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4.0 étoiles sur 5
Vers le krach, 30 juillet 2007
Antépénultième oeuvre des Rougon-Macquart, L'Argent (1891) est un des romans les plus étonnants de la série. On sait que le sujet traite de la spéculation boursière et qu'il s'agit d'une peinture, à peine dissimulée, du krach de 1882 de l'Union générale, la grande banque catholique des débuts de la IIIè République. On retrouve ici Aristide Saccart, né Rougon, qui, après avoir été un petit plumitif de province (La fortune des Rougon) et réussi dans l'immobilier à Paris (La Curée), invente une banque universelle destinée à financer des projets pharaoniques au Moyen-Orient (réseau de ports en eau profonde, chemins de fer reliant Istanbul à Bagdad, mines de fer en Palestine). Moitié filou, moitié visionnaire, il draine l'épargne des bons catholiques qui s'imaginent placer leurs bas de laine dans une nouvelle croisade mais, terrassé d'orgueil, multiplie les manoeuvres pour accroître le cours de ses actions jusqu'à leur chute finale. Zola a admis avoir eu les pires peines du monde à écrire ce roman, submergé qu'il était par une documentation financière qu'il ne maîtrisait qu'à moitié. Il a néanmoins dressé un tableau saisissant de la folie spéculative et de la lutte que se livrent les financiers de haut vol pour tondre les petits épargnants. Le roman cède à certains travers zoliens : le dualisme (le boursicoteur haussier est toujours accompagné de son confrère baissier ; le discours de l'argent du capitaliste Saccart s'oppose au communiste Sigismond ; la banque juive à la banque catholique), le déterminisme (la ruine de la famille aristocrate des Beauvilliers, auxquels la faillite achèvera de conférer le caractère de « fin de race » que Zola ne cesse de lire sur les traits de leur dernière jeune fille), un goût prononcé pour les caractères rongés par la méchanceté (il y a ici des traits quasiment dickensiens chez les recouvreurs de dette Busch et Méchain ou chez le rejeton caché de Saccart, le monstre Victor). Néanmoins, la folie spéculative que font naître et croître les espoirs de richesse, le mythe de l'argent comme fluide vital indispensable à la société et à son développement ont rarement été aussi justement représentés. On ne peut s'empêcher de penser aux récents krachs de l'immobilier (1991) ou de la net-économie (2001). Tout était déjà dit et écrit il y a un siècle.
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5.0 étoiles sur 5
Edifiant! Tout était dit il y a plus d'un siècle concernant la finance, 23 novembre 2009
Encore un magnifique opus des Rougon-Macquart, où ici Aristide Rougon, le frère du ministre, nommé Saccard (voir le n°2 La Curée pour comprendre le pourquoi de ce changement de nom) est à l'œuvre. Nous assistons plus ou moins au volume symétrique de La curée où ici seront moins détaillés les vices du luxe et davantage les mécanismes financiers. Nous retrouvons Aristide en pleine forme, as de la finance, mais emporté comme toujours par son euphorie du jeu et de l'argent facile sur un coup de dé. Il est sujet, dans sa frénésie du gain, à la perte totale de contrôle, quitte à faire tomber tout le monde dans son sillage. Cela ne vous rappelle pas certaines affaires récentes et un certain Jérôme Kerviel (et tellement, tellement d'autres)? Le délit d'initié, cela ne vous rappelle pas l'affaire EADS ou plus anciennement Pechiney et son lien avec le pouvoir de l'époque (Mitterand). Ici, c'est Huret, l'homme de main du ministre et frère de Saccard (voir le n°6 Son Excellence Eugène Rougon). Mais aujourd'hui il n'y a plus rien à craindre de ce genre puisqu'il n'y a plus aucun lien entre les hommes de pouvoirs et de finance (même pas un petit Sarkozy, même pas le frère du président au MEDEF, rien). Bref, on est surpris de voir à quel point rien n'a changé, à quel point la finance est une gigantesque magouille légale, Saccard me fait penser à Jean-Marie Messier, génial tant qu'il gagne, bon à jeter aux cochons quand l'empire s'écroule. Tous les rats de la bourse quittent évidemment le navire au premier tangage et seuls restent sur le carreau les petits actionnaires qui ont toujours une guerre de retard car ils ne jouent pas dans la même cour. Autre personnage étrange, Sigismond, le frère du plus abject charognard du roman, communiste convaincu auquel Zola fait dire des tirades pleines d'utopie et qui annoncent déjà en quoi le communisme était voué à l'échec avant même d'avoir vu le jour. C'est donc un chef d'œuvre visionnaire, à lire absolument.
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5.0 étoiles sur 5
J'achète !, 9 janvier 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Argent
Rien de nouveau, aujourd'hui, sous le soleil de la finance depuis les fastes du Second Empire. Spéculation, fortunes bâties en un jour et aussitôt parties en fumées, sexe et magouilles de toutes sortes : un trépidant western financier que l'homme du XXIème siècle aura plasir et intérêt à lire.
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