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Réponse à l'arrogance, 24 février 2009
Il est bon que ces vingt-trois intellectuels africains n''aient pas succombé au meilleur anti-Sarkozy, à savoir l''indifférence, comme l''écrit Patrice Nganang (p.355). En effet, la réponse que chacun fournit est digne d''intérêt et apporte un éclairage différent, quand bien même je n''irais pas jusqu''à dire comme Makhily Gassama, qui a dirigé cet ouvrage, que « même s''il y a similitude dans la pensée, les moules varient considérablement d''un auteur à l''autre (p. 10). En effet, j''ai été surpris que les auteurs se réfèrent presque tous aux mêmes auteurs européens ou africains et même citent les mêmes phrases de ces auteurs, ce qui pourrait laisser croire à une pensée unique. Jusqu''à Descartes qui est cité à deux reprises (p. 318 et p. 502) par une phrase qui ne parle pourtant pas de l''Afrique.
Le discours du président Sarkozy, « jugé arrogant, paternaliste et néocolonialiste, fumeux, archaïque et ringard, démagogique à souhait, peuplé d''erreurs historiques et de trous de mémoire incompréhensibles, d''omissions coupables et d''appréciations erronées sur l''homme africain et sa relation au monde d''aujourd''hui, a d''abord surpris, puis indigné et finalement exaspéré tout ceux qui l''ont entendu ou lu. » (p. 300) Un discours qui n''inspire que le mot consternation (p. 508). Je suis assez surpris qu''aucun auteur (sauf la référence au « sermon sur la montagne » p. 321) ne fasse une comparaison entre ce discours et un texte biblique : en effet, on aurait pu mettre au début de chaque phrase : en vérité, je vous le dis.' Je ne sais pas si le président Sarkozy est le « seul homme d''État à faire de l''ignorance une vertu » (p. 128), mais il est clair qu''il s''y emploie énormément, comme le montre ce discours.
Pour démontrer les faiblesses de ce discours, presque tous les auteurs reviennent sur les trois maux qui ont rongé l''Afrique : l''esclavage, la colonisation et le néocolonialisme. Chacun y apporte sa touche personnelle et son ton propre mais les conclusions demeurent les mêmes. Sans ces trois fléaux, l''Afrique n''en serait pas au stade actuel mais aurait pu montrer combien son passé glorieux aurait pu se refléter dans un présent fameux.
Venant d''intellectuels, je suis surpris par des contributions qui usent des mêmes outils que le président Sarkozy, c''est-à-dire le mépris, en usant de quolibets contre le président français (« Nicolas le Petit » ou « conducator », p. 172 ou « du haut de son mètre soixante-quatre », p. 154) De même, je ne comprends pas pourquoi, les parties relatives à une phrase du discours qui n'a pas été prononcée, ont été conservées, ce qui ne peut pas s''expliquer quand on écrit des articles bien après le prononcé d''un discours et non en réaction à chaud. Il s'agit pour moi des deux plus grosses faiblesses du livre, ce qui n''enlève pas à la qualité du reste des contributions. Ma préférée demeure celle de Koulsy Lamko. (pp. 201-223), mais cela est tout ce qu''il y a de plus subjectif.
Si j'ai beaucoup appris sur l''Afrique dans ce livre, j''ai remarqué que ces intellectuels africains ont encore aussi des choses à apprendre de la France. En effet, j''ai trouvé assez bizarre que l''on fasse référence à un texte de 1792 pour démontrer que la France connaissait aussi une multitude de langues (p. 463). Il me plaît de rappeler que le dernier membre de ma famille qui ne savait ni lire ni parler le français, mais uniquement le patois local, est décédé en 1966, soit après l''indépendance d''un nombre certain de pays africains.
Ce livre n''apporte pas beaucoup de pistes pour trouver des solutions aux maux actuels du continent africain, même si on peut trouver des indices de temps en temps, mais ce n''était sans doute pas le but de l''ouvrage. Quoi qu''il en soit, je recommande ce livre à qui veut connaître ce qu''un discours d''un autre âge peut offenser et provoquer comme réaction. Heureusement qu''il a été prononcé au pays de la téranga, cela a pu éviter des réactions plus rapides et moins polissées.
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26 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Contre le discours de la langue de bois, 3 mars 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Afrique répond à Sarkozy : Contre le discours de Dakar (Broché)
Des intellectuels africains répondent de manière honnête au ridicule discours que Monsieur Sarkozy a tenu à Dakar pendant l'été 2007.
Ce livre permet de comprendre que ce sont les colonies qui ont ruinés et infantilisés l'Afrique en pillant le sol africain et en détruisant les religions de cette Afrique précoloniale. La faute donc à l'esclavage et aux colonies.
On y apprend entre autre, qu'au temps de la renaissance où l'occident a lancé sa machine de guerre, l'Afrique brillait de mille feux tant au niveau économique qu'au niveau culturel.
Cet ouvrage demeure nécessaire pour lutter contre l'ignorance (l'inculture de Nicolas Sarkozy) et porter au ridicule cet Occident qui a semé la zizanie sur la planète dans l'objectif, d'ailleurs le fait-il toujours, pour préserver son pouvoir.
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