J'ai revu ce film très dérangeant hier, à l'occasion d'une rediffusion à la télévision. Au départ, je regardais un débat sur une autre chaîne et repassais de temps en temps voir où en était le film, pour me remémorer un peu son atmosphère et vérifier que c'était bien ce à quoi je pensais. Mais je ne voulais nullement revoir le film, qui m'avait déjà été pénible à voir la première fois.
Puis est venue la première fameuse scène horrible (je ne me souvenais pas qu'il y avait ensuite une deuxième situation comparable avec Richard Berry ; mais je n'en dis pas plus sur celle-là). Et j'ai fini par regarder la suite sans interruption, voulant me rappeler comment cela se terminait.
Pour vous situer un peu l'atmosphère du film, je suis tenté de la comparer par moments avec celle d'Orange mécanique, en un peu plus sobre et mesuré. Trois jeunes ; une fille probablement mineure (remarquablement interprétée par une Marie Gillain impressionnante de talent) et deux garçons, probablement la vingtaine.
Tous trois vivent dans une relative insouciance, ne pensant qu'à s'amuser et à se procurer pour cela de l'argent "facile", qui ne sert qu'à assouvir leurs petits plaisirs futiles de l'instant.
C'est alors que l'idée germe, dans l'esprit malsain, égoïste et de peu de conscience de l'un d'entre-eux, de profiter de l'effet que provoque la jeune fille auprès d'hommes d'âge mûr (et de situation probablement aisée), pour lui faire jouer le rôle d'appât et ainsi pouvoir les détrousser, chez eux.
C'est ainsi que, confrontés à leur propre naïveté et légèreté, les choses dégénèrent à la première tentative. Sans que les trois jeunes gens ressentent beaucoup de compassion à l'égard de leur victime et se rendent bien compte de ce qu'ils font.
Ce qui trouble le plus est, comme souvent, leur calme relatif, leur bonne intégration dans la société, faite de relations cordiales avec les autres, voire leurs gestes de gentillesse dans la vie de tous les jours. Des jeunes "comme tout le monde", en quelque sorte.
Ahurissant. Et inquiétant lorsque l'on sait, en lisant les journaux, que ce genre de "faits divers" se produisent réellement et dans des conditions très certainement très similaires.
Et, comme toujours, l'amorce d'une dérive, la sensibilité s'étiolant de plus en plus avec les actes et le contrôle de soi diminuant au fur et à mesure, y compris dans la vie de tous les jours.
Un film très dur. D'ailleurs interdit au moins de 16 ans (ce qui est largement justifié).
A déconseiller aux âmes sensibles. Très dérangeant. On n'en ressort pas indemne.