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5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
philosophie...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Action Française : Une histoire intellectuelle (Poche)
Au terme du voyage, se trouvera "l'être de l'étant, ce qui, en avant de l'être comme passé, actualise sa forme, se présente comme "raison", logos de tout l'étant, comme "origination" radicale, selon le mot de Leibniz".tiré de L'Action Française de Huguenin p541. Si ça vous a plu, vous pourrez trouver de nombreuses maximes de ce genre tout au long de l'ouvrage. Trop philosophique pour moi! A part ça, quelques chapitres intéressants écrits dans une veine plus accessible. J'aurais préféré que l'auteur s'attarde davantage sur les engagements du journal au fil des événements historiques, plus concentré sur des faits. La pensée maurrassienne hautement philosophique et celle de ses successeurs est trop fouillée, trop pointue; à moins que le lecteur ne soit très versé dans cette discipline. Bref, un peu rebutant. mon conseil: La droite révolutionnaire1885-1914 de sternhell Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
philo, philo...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Action Française : Une histoire intellectuelle (Poche)
Au terme du voyage se trouvera "l'être de l'étant, ce qui, en avant de l'être comme passé, actualise sa forme, se présente comme "raison", logos de tout l'étant, comme "origination" radicale, selon le mot de Leibniz.tiré de L'Action française de Huguenin p549 Si vous aimez ce genre de considérations, vous serez largement servis tout au long de l'ouvrage qui se penche un peu trop sur la pensée hautement philosophique de Maurras et consorts. Sinon quelques chapitres intéressants et instructifs. J aurais préféré que l'auteur s'attarde davantage sur des faits, sur les engagements du journal au fil des évènements politiques et historiques et moins sur les influences et conceptions philosophiques. Un peu rebutant sauf si vous êtes assez versés en la matière. Pas inintéressant tout de même dans l'ensemble. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"Charles Maurras est une des plus grandes forces intellectuelles d'aujourd'hui", André Malraux, 1923,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Action Française : Une histoire intellectuelle (Poche)
François Huguenin, Sciences Po, se présente comme un historien des idées. L'ouvrage "L'Action Française : une histoire intellectuelle" publié en 1998 et pour cette édition revue en 2011, illustre avec brio les qualités d'exposé, de synthèse, de rigueur, d'intégrité intellectuelle de l'auteur. Cet ouvrage est fondamental non seulement pour l'histoire des idées, la compréhension d'une cinquantaine d'années de notre Histoire de France, mais aussi pour positionner notre réflexion actuelle face à la Réaction financière imposée aux démocraties européennes par une oligarchie dépourvue du sens premier de la philia, la nécessaire amitié entre citoyens, pour bâtir des projets de société.François Huguenin précise avec méthode chaque mouvement d'idées, le plaçant dans son époque, positionnant les adversaires ou amis en fonction de ces deux critères, créant ainsi une situation qu'il place en perspective avec les connaissances que nous avons aujourd'hui. Par cette quête inlassable de vérité, se refusant au jugement lapidaire - qui n'exclue pas les conclusions parfois dures sur certains personnages et certaines positions intenables de l'Action Française (l'AF), l'auteur nous aide à découvrir, littéralement, un mouvement qui fut brillant non pas tant sur le plan politique que sur celui des idées. L'ouvrage commence par une double mise en garde : sur l'antisémitisme de l'AF - antisémitisme d'Etat et non de race (sang) - précision importante d'une part et sur le maréchalisme de Charles Maurras pendant la Seconde Guerre Mondiale qui arrêta le rayonnement intellectuel de ce mouvement. Ces deux aspects sont insupportables pour le lecteur et citoyen que je suis. Monarchiste moi-même, je n'ai jamais jusqu'à présent, cherché à légitimer ma réflexion politique par des racines maurrassiennes pour de multiples facteurs : 1/ Ma famille, dont certains membres étaient de l'AF, s'est engagée dans la Résistance, a sauvé des Juifs, au péril de sa vie 2/ Charles Maurras m'est encore bien inconnu - je n'ai lu de lui que l'un de ses tout premiers ouvrages, signes de son admiration pour la Grèce antique, Lettres des Jeux olympiques, son amour de Platon et de Socrate qui guidera toujours sa pensée politique. 3/ Des penseurs royalistes d'avant-guerre, j'apprécie au plus haut degré Jacques Bainville - jamais surpris en situation d'antisémitisme - Léon Daudet, aux multiples facettes, dont l'antisémitisme n'était pas foncier (dans ce registre, je ne l'aime vraiment pas), Georges Bernanos, Pierre Gaxotte, et certains auteurs que j'ai découverts ayant appartenu plus ou moins longtemps à l'AF La Nouvelle Action Royaliste dirigée par Bertrand Renouvin, fils du grand résistant royaliste Jacques Renouvin, mort en déportation, ne se réfère jamais dans ses prises de position à un quelconque héritage maurrassien. Le modèle de monarchie espagnole pensé pour la France (je simplifie) est un modèle qui se conçoit bien sans cela. L'Action Française n'a pas été fondée par Charles Maurras, mais par un antisémite notoire, Henri Vaugeois en 1898, que Maurras sortira de l'AF pour les positions antisémites raciales qu'il tenait, contraires à la philosophie d'action politique de l'AF. Maurras rejoint ce mouvement dans l'année. Antidreyfusard le mouvement condamnait "l'inversion de l'ordre politique qui fait que l'on rencontre, dans la République française, 'la liberté et ses périls - en haut - et - l'autorité - en bas. Ce qui engage 'l'avenir de la Nation et la sûreté de l'Etat est mis en péril par le jeu de la discussion et des intérêts, tandis que l'autorité s'insurge au détour des moindres rapports entre particuliers, et au mépris de l'initiative des citoyens. Dès lors - placer les libertés en bas, l'autorité en haut- c'est proprement reconstituer l'ordre naturel et national' qui est le but de la restauration royale. - Charles Maurras, "l'Eglise et la démocratie" cité par l'auteur, p.52-53. La pensée politique se précisera en intégrant le positivisme d'Auguste Comte, ouvrant une conciliation possible avec le catholicisme : "l'humanité est plus encore 'continuité' que 'solidarité'. Dès lors, la conception de la famille comme base de la société avec le culte comtien du mariage, la justification de la patrie, et le refus du parlementarisme (<<tout choix des supérieurs par des inférieurs est profondément anarchique>> disait Comte) sont autant d'enseignements que retient l'AF [ainsi que "l'empirisme organisateur (dont la définition est) la mise à profit des bonheurs du passé en vue de l'avenir. (...) L'examen des faits sociaux naturels et l'analyse de l'histoire politique conduisent à un certain nombre de vérités certaines, le passé les établit, la psychologie les explique et le cours ultérieur des événements contemporains les confirme au jour le jour (...) La déduction est en ce cas la suite naturelle des inductions bien faites et le sens critique éveillé dans la première partie de l'opération n'éteint pas son flambeau pendant les mystères de la seconde puisque l'on vérifie au départ et à l'arrivée" - p.84-85. L'auteur recense également avec précision les héritages traditionnalistes dus à Maistre, Le Play, Bonald dont il explique la citation : "<<Nous sommes mauvais par nature, bons par la société>>. 'Nature' correspond ici à l'état corrompu par le péché qui flétrit l'image divine en l'homme. Aphorisme brutal, mais central de toute la pensée contre-révolutionnaire et qui marque la frontière entre la pensée traditionnelle et la pensée moderne. L'homme s'accroît, se perfectionne, se réalise par la société.>>: déjà se profile 'le politique d'abord'". - p.92 D'autres penseurs influenceront les débuts de l'AF dont Renan (cf. Qu'est-ce qu'une nation ?) - qui ne bénéficia pourtant pas d'une chaire spéciale -, Fustel de Coulanges (cf. La cité antique) : "<<L'histoire de Fustel, vérifiée par la philosophie de Comte>> : telles sont, nettement revendiquées, les deux méthodes politiques de l'AF" - en 1905 -p.96 Maurras cependant oublie ... la liberté. "De fait la pensée maurrassienne envisage largement les libertés à l'échelon local, au mépris même des contraintes d'harmonisation de la vie moderne, mais les ignore à l'échelon national, masquant, derrière l'alibi de la décentralisation, son incapacité à gérer la question de la liberté politique et du consentement populaire." De fait "pour Bonald, le peuple n'entre pas dans les éléments du pouvoir. Il n'est rien en politique".-p.103 François Huguenin saisit les limites de la pensée maurrassienne sur le terrain notamment du panthéisme historique de Maurras en opposition au départ avec le catholicisme et ses vertus (p.121) puis de son effacement devant le catholicisme prôné par l'AF. Le lecteur jubile en lisant la confrontation de l'AF à la philosophie de Nietzsche (Pourquoi l'AF n'était pas nietzschéenne) puis à celle de Marc Sangnier du Sillon - par la qualité des échanges intellectuels entre ces penseurs engagés du début du XX° siècle. L'AF d'avant la Première Guerre mondiale, et de l'entre deux guerres, sera foyer de critique littéraire fustigeant le romantisme (cf. Le Stupide XIXe Siècle de Léon Daudet. Maurras "n'examine jamais une oeuvre sans la confronter avec l'expérience, sans mesurer son rapport avec la nature connue et examinée" - démarche que j'approuve évidemment - p.160. Poursuivant : "Maurras a donné un coup d'arrêt à une littérature qui enfilerait les mots comme de la verroterie, en l'absence de sens, de pensée." "La critique que Maurras fait du romantisme n'est pas esthétique, mais métaphysique et ontologique, comme l'a montré Pierre Boutang." - p.164 "Le romantisme serait moins un courant esthétique qu'une maladie de l'âme, qui se définit par <<l'usurpation par la sensibilité et l'imagination de l'hégémonie de l'intelligence et de la raison>>/ Pierre Lasserre/ - p.165 Romantisme auquel est rattaché Rousseau : "<< C'est l'abus de moi, le droit fatal de l'amour-propre, la préférence du péché à toute vertu, et non pas la passion d'une grande âme, mais le goût malheureux d'une sensibilité sans frein pour ses pires faiblesses... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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