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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
UN CHEF-D'OEUVRE,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'armoire volante (DVD)
Un percepteur, raide comme la justice, cherche le cadavre de sa tante dissimulé dans une armoire.Un film en noir et blanc qui emprunte au naturalisme de Courbet, au monde des truands de Cendrars et Carco, au fantastique quotidien de Maupassant voire au grand-guignol de Jean Ray. Ce conte morbide fascine par son étrangeté, sa lente dérive vers un monde d'obsession délirante et la fatalité qui secoue le personnage principal dans tous les sens avant de le livrer au Destin. On y croise des "tronches " (Marcel Pérès, Yves Deniaud, Gaston Modot, Paul Demange, Annette Poivre), on y retrouve une ambiance à la Mocky (La concierge et ses deux acolytes vues comme les trois Parques, le camion de déménagement sur la route..."La cité de l'indicible peur" revient immédiatement en mémoire), à la Prévert (on pense à "Drôle de drame" quand on voit les policiers) voire à la Bunuel(la scène où un enterrement passe projette immédiatement dans un univers surréaliste). Enfin Fernandel incarne de façon exceptionnelle le personnage principal. Comment ne pas évoquer la performance de Michel Galabru dans "Le Juge et l'assassin" de Bertrand Tavernier ? Fernandel, cet acteur au registre cocasse, fantasque, drôle devient une sorte de croque-mort pistant un cadavre devenu Graal ou Baleine Blanche. Il y donne la pleine mesure d'un talent souvent mis au service de"pagnolades" (qui ont un vrai charme), de blagues de "tourlourou" et de figures marseillaises pittoresques. Un très grand film méconnu servi par un très grand comédien. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Vous avez dit bizarre ?,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'armoire volante (DVD)
Un modeste fonctionnaire, vêtu de noir et portant parapluie, part à la recherche du cadavre de sa tante enfermé dans une armoire... Des éclairages savants qui accumulent les jeux d'ombre et de lumière tirant parti du noir et blanc, des cadres de caméra qui déstabilisent le spectateur, des personnages loufoques (les gangsters) ou inquiétants (les policiers), beaucoup d'humour (noir, également)... Et une courte scène qui passerait presque inaperçue si elle ne revêtait d'emblée un aspect bizarre : un bilboquet ("qui a appartenu à Henri III, comme tous les bilboquets") aperçu le soir dans une vitrine que l'on retrouvera plus tard dans la main d'un truand. Entre ces deux moments de l'action, une baignoire qui déborde... L'eau revient de manière symbolique dans le film : de la baignoire initiale au fleuve des dernières séquences qui emporte Mr Puck et sa tante, elle est le passage obligé de l'état de veille à celui de sommeil, du rêve à la réalité (l'eau est symbolique de vie et de mort : comment ne pas penser au Styx, le fleuve des Enfers dans la mythologie grecque). De l'Enfer justement, le héros connaîtra les flammes en se laissant entraîner dans le bien nommé "Théâtre de la peur" où l'on donne la pièce "L'Armoire Tragique", comme par hasard. Enfin, le dernier plan du film : Monsieur Puck, le visage collé au carreau, guettant le départ de sa tante dans le camion des déménageurs, un plan qui nous renvoie malicieusement au début du film : construit sur des oppositions binaires (réel/imaginaire, bons/méchants, passion amoureuse/sexe tarifié, vie/mort, noir/blanc...), il s'achève "en boucle". Le rêve, ou plutôt le cauchemar, devient alors un signe du destin : celui d'un rêve prémonitoire ? Chacun prêtera au film le sens qui lui convient en fonction de sa sensibilité, le réalisateur jouant sur l'ambiguïté des dernières images. Peut-être n'a-t-il tout simplement aucun sens, comme les rêves ?Si la curiosité vous pousse à en savoir davantage, regardez ce film inclassable, injustement boudé à sa sortie en salles (trop "novateur" pour l'époque, Fernandel dans un rôle inhabituel...), où Carlo Rim restitue avec une étonnante maîtrise les mécanismes complexes du rêve par le biais d'un jeu subtil de décryptage des images : du bilboquet déjà cité au tableau de "La Berezina" ou celui du ramoneur et du garçon boulanger, en passant par l'accordéoniste et la prostituée, autant de perceptions du "réel" qui reviendront, déformées ou amplifiées, hanter l'inconscient du héros. A n'en pas douter, vous tomberez vous aussi sous le charme de cette oeuvre étrange qui fraye avec le fantastique, mine de rien. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un Fernandel inhabituellement introverti !,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'armoire volante (DVD)
L'armoire volante, une comédie française en N/B de Carlo Rim de 1949. Durée : 1h30Avec Fernandel, Pauline Carton, Antonin Berval, André Bervil, Berthe Bovy, Albert Broquin, Edmond Beauchamp, Liliane Charpentier, Henri Charrett, Jean Daurand... Un bien paisible percepteur (Fernandel) a une tante acariâtre, têtue et avare. Malgré les conseils et les réticences de son neveu elle part par un froid glacial pour Clermont-Ferrand chercher ses meubles. Le voyage en camion est un calvaire et la vieille dame meurt en route. Fernandel, dans ces années d'après guerre, tourne quelques films médiocres et le réalisateur, Carlo Rim, a l'idée de transformer le comique en un personnage tristounet, et introverti. Etriqué et tout habillé de noir avec une petite moustache, cache-nez et parapluie, une tenue digne d'un croquemort en exercice. Il va jouer le brave percepteur, Monsieur Puc, qui va se trouver prit dans une aventure rocambolesque qui va le balloter d'un évènement à l'autre. Dans un climat et une mise en scène à la britannique Carlo Rim impose une histoire qui tourne en rond dans la forme comique de l'absurde, de l'insolite et déconcertant. Cet humour noir et inquiétant dont les français n'ont pas l'habitude va les surprendre, d'autant que Fernandel, qui interprète pourtant une remarquable composition, n'est plus dans le registre habituel et le public, qui ne reconnait plus son comique, va bouder le film qui sera un échec à sa sortie. C'est pourtant un bon film mais avec une réalisation et un humour qui n'ont pas été compris à l'époque. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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