Elisée Reclus brilla en tant que géographe à la fin du 19° siècle. Il fut la référence scientifique de Jules Verne, nous familiarisant avec les découvertes de cette fin de siècle scientiste qui prête à rire tant il se rêvait total.
Hélas, l'esprit est morne quand il aborde le sujet de la politique et des sciences sociales. En 1894, Elisée Reclus, ami de Bakounine, prononce ce discours sur l'anarchie dans la loge maçonnique des "Amis philanthropes de Bruxelles". Le lecteur comprendra à la lecture des envolées lyriques sur le genre humain, que les anarchistes sont des êtres facilement manipulables, essentiels par leurs excès et désordres naturels, dans les révolutions pour les éteindre et asseoir le pouvoir des riches. La vision n'est pas caricaturée. Elle s'offre caricature.
"L'anarchisme apparaît comme une écologie politique qui répond aux aspirations de l'être humain à la liberté, seule garante des équilibres sociaux". (p.42)
L'anarchisme est parti pris. Elisée Reclus dans sa haine de l'Eglise et de l'autorité prend ses croyances pour universelles, sans Dieu, ni maîtres, niant dans son orgueil, divers mouvements qui se développent encore aujourd'hui, dont le mutualisme, la coopération (agricole notamment), très souvent inspirés du catholicisme social.
Nier l'autre, c'est ouvrir la voie à la sauvagerie anti-humaniste, c'est tuer, chez l'autre ses aspirations à la liberté. L'imposture anarchique est démontrée dans ce court texte instructif.