New York, 1896. Un adolescent est retrouvé mort dans d’affreuses circonstances. Devant le corps atrocement mutilé, la police est impuissante : quel peut-être le mobile du crime ? Qui peut avoir intérêt à massacrer un jeune prostitué immigré ? Désarçonné, Théodore Roosevelt, alors préfet, convoque deux anciens amis. L’un est journaliste spécialisé dans les rubriques criminelles. L’autre est un aliéniste, c’est à dire un spécialiste des maladies mentales. Tous deux doivent résoudre l’énigme du meurtre… et ce, dans les plus brefs délais et dans la discrétion la plus totale…
Passionnante enquête que celle de l’Aliéniste. S’il est vrai que certaines images rappellent celles de la trilogie d’Hannibal, et plus particulièrement le Silence des Agneaux, elle a le mérite de montrer l’incompréhension des autorités face aux serial killers. Comment, alors que les empreintes digitales sont un procédé ne constituant aucunement une preuve, trouver l’assassin quand les victimes n’ont aucun lien entre elles et semblent choisies au hasard ? Caleb Carr s’intéresse davantage à cet aspect de l’enquête et ses héros, tous plus attachants les uns que les autres, seront confrontés à bien des échecs. Autre aspect étonnant, la crainte, ressentie par les hautes sphères sociales, que représentent les thèses soutenues par ces « psychologues » qui se prétendent scientifiques. Mais ces profilers du passé ne détiennent-ils pas les clés indispensables à la résolution de ce type de monstrueux casse-tête ?
Ecrit dans un style percutant, le roman de Caleb Carr bénéficie parallèlement d’une recherche très dense. Alors, lire une aventure passionnante tout en apprenant, n’est-ce pas ce qu’il y a de mieux dans le roman ?