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Véritable architecte sonore d'ambiances diffuses et mystérieuses, Yann Tiersen n'a pas fini de nous faire voyager sur ses mélodies. Légères et graves à la fois, elles ne demandent qu'à être imagées par l'auditeur (le cinéaste Jean-Pierre Jeunet ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui lui a confié la bande originale de son
Fabuleux Destin d'Amélie Poulain), et elles ne demandent aussi parfois qu'à être enrichies d'une voix, comme le montre parfaitement
L'Absente. Dans la lignée de la
Black Session de 1998 (sortie en CD un an plus tard), lors de laquelle quelques invités de marque étaient montés sur scène avec le Breton (Dominique A, Neil Hannon, Bertrand Cantat, Married Monk, Mathieu Boogaerts, etc.), cet album voit Tiersen s'entourer avec bonheur de quelques organes superbes (Lisa Germano, Neil Hannon, Dominique A… et la comédienne Natacha Régnier, avec laquelle il s'offre même deux duos).
Musicalement,
L'Absente enregistre les collaborations des Têtes Raides (pour deux excellents morceaux "Le Jour d'avant" et "La Lettre d'explication") et d'un "ensemble symphonique" notamment, histoire de donner plus de volume à ses compositions, un choix qui n'avait jamais été fait auparavant, faute de moyens. Mais loin de donner dans le boursouflé et le grandiose, Yann Tiersen maintient l'intimité et l'émotion qui caractérisaient jusqu'à maintenant ses créations, tout en enrichissant à volonté ses orchestrations. Si ce cinquième album (en comptant le
Tout est calme, enregistré avec ses amis des Married Monk, plus rock que ses travaux solo) marque une évolution pour le Breton, découvert par le grand public grâce au magnifique
Le Phare (1997), c'est surtout par son ambition et son foisonnement. Avec
L'Absente, ce génial producteur, musicien multi-instrumentiste (violon, violoncelle, alto, piano, clavecins, melodica, vibraphone, accordéon, toy piano, cloches, etc.) et chanteur-parolier reste inclassable, seul habitant d'un univers très personnel.
--Dambusta
Platine
Depuis le succès de son troisième album
Le Phare (1998), aidé certes par celui du film
La Vie rêvée des anges dont il a écrit la B.O, le discret Yann Tiersen est devenu un véritable phénomène dans le monde de la musique. Sans promotion tapageuse ni marketing outrancier, il fait désormais partie des gros vendeurs de disques et l'accueil réservé à
L'Absente, son dernier opus, démontre combien il s'est acquis un public de fidèles, amateurs de son univers tout en finesse et extrêmement élaboré, en dépit d'une apparente simplicité. Pourtant, l'orientation nouvelle donnée à celui-ci aurait pu dérouter, voire décevoir, tous ceux qui appréciaient son minimalisme et l'intimisme né de ses compositions de multi-intrumentiste, aux ambiances nostalgiques et mélancoliques. De son propre aveu, plus abouti et plus ambitieux que ses précédents disques,
L'Absente se veut aussi plus festif et donnant la part belle aux chansons. Pour ce faire, Tiersen s'est entouré d'une pléiade d'artistes dont beaucoup l'avaient déjà amicalement escorté en concert : Dominique A., les Têtes Raides, l'orchestre symphonique de Vienne, Neil Hannon (The Divine Comedy), la comédienne Natacha Regnier, Christian Quermalet (The Married Monk)… Une envie sans doute née de sa récente participation aux albums des Têtes Raides et de Françoiz Breut. À la fois marginal et populaire, le désormais célèbre Brestois réussit à nous étonner une fois de plus, en nous entraînant dans un univers empreint d'images aux couleurs de l'enfance, où se mêlent, entre classicisme et modernité, les violons délicats d'un quatuor et les joyeux cuivres d'une fanfare.