Quel apprenti pianiste n'a pas suer sur les exercices ou études de Czerny. Du coup, il était difficile de rester totalement objectif quant aux qualités musicales de ce musicien. Et pourtant, si l'on prend le temps d'écouter attentivement cet "Art de délier les doigts", on perçoit rapidement que, s'il y a des prouesses techniques, une indépendance de mains et de doigts, une vélocité à toutes épreuves, il y a également une écriture où la musique prend toute sa place. Jean-Frédéric Neuburger, sans aucunement négliger un certain côté spectaculaire inévitable et annoncé dans le titre, nous fait ressortir une autre dimension, moins apparente mais existante, comme il nous le prouve, qui fait chanter le piano de bien belle façon. Un enregistrement qui permet de revoir les à prioris que l'on pouvait/pourrait avoir quant à ce musicien.