètre des seuls rapports à autrui (les "minimalistes") et ceux qui veulent inclure dans ce périmètre d'application notre rapport à nous-même (les "maximalistes"). L'auteur détaille les prises de positions éthiques des uns et des autres, se demande quel peut être l'impact possible de ces prises de position sur nos libertés et aussi où se situe la frontière entre ce qui est "moral" et ce qui est uniquement "politique". Tout ceci est très bien expliqué et quand l'auteur veut exprimer ses chois personnels, qui sont plutôt "minimalistes", il le fait très clairement. Il nous entraîne dans son raisonnement en nous y préparant : nous sommes toujours informés de ce qu'il compte faire et nous savons où il veut nous mener. La seule chose qui atténue ma satisfaction est le fait de ne pas avoir vu abordé pleinement dans ce livre l'impact que ces règles éthiques, et surtout celles qui participent des prises de position "minimalistes", sont susceptibles d'avoir sur un environnement sociétal donné. Dire que cela est du ressort du seul politique me paraît un peu rapide... Dommage que la bibliographie soit neutre... Au final un livre que l'on peut conseiller sans réserves Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Une argumentation inégale en faveur d'une thèse trop radicale,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'éthique aujourd'hui : Maximalistes et minimalistes (Poche)
La confusion étant possible, cet ouvrage n'est pas une présentation de l'éthique contemporaine mais un essai sur le champ d'action idéal de la morale. Ruwen Ogien y défend une éthique minimaliste reposant sur trois principes - l'indifférence morale de nos rapports à nous-mêmes, la non-nuisance à autrui et l'égale considération de chacun - contre des éthiques maximalistes critiquant l'une ou l'autre de ces normes. Malheureusement cette éthique minimaliste s'avère peu convaincante, tant par son manque de crédibilité que par la qualité fluctuante de l'argumentation.Ruwen Ogien se montre pourtant un pédagogue d'une grande clarté, mélangeant un ton franc et léger à un raisonnement d'apparence solide (la présentation de forme a.b.c ou 1.2.3 est assez courante) fréquemment étayé par des exemples ou contre-exemples. Néanmoins cette argumentation s'avère perfectible, d'abord car elle se base généralement sur un "tout ou rien" logique mais peu réaliste, ensuite car elle est loin d'être objective. En effet l'auteur recourt parfois à des procédés rhétoriques, notamment l'utilisation d'exemples exceptionnels ou grotesques tournant les thèses adverses en ridicule sans rien démontrer ; de fait Ogien cache peu son antipathie pour certaines conceptions morales (le paternalisme en particulier) tout en présentant l'éthique minimaliste sous son meilleur profil. Pour être clair l'éthique minimaliste défendue par l'auteur est très proche de l'éthique du libertarianisme, et John Stuart Mill occupe d'ailleurs dans cet essai une place centrale. Mais cette éthique minimaliste fondée sur trois commandements paraît peu crédible car trop radicale et réductrice, et à vouloir faire simple et logique (état contre individu ; loi contre consentement ; morale publique contre amoralisme privé...) elle fait surtout peu de cas de la complexité et diversité psychologique, sociologique, politique et culturelle de l'Homme - des actuels 7 milliards d'hommes. Quelques-unes de ses propositions ou conséquences sont particulièrement critiquables : L'auteur refuse ainsi d'admettre les souffrances émotionnelles comme de vrais préjudices (p95-99). Pourtant les neuroscientifiques (notamment Antonio Damasio) ont démontrés l'importance des émotions dans l'homéostasie de l'organisme - le phénomène de la somatisation est connu. Nul individu n'est purement rationnel et la part de l'émotionnel est même prépondérante chez les enfants mais aussi chez les adultes hypersensibles. Ce refus des nuisances émotionnelles soutient une autre affirmation, celle de l'insignifiance des nuisances causés à des entités abstraites ou imaginaires (p78). Sont donc acceptés les insultes aux drapeaux, aux hymnes ou aux dieux. Mais des entités abstraites peuvent avoir un impact émotionnel réel et leur dégradation peut entraîner de vraies colères et souffrances. On peut aussi s'étonner de l'indifférence de l'éthique minimaliste quant aux inégalités sociales et économiques - sujet absent de cet essai. Les risques entraînés par cette indifférence sont pourtant réels et importants, comme le montre un débat sur les mères porteuses paru en 2009 opposant Ruwen Ogien à Sylviane Agacinski (lien en remarque) où l'éthique minimaliste semble n'offrir aucune protection contre la marchandisation du corps. Au final, et malgré la volonté de l'auteur, l'éthique minimaliste est loin d'être réellement cohérente et engageante. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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