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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Plongée,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amérique, 1965-1990 : Chroniques (Broché)
Onze textes écrits dans les années 60 et 7O constituent l'ouvrage: plongée derrière le mythe et les apparences, tout en privilégiant ces dernières. Joan Didion fait partie de ce qu'on a appelé le nouveau journalisme durant les deux décennies concernées. Elle ne fut jamais dupe de rien, n'a jamais succombé au chant des sirènes des révolutions culturelles, distante qu'elle était à l'égard des temps...Et c'est cette distance qui fascine, cette distance liée aussi au style, sans fioritures, sec mais empathique,à la pointe sèche...mais qui n'exclut jamais la fulgurance, puisqu'elle en émane. On est là bien loin de Tom Wolfe et de son cynisme distancié. Didion ne rechigne jamais à se mettre en scène, à s'exposer plutôt. Jamais une quelconque hauteur ne trouve là à se manifester.Immersion dans Haight-Ashbury à San Francisco: le flower-power en prend pour son grade ("whaou...", "groovy...")...Faits divers sanglants, relatés en forme de portrait époustouflant de la Californie des années 60 et 70, tant de l'intérieur des êtres que dans la capture d'un espace-temps frôlant le no-mans land sophistiqué, entre la déglingue poussiéreuse et le high-tech...Rencontre avec les Doors, banale. Le Roi Lézard est banal. Rencontre et diner avec John Wayne: souvenirs d'enfance...Ce dernier portrait, rapide, semble frôler les vérités indicibles. Le Duke était un brave type. A conseiller sans réserves à tous ceux qui veulent tenter de saisir quelque chose de la panse béante de ce pays. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Lucidité,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amérique, 1965-1990 : Chroniques (Broché)
Joan Didion née en 1934 à Sacramento n'était pas très connue en France jusqu'à ces dernières années malgré son talent reconnu aux Etats-Unis, mais ce livre va certainement la faire sortir de son anonymat chez nous.Il ne s'agit pas d'un roman, d'ailleurs le sous-titre imprimé sur la couverture est « chroniques » et dans ce genre littéraire, Joan Didion est un maître. A travers une dizaine de textes écrits entre 1960 et 1980, un recueil de reportages, elle nous raconte son Amérique. Car si nous plongeons avec délice dans le San Francisco hippie de 1967 ou si nous rencontrons John Wayne, c'est par le prisme de l'½il de Joan Didion, une Joan Didion flirtant avec ses problèmes psychologiques « Je me fais l'effet d'une somnambule, sensible uniquement à l'étoffe dont sont faits les mauvais rêves ». Les portraits, les réflexions sur l'époque et les lieux qu'elle fréquente sont empreints de cynisme mais néanmoins d'une cruelle lucidité. Les Doors, le groupe de rock, les Black Panthers, la « famille » Manson qui massacre Sharon Tate la femme de Roman Polanski, le meurtre d'une joggeuse dans Central Park à New York, autant de reportages et de regards sur une Amérique qui est en pleine mutation. Un beau livre, très réaliste, écrit à la première personne, par une écrivaine jamais dupe des évènements qu'elle observe avec acuité, sachant prendre immédiatement le recul nécessaire à l'analyse. J'ai maintenant très envie d'explorer rapidement sa bibliographie. « Rien de très grave ne pouvait arriver dans le rêve, rien qu'un homme ne pût affronter. Et pourtant. La voilà qui arriva, la rumeur, et au bout d'un moment les grands titres. « J'ai eu la peau du Grand C », annonça John Wayne, à la manière de John Wayne, traitant ces cellules renégates comme n'importe quel autre renégat, et pourtant nous sentions tous que l'issue de cet affrontement-là était pour une fois imprévisible, que c'était le seul et unique duel que Wayne risquait de perdre. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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