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21 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Jugé pour sa personnalité, 26 mai 2007
Camus met en exergue à travers cette oeuvre magistrale, qu'un homme peut être condamné à mort pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère.
C'est à dire que la justice juge les moeurs de Mersault au lieu de le juger pour le crime qu'il a commis. Meursault est l'archétype du pauvre type qui vit sans se poser de questions et qui ne comprend pas les choses qui l'entourent. Il n'est pas mauvais, il est juste à côté de la vie. La justice condamne surtout sa marginalité et son immoralisme: Meursault ne correspond pas à l'image du citoyen exemplaire, c'est pour cela qu'il est condamné; il devient "la tête de turc" idéal de la société. Camus pose ici un problème qui est très dérangeant dans la société dans laquelle on vit. C'est avec virtuosité et un style particulier que celui-ci met en avant les failles d'un sytème. Une oeuvre incroyablement forte .
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
il faut admettre l'absurdité de l'existence pour mieux la vaincre, 14 septembre 2009
Comme son titre l'indique, ce livre est l'histoire d'un homme étranger au monde. Si étranger, en fait, qu'il en est pour ainsi dire absent. Certes, il accomplit tous les gestes de la vie quotidienne, mais sans jamais se préoccuper de leur donner une véritable signification. Homme sans qualités, sans caractère, sans profondeur, Meursault est le prototype de l'Homo Absurdus. Il mène tel un robot une existence dénuée d'enjeu et de finalité, une existence purement organique, réduite à ses fonctions primaires: manger, dormir, copuler. Jusqu'au jour où, sans vraiment savoir pourquoi, il tue un homme. Commence alors son procès, qui le confronte à sa propre vacuité et le somme de s'en expliquer.
Ce qui fait la force de ce roman, c'est bien sûr qu'il traite d'une des questions essentielles de la philosophie: la vie a-t-elle un sens? Mais le plus intéressant, c'est peut-être la manière dont il la traite. En effet, non seulement Camus traduit admirablement l'absence au monde de son narrateur en usant d'une langue blanche et neutre qui tue dans l'oeuf toute émotion, et ce dès la première page du livre où Meursault rapporte la mort de sa mère avec toute la froideur d'un procès-verbal. Mais de surcroît son récit a la forme d'un diptyque dont les deux volets se répondent comme deux miroirs parfaitement symétriques. La seconde partie de "L'étranger" reprend en effet un par un les événements relatés dans la première et les relit à la lumière de la morale commune qui prend ici l'aspect comminatoire d'une cour d'assises.
Par moments, ce livre m'évoque un peu "Erostrate" de Sartre. J'y entends aussi des échos du "Procès" de Kafka. Il m'arrive même, parfois, d'apercevoir derrière la silhouette de Meursault celle, furtive, du Lafcadio de Gide. Mais l'oeuvre de Camus possède sa propre cohérence et, contrairement à ce que d'aucuns prétendent, n'est en rien nihiliste. C'est en fait un constat doublé d'une mise en garde. La vie, en soi, n'a pas de sens, nous dit Camus, c'est donc à nous qu'il revient de lui en donner un, faute de quoi, nous aussi, nous deviendrons des Meursault, des étrangers au monde.
Message finalement très humaniste qui fait à la fois la grandeur de ce livre et celle de son auteur.
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13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
l'Etranger et l'absurde, 16 octobre 2004
Meursault est un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombre. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort. Le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs dela vie privée, solitaire, sensuelle. Il refuse de mentir. Mentir, ce n'est pas seulement dire ce qui n'est pas. C'est aussi, c'est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le coeur humain, dire plus qu'on ne sent; il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. "Devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine." Meursault est l'homme absurde. L'absurde - qui naît de la "confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde", ce "divorce enre l'homme et sa vie" - n'a de sens que dans la mesure où l'on n'y consent pas. Mais l'homme absurde est celui qui affronte l'absurde sans en appeler à une éternité consolatrice et illusoire. Pour Camus, l'absurde ne réside pas dans le fait d'être de trop, mais dans le sentiment d'être étranger : "Pour toujours je serai étranger à moi-même", et je vis dans un monde qui m'est étranger.
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