Présentation de l'éditeur
Quand le cyclisme atteint ses sommets ; quand l'épique et la recherche minutieuse se confondent pour nous offrir un spectacle exaltant et sincère ; et lorsque deux générations et cinq continents s'affrontent à la loyale, c'est toute une tranche de vie qui s'en trouve enrichie. Ce fut le cas cette année, avec l'extraordinaire défi de Francesco Moser, superbe et victorieux sur la piste de Mexico, intraitable sur la route de Milan-San-Remo, implacable au Tour d'Italie ; avec l'affrontement pathétique et cruel de Laurent Fignon et Bernard Hinault dans les décors d'un des plus beaux Tours de France de tous les temps ; le cas, encore, avec les diverses démonstrations de Sean Kelly, le « pur sang » irlandais, qui est loin d'avoir dit son dernier mot ; le cas, toujours, avec ces Américains et Américaines bourrés d'ambition, ces Australiens qui nous reviennent toujours par surprise, ces Japonais insondables, ces mystérieux Chinois qui viennent d'obtenir leur première médaille du Championnat du monde, et ces Colombiens qui montent, montent.Cette année, dans un magnifique éclatement de couleurs et d'énergies, un certain nombre de pouvoirs ont changé de mains : Fignon s'est confirmé comme le successeur direct d'Hinault, mais ce dernier, toujours debout, fourbit ses armes dans la perspective d'une éventuelle revanche et, dans la coulisse, l'opposition, déjà, s'organise.Par la photo et le texte, l'Année du cyclisme 1984 témoigne luxueusement de toute cette richesse, de tous ces exploits et de toutes ces petites ou grandes misères qui ont fait de la saison écoulée un fantastique florilège.Oui, vraiment, nous avons vécu de bien belles journées. Elles valent la peine que nous les évoquions ici, ne fût-ce que pour prolonger notre plaisir.