Quel choc et quel modernisme dans ce roman de Boris Vian publié en 1953 (!)
Par où commencer... par l'histoire.
Ici, l'histoire est prétexte à tout. Dans un coin de campagne française, on ne sait où, Jacquemort, psychiatre de profession, est confronté à mille et une bizarreries : la naissance de trumeaux, la foire aux vieux, une église où prêche un curé de choc accompagné de son sacristain satanique, un ruisseau de la honte, des enfants qui volent comme des oiseaux...
Mais plus que tout cela, « L'arrache-caeur » est un livre sur l'enfance, la morale et la religion.
L'enfance dans un premier temps ; Vian traite des rapports mère-enfants ou comment les mères peuvent souvent être abusives en culpabilisant, enfermant, tourmentant leurs enfants sous prétexte qu'elles les ont mis au monde (j'abrège évidemment).
Dans un second temps, et selon moi, le roman est axé sur la religion et tout ce qui, sous couvert de moralité, est autorisé. Tout ce que l'on s'autorise...
Deux aspects hyper modernes dans « L'arrache-caeur » : le langage (mots valises, style, néologismes, etc.) permettant de pousser l'humour très loin malgré l'atmosphère lourde et pesante qui règne dans le village et le point de vue de l'auteur en lui-même : de la science-fiction et de l'onirisme et des concepts précurseurs, des idées fortes sur la société et ses valeurs.