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L'Aleph
  
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L'Aleph [Broché]

Jorge-Luis BORGES
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  • Broché
  • Editeur : Gallimard (1988)
  • Langue : Français
  • ASIN: B0043PF1TI
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46 internautes sur 50 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vertigineux et unique, 2 septembre 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aleph (Broché)
Lire Borges s'avère être une expérience absolument unique. Son savoir et sa culture, souvent qualifiés d'encyclopédiques, donnent l'impression que la lecture de dix pages contient la matière de cent chez un autre, sans pour autant tomber dans l'énumération absconse et fastidieuse. Son sens de la litote et de la métaphore se distille en un style puissamment évocateur. Ce maître de la forme courte possède l'art incomparable de faire naître en nous, lecteurs, un sentiment de vertige et d'indescriptible en à peine une phrase. Sa fascination ininterrompue pour les jeux labyrinthiques du temps, de l'espace et de l'infini, son ingéniosité à mêler détails autobiographiques et fiction pure, participent à l'élaboration d'une identité littéraire les plus marquantes du vingtième siècle.

Ainsi en est-il de la description de la cité des Immortels dans la nouvelle initiale "L'Immortel": en quelques images incroyablement fortes et suggestives, Borges fait naître en nous la SENSATION -telle que seuls les rêves les plus fous peuvent le faire- d'un tel édifice. Ainsi en est-il de "L'Autre Mort" où le réel dérape par touches indicibles vers l'idée d'une cyclicité du temps rédemptrice. Ainsi en est-il du "Zahir", où l'évocation d'une obsession aboutit à un anéantissement personnel. Ainsi en est-il de "L'Aleph", fiction dans laquelle l'auteur procède naturellement, pour ainsi dire, rien moins qu'à la concentration de l'Univers tout entier en une abstraction tangible.

Les nouvelles composant ce recueil, oscillant entre conte fantastique, fiction historique et fable philosophique, ne laissent finalement jamais de divertir par leur richesse et d'étonner par leur diversité. Un plaisir et une jouissance purs.

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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sous le signe de l'infini, une éthique pour immortels, 18 avril 2010
Par 
Damien Coullon (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aleph (Broché)
Voilà Borges dans sa plénitude, et une œuvre pleinement Borges. Interrogation centrale sur la question de l'infini, abordée sous plusieurs aspects : l'éternité (« à Rome, je conversai avec des philosophes qui opinèrent qu'allonger la vie des hommes est allonger leur agonie et multiplier le nombre de leurs morts. »), le labyrinthe, l'identité et l'impossible nouveauté (« Je constate que je vieillis ; un signe qui ne trompe pas est le fait que les nouveautés ne m'intéressent pas ni ne me surprennent, peut-être parce que je me rends compte qu'il n'y a rien d'essentiellement nouveau en elles et qu'elles ne sont tout au plus que de timides variantes. »).

En plus de s'être concentré sur une question à la fois puissante et parfaitement adaptée au rêve, Borges a réussi (avait-il essayé avant ?) à rendre ses nouvelles entièrement autonomes, auto-suffisantes, bref réellement achevées.

Quelques moments extraordinairement évocateurs où ressort l'intégrité sud-américaine, par exemple l'histoire de T.I. Cruz, qui comprend qui il est quand il se trouve à la tête d'une troupe chargée d'arrêter un brigand : « Toute destinée, pour longue et accomplie qu'elle soit, comprend en réalité *un seul moment* : celui où l'homme sait à jamais qui il est. [...] Pour ce qui est de Tadeo Isidoro Cruz, qui ne savait pas lire, cette connaissance ne lui fut pas révélée dans un livre ; il se vit lui-même dans une mêlée et dans un homme. »
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Quand le mieux devient l'ennemi du bien..., 25 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aleph (Broché)
Pas question de remettre en cause ici les talents hors pairs de nouvelliste et de conteur de BORGES mais bien d'émettre un léger bémol quant à cette concision des textes. Si effectivement certaines nouvelles transportent aisément en peu de phrases, il faut reconnaître qu'elles sont finalement assez frustrantes. De plus, à trop vouloir abréger et rechercher un effet final réussi, celui-ci devient prévisible et tombe quelquefois à plat. Enfin même pour les histoires les plus abouties, il faudra aimer extrapoler à partir de ce que livre l'auteur. L'Aleph, malgré une écriture admirable et maîtrisée apparaît comme un recueil assez inégal, alternant entre le génie et l'ennui : une ode aux textes courts mais que l'on voudrait plus longs tant le maestro force par instants sa maestria.
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