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Au-delà d'un simple récit, L'Abolition permet de mieux comprendre un homme, avec ses émotions, ses peurs et ses moments de doute, qui a pour seule arme sa robe d'avocat. Ce livre n'est pas un cours d'histoire sur l'abolition. C'est l'histoire de l'abolition vue de l'intérieur. Robert Badinter signe un témoignage poignant. Symbole d'un combat très personnel.
Je regardai l'horloge : il était douze heures et cinquante minutes, ce 30 décembre 1981. Le voeu de Victor Hugo, "l'abolition pure, simple et définitive de la peine de mort", était réalisé. (...) Je pensai à tout ce qui était advenu. Puis je rentrai chez moi, le long des allées. C'était fini, la peine de mort.--Nathalie Robert
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Non content d'avoir écrit un livre où il relate la genèse du texte qui a rendu la peine de mort hors la loi, l'ancien Garde des Sceaux use aujourd'hui de son influence pour essaimer ses convictions humanistes plus loin que nos petites frontières européennes. Le travail est immense, mais l'avocat ne craint pas d'y perdre le souffle. Au contraire, il met en avant une vérité étouffée, questionne une puissance sûre de ses fondements démocratiques. Pour la campagne "Ensemble contre la peine de mort aux Etats-Unis", de nombreuses manifestations sont prévues et une cyber-pétition sera remise au futur Président américain, le 21 janvier 2001.
Dans une interview au Journal du Dimanche, Robert Badinter précise les faits : "Sur les 5760 condamnations à mort prononcées aux Etats-Unis entre 1973 et 1995, dans 60% des cas, les condamnations n'auraient pas dû intervenir, qu'il s'agisse de violations de la loi, de manquements graves des avocats à leurs devoirs ou d'erreurs judiciaires révélées par la suite". Il signale également que les afro-américains représentent 12% de la population et 34% des personnes exécutées, dans un système judiciaire qui compte mille huit cents procureurs blancs pour vingt-deux procureurs noirs.--Laurent Galiana--
