L'ouvrage de Collina-Girard cherche à prouver que l'Atlantide se situait « à l'embouchure » du détroit de Gibraltar. Plusieurs éléments géologiques militent en ce sens ainsi qu'une partie -mais une partie seulement- des textes platoniciens.
L'auteur marque incontestablement des points sur ces aspects. Sa démonstration s'accompagne d'une étude bigrement intéressante sur la longévité des traditions orales dans les civilisations primitives. Pour autant et comme d'autres avant lui et pour d'autres localisations, il peine sur d'autres aspects de l'énigme :
-L'importance technologique de l'Atlantide semble peu compatible avec le fait que nous avons à faire ici à des sociétés néolithiques
-La taille de l'ile principale ne colle pas avec le texte antique ce que notre maitre de conférence a l'honnêteté de ne pas cacher
-La soudaineté de la catastrophe est assez relative, sinon au final, mais à ce stade tout laisse penser que ce morceau d'île restant avait alors perdu l'essentiel de sa population
Bref le texte est intéressant surtout parce qu'il fait découvrir le monde passionnant des Iberomaurusiens. Pour le mythe lui-même, il ne prouve rien. L'auteur quand cela sert sa thèse explique qu'il faut prendre le texte grec au pied de la lettre et quand ça l'arrange aussi explique pourquoi il faut s'en écarter. Mais -et c'est son grand mérite- il le fait en le signalant.
Du coup plus que jamais le point d'interrogation du titre reste d'actualité.