Ça commence comme dans un rêve. Un rêve, mais pas n'importe lequel. Celui qu'on fait assis, debout, couché. Celui qui transporte, celui qui illumine. L'absente commence pour ainsi dire très bien. Les premières notes se font entendre au loin, puis les instruments se déchaînent en toute beauté. L'accordéon dessine d'entrée une ambiance sonore enjouée et romantique, tandis que les cordes tombent en cascade tout au long du morceau. Cette chanson qui ouvre le disque s'appelle A quai, mais c'est bien dans une tempête mélodique que l'on se retrouve. A partir de là, les invités de Yann Tiersen entrent dans la danse. Lisa Germano, Dominique A, Neil Hannon de Divine Comedy, les Têtes Raides, l'actrice Natacha Régnier, l'orchestre symphonique de Vienne, entre autre, viennent mettre leurs nez -leurs voix, leurs doigts, leurs compositions- dans les affaires de L'absente. Le résultat est brillant. Yann Tiersen n'est plus seulement le multi-instrumentiste doué et solitaire de La valse des monstres. Le voilà aujourd'hui chef d'un orchestre sans queue ni tête, à partir duquel il a su dresser un ensemble cohérent de bout en bout. On a des passages lancinants (La parade, Bagatelle, L'échec), des morceaux à boire (Les jours tristes, interprété par un Neil Hannon très en verve), des instrumentaux touchants (L'absente, Qu'en reste-t-il?, Le retour), et même parfois festifs (Le jour d'avant). Mais de façon globale, Yann Tiersen ne fait plus tomber le mouchoir. L'homme qui a écrit la bande originale du film La vie rêvée des anges -pas un modèle de gaieté- semble avoir abandonné cette facette larmoyante, pour ce qui s'annonce comme sa tentative la plus accessible à ce jour.