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Marguerite Duras nous ressert le couvert d'Un barrage contre le Pacifique trente-cinq ans plus tard en redorant le blason de celui qu'elle appelait alors Monsieur Jo, qu'elle ne nomme désormais plus dans L'Amant que "l'homme de Cholen" et nous offre une manière de Lolita, mais raconté du point de vue de la jeune fille. Avec l'âge, la reconnaissance et la maturité, Marguerite Duras n'éprouve plus le besoin de romancer ou d'aménager ses souvenirs autobiographiques comme dans le Barrage. Ici, elle laisse couler ses souvenirs et ses sensations à la façon du cours paisible du Mékong et nous les livre, non pas bruts, car l'âge aidant, ils sont largement passés au tamis des omissions, des hypertrophies et des embellissements divers mais donnent un réel sentiment d'authenticité, car on sent bien qu'elle ne cherche plus à plaire. On dirait plutôt un addendum, un testament littéraire sur sa vie à Sadec en Indochine, destiné à ses proches pour quand elle ne sera plus. Aussi, je conseille au lecteur de lire préalablement Un Barrage Contre Le Pacifique, qui est en quelque sorte la pièce maîtresse à laquelle l'auteur souhaite apporter des éclaircissements ou des modifications (notamment le fait qu'à l'époque où elle écrit le Barrage, sa mère et son frère aîné ne sont pas encore morts et elle ne peut donc pas avouer dans le livre ce qu'elle leur a caché durant toute sa vie, d'où le rôle tronqué de Monsieur Jo, qui retrouve ses lettres de noblesse dans L'Amant tandis que son frère Joseph subit, lui, plutôt une rétrogradation et devient moins attachant).
Néanmoins, il faut prévenir le lecteur qu'à aucun moment on ne retrouve la construction et la linéarité d'Un barrage Contre Le Pacifique. L'Amant est une somme de souvenirs souvent pèle-mêle comme notre cerveau les emmêle parfois en oubliant de les classer. Stylistiquement, ces discontinuités et cette manière de ne pas nommer les personnages principaux engendrent un certain mystère et possèdent un potentiel lyrique et nostalgique indéniable.
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le 20 janvier 2008
La narratrice évoque son enfance et son adolescence à Saigon, pendant les années trente. Elle se rend au lycée de Saigon en car tous les matins jusqu'au point d'embarcation du bac, réservé à la « traversée d'un bras du Mékong. »

À quinze ans et demi, la jeune fille se farde, se met « de la crème Tokadon » pour essayer de « cacher les taches de rousseur » qu'elle a « sur le haut des joues, sous les yeux. » On dit pourtant qu' « elle a un beau regard. Le sourire aussi, pas mal. »

C'est donc un de ces matins, tandis qu'elle se trouve sur le bac, qu'a lieu la rencontre : « Sur le bac, à côté du car, il y a une grande limousine noire avec un chauffeur en livrée de coton blanc [...] Dans la limousine il y a un homme très élégant qui me regarde. »

Un amour est né entre cet homme et l'adolescente, un amour bien différent de celui qu'elle voue à sa mère ou à son petit frère, mort trop tôt, « en trois jours d'une broncho-pneumonie », un amour qu'elle veut tenir secret : l'homme élégant est « chinois » (« Il dit qu'il est chinois, que sa famille vient de la Chine du Nord, de Fou-Chen »), elle est une jeune fille blanche et représente « la colonisation ».

Le fatum dès lors s'impose, elle et lui savent qu'ils ne pourront pas se marier, soumis l'un et l'autre à l'incompréhension et, par là même, au refus, de leurs familles respectives. L'amour devra se vivre dans la clandestinité, à l'insu de tous : « L'image commence bien avant qu'il ait abordé l'enfant blanche près du bastingage, au moment où il est descendu de la limousine noire, quand il a commencé à s'approcher d'elle, et qu'elle, elle le savait, savait qu'il avait peur. »

Il n'empêche, elle ne fera « plus jamais le voyage en car pour indigènes. » Elle va désormais fuir avec lui « l'horreur de la famille de Sadec, son silence génial. » Il l'accompagnera au lycée (« Il est venu tous les jours la chercher au lycée pour la ramener à la pension. Il l'a emmenée dans l'automobile noire. »)

Les après-midi, les journées, vont dès lors se placer sous le signe de l'amour (« il dit qu'il l'aime comme un fou, il le dit tout bas. Puis il se tait. Elle ne lui répond pas ») dans l'appartement de l'homme élégant, à Cholen, ville sise près de Saigon (« L'endroit est moderne, meublé à la va-vite dirait-on, avec des meubles de principe modern style [...] Il fait sombre dans le studio, elle ne demande pas qu'il ouvre les persiennes. »)

Pour autant, tous deux savent que cette relation finira bientôt. La rumeur s'amplifiant, les amants devront bientôt se séparer (« Cela se passe dans le quartier mal famé de Cholen, chaque soir. Chaque soir cette petite vicieuse va se faire caresser le corps par un sale Chinois millionnaire. ») Elle va le quitter et partir pour la France avec sa mère, « il l'enlace. Il lui dit que c'est bien que le bateau de France vienne bientôt et l'emmène et les sépare. »

Après la guerre, des années après, la jeune fille devenue femme écrit des livres, vit à Paris et reçoit un jour un coup de téléphone : « C'est moi. Elle l'avait reconnu dès la voix. »

« L'Amant » est une oeuvre autobiographique dans laquelle Marguerite Duras évoque cet amour qui l'unit à « L'homme de Cholen » avec une remarquable sobriété. L'alternance des indices d'énonciation « je » et « elle » fait de la narratrice le personnage principal et témoigne de sa sensibilité extrême vis-à-vis du contexte dramatique dans lequel se nouent et se dénouent les liens, où les sentiments sont exprimés avec beaucoup de pudeur.
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Je pense qu'on ne présente plus cette histoire qui est bien connue du grand public. Il s'agit de l'histoire émouvante d'une jeune fille qui se découvre et oublie les difficultés de sa vie en Indochine dans les bras d'un homme plus âgé. Mon commentaire va donc se concentrer sur l'écriture.
Le style est très poétique, l'auteur s'attachant à décrire des émotions, des instants de vie marquants, sans chercher à proposer quelque chose de complètement chronologique ni à suivre les règles établies de ce qui est censé constituer une prose "correcte". Elle écrit comme elle ressent, comme elle se souvient. Souvent, elle écrit même comme la jeune fille qu'elle était percevait les choses. C'est différent et intéressant à lire, on est transporté dans la tête de l'auteur, dans sa mémoire, mais personnellement si certains passages m'ont beaucoup parlé j'en ai trouvé d'autres assez hermétiques. Ce qui est certain, c'est que c'est un style qui ne peut vraiment pas plaire à tout le monde. Cependant, même si je n'ai pas été emportée à chaque instant de ma lecture, j'ai néanmoins apprécié le livre dans son ensemble, pour l'émotion qui se dégage du récit et le caractère unique de l'écriture.
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le 31 mars 2015
J'ai acheté ce produit pour ma fille qui devait en faire un résumé en classe. Elle trouvait le roman "compliqué" à lire. Alors je l'ai lu ! En fait il se lit très bien, composé de phrases courtes, ce qui paradoxalement donne du rythme au récit, mais il peut déstabiliser par le fait qu'il ne suit pas une chronologie stricte. On suit l'auteur dans ses souvenirs et son imaginaire, embrassant selon les moments le passé, le présent et le temps à venir. Duras, dans une autobiographie qui relève plutôt de l'autofiction, nous raconte son premier amour d'adolescente en Indochine dans les années 30 ainsi que ses relations complexes, et parfois crispées, avec sa mère et ses deux frères, le tout dans un contexte familial marqué par la faillite financière de la mère. La rencontre entre l'adolescente de 15 ans et "l'homme à la Limousine" a lieu au bout d'une vingtaine de pages mais cet instant reste ensuite en filigrane tout au long de l'ouvrage comme pour en saisir le temps essentiel. Au tout début du livre, on découvre non sans surprise ni sans intérêt les réflexions de Duras sur l'évolution de ses traits : son visage aurait enlaidi au moment de son adolescence comme pour porter et refléter les marques de souvenirs cruels... On peut lire ce livre à tout âge et je crois qu'on l'interprétera alors différemment, et c'est tant mieux !
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le 17 juin 2016
De la poésie et de la sensualité à chaque page, un voyage érotique en Asie au bord du Mékong....
Une révélation à l'adolescence j'ai dévoré cette œuvre. Alors quand je vois mon ado lire Cinquante nuances de Grey, je ne puis m'empêcher de la détourner vers Marguerite Duras. Que Christian se rhabille, il n'arrivera jamais à la hauteur de l'Amant.
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le 28 décembre 2013
On ne peut être qu'admiratif devant le style d'écriture de Marguerite Duras, de la poésie que l'on découvre au coin de chaque page, dans chaque regard, dans chaque sourire. Les descriptions sont magnifiquement détaillées, il ne faut à l'auteure pas plus d'une seconde pour nous transporter en Indochine. L'histoire quant à elle, doit s'appréhender au delà de la simple aventure amoureuse qui lit le Chinois de Cholen & la jeune française : "L'amant", c'est avant tout une histoire de famille, de quête de soi, de transgression des interdits. En plus, le récit est fluide est malgré la chronologie assez particulière, ce roman autobiographique se lit très vite.

Pourtant, je ne peux pas dire que j'ai aimé "L'amant". Peut-être justement parce que je m'attendais à lire une histoire d'amour. Peut-être parce qu'il manquait finalement d'un rêel fil conducteur de l'histoire, des rebondissements, des péripéties.
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le 11 décembre 2010
Une lecture parfois ardue, mais un texte écrit et travaillé, comme crocheté, des souvenirs usés par le temps mais qui ressurgissent avec force. Un livre à lire pour découvrir l'univers intime de Duras.
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le 8 octobre 2006
C'est la première fois que je lis un ouvrage de Marguerite DURAS. J'avais vu le film ''L'Amant'' il y a quelques années que j'avais adoré !! Et l'envie m'a pris hier d'aller vite acheter ce livre. Du coup je n'ai pas bougé de la matinée et suis restée scotchée à cet ouvrage. On se reconnait vraiment dans cette passion amoureuse avec un grand A. Et on vit en nous les ressentis des deux protagonistes principaux. Quiconque a vécu une passion se retrouve dans cet écrit... C'est beau et magnifiquement écrit, comme si on y était. En un seul mot Merci Marguerite et je crois que je vais dévorer d'autres de vos ouvrages
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le 21 décembre 2014
L'amant, œuvre de littérature classique certainement à découvrir...
Le style est poétique, à travers les lignes on y découvre un amour sincère.
Il n'y a pas de chapitre, et même si le livre est lu d'une traite, c'est assez compliqué et décousue puisque les souvenirs apparaissent au bon vouloir de l'auteur.

Christelle.
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le 6 décembre 2010
Ce texte a une force sans pareille.

Il faut savoir que Marguerite Duras l'aurait écrit par hasard. Un éditeur avait un projet d'album photographique sur l'Indochine, elle devait écrire un récit qui accompagne les photographies. Elle a donc écrit l'Amant de façon décousue, en contrepoint et en légende d'images de paysages d'Asie. Puis le projet a capoté. Elle a finalement réuni le texte qui est paru brut de fonderie.

Ce qui frappe, c'est que l'auteure semble se livrer à un détravail de la langue, où les conotations et collocations classiques sont abolies ("En linguistique, une collocation est une cooccurrence privilégiée, une association habituelle d'un mot à un autre au sein d'une phrase, un rapprochement de termes qui, sans être fixe, n'est pas pour autant fortuit, comme : « voix suave », « courir vite », « entraîner des conséquences »"). De cette nouvelle langue, lavée des poncifs, naît une poésie supérieure...

L'amant fait sans doute partie des livres qu'il faut avoir lu dans sa vie.
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