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Commentaires client les plus utiles
9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Rebelle irlandais sans cause,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : LE GENERAL (DVD)
Excellente idée que la réédition de The General, un des meilleurs films de John Boorman et sans doute son dernier grand - il y a douze ans, déjà. Boorman est certes inoubliable pour ses films de la fin des années 60 et 70, surtout Point Blank / Le Point de non retour et Délivrance, mais il ne faut pas oublier certains de ses très beaux films des années 80, comme La Forêt d'émeraude. On avoue un faible pour cette merveilleuse chronique de l'enfance en guerre qu'est Hope and Glory, autobiographie à peine déguisée, non dénuée de gravité mais avant tout pleine d'humour et de malice.La figure de Martin Cahill, petit gangster anarchisant et plébéien durablement aimé par beaucoup d'Irlandais, ne pouvait que plaire à Boorman (voir synopsis). Lui qui vivait depuis 25 ans en Irlande finit par réaliser un film ayant pour cadre son pays d'adoption, avec ce personnage énergique et truculent, aussi éminemment sympathique que douteux. Dixit Boorman: "Ce qui m'attirait en lui, c'était qu'il me paraissait être un archétype d'une certaine catégorie d'Irlandais que l'on rencontre dans toute l'histoire du pays jusqu'à aujourd'hui. On le retrouve chez les chefs celtes ou encore chez Michael Collins. C'est un rebelle, opposé à toute forme d'autorité, doué de beaucoup d'esprit, rusé, retors et téméraire. D'une certaine façon, pour légitimer leur titre de rebelle, ils ont besoin d'être tués. Il y a en eux comme une volonté de mort. (...) L'autre face de ce comportement est le goût de la plaisanterie, de la blague, de faire des choses par espièglerie, de ridiculiser l'autre, ce qui est encore une manière de se moquer de l'autorité. (...) Ce qui est nouveau chez Cahill, c'est qu'il ne s'opposait pas seulement à la police et à la justice, mais aussi à l'Eglise. Il la considérait tout autant comme un oppresseur. Son absence d'inhibition face à certaines valeurs comme la religion, son manque de respect pour les prêtres, par exemple, lui donnaient une force et une liberté que n'avaient pas d'autres criminels. Ce qui me fascinait, c'était d'observer comment son personnage opérait une sorte de coupe transversale dans la société irlandaise. Pour Cahill, l'Irlande était un pays corrompu où il n'y avait aucune morale, seulement de l'hypocrisie." (Positif, décembre 1998). Ce rebelle sans cause - et certainement pas celle de la libération du nord du pays par les forces anglaises d'occupation, Cahill n'ayant pas d'affinités avec l'IRA, selon lui constituée de malfaiteurs indignes de ce nom - a, comme les gangsters des années 30, son propre système de valeurs. Celles-ci sont parfois celles d'un Robin des bois proche du peuple dont il est issu, s'apparentent parfois à un certain je-m'en-foutisme ou à du cynisme. La grande réussite du film est de dépeindre un personnage complexe, qui comme à peu près tous les films de gangster valorise son énergie vitale, son goût de l'action, et son refus de l'autorité, mais dans le même temps refuse de l'héroïser à outrance. Dans ce film en noir et blanc, qui lui aussi évoque la grande époque, rien n'est tout blanc ou tout noir. Le chef de la tribu peut à la fois aider et abuser de son pouvoir, et Cahill n'est pas exonéré d'actes discutables, voire abjects. Ses rapports avec les femmes sont une autre de ses particularités, particulièrement bien rendues ici. On a pu dire que d'une certaine façon, la geste du Général est la version dégradée ou inversée de celle du Roi Arthur et de ses chevaliers, le policier joué par Jon Voight étant comme la figure de Merlin. Rien d'étonnant de la part de ce cinéaste épris des romans de la Table ronde, qui en a donné sa vision dans Excalibur. C'est peut-être pousser le bouchon un peu loin, mais outre que Boorman reconnaît volontiers que cela lui semble vrai même s'il n'y avait pas pensé, il est évident que pour lui le récit, la forme du film contribuent à lui donner une "dimension mythique". Le N&B étant selon lui également plus proche des rêves, de l'inconscient, que la couleur. Pour incarner ces personnages à la fois archétypiques et singuliers, il fallait de grands acteurs. Brendan Gleeson trouvait là son premier grand rôle, et sans doute son meilleur à ce jour. Tour à tour vif-argent, séducteur, mais aussi cachant son visage au monde, il exprime autant la force de vie de son personnage que sa nostalgie et sa mélancolie. Voight est idéal en inspecteur raide comme la justice et pourtant bienveillant envers cet homme qu'il aimerait sauver de lui-même. Tous les seconds rôles sont parfaitement tenus, les accents étant aussi savoureux que les dialogues parfois très drôles. Si l'on ajoute à la justesse de l'interprétation une musique jazzée qui contribue à donner sa vivacité au film et une mise en scène constamment inventive, qui use aussi bien de plans rapprochés que d'effets pour accélérer le mouvement (voir le début du film, idéalement rythmé), on comprend que The General file tout droit, sans peser, jusqu'à ce que la mélancolie le rattrape comme elle rattrape le personnage. Une très belle oeuvre à la fois libre et tenue, à mon avis bien trop sous-estimée. Belle copie, les contrastes du N&B étant globalement bien respectés. Sachez que le film a parfois été diffusé sur les chaînes cinéma en couleur, mais qu'il est bien sorti en N&B. En fait, comme souvent aujourd'hui (ex. The Barber des Coen), le film est tourné sur une pellicule couleur (désaturée) avant d'être transféré en N&B. Le dvd ne comporte que la version N&B, ce qui me semble mieux, car le film est conçu pour lui. La copie est sensiblement la même que pour l'édition précédente, peut-être un plus lumineuse, mieux définie mais aussi un peu plus artificielle par endroits. Comme cette édition est encore disponible et moins onéreuse, sachez que vous pouvez opter pour l'une ou l'autre, les différences ne me semblent pas déterminantes. VOSTF et VF. Aucun bonus. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'IRLANDE DE PLUS PRES,
Ce commentaire fait référence à cette édition : LE GENERAL (DVD)
Martin Cahill, célèbre criminel de Dublin, devient une légende grâce au mélange explosif de violence, d'humour et de générosité qui le caractérise. L'audace et le succès de ses opérations lui valent le surnom de "Général".Mais les manières de ce Robin des Bois des temps modernes ne plaisent pas à tout le monde (Police,IRA,Loyalistes) et de lourdes menaces pèsent sur lui... Ce film est mené de main de maître ; les acteurs sont authentiques et l'humour est archi-présent. A VOIR ABSOLUMENT. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
Un portrait très réussi, âpre et sans concessions,
Ce commentaire fait référence à cette édition : LE GENERAL (DVD)
Le biopic est un genre très prisé au cinéma. Sauf qu'ici John Boorman ne s'arrête pas aux grandes étapes de la vie de Martin Cahill, personnage rentré dans l'histoire de l'Irlande. Le film dépeint aussi la société et la misère à cette époque-là, ce qui a un peu plus façonné la personnalité de cet anti-héros contre les institutions mais loyal envers ses semblables. Du coup, ce qui aurait été le clou du film à Hollywood avec le braquage de la plus grande bijouterie en devient presque anecdotique par rapport aux moments plus intimistes et plus émotionnels du film. John Boorman évacue d'ailleurs d'entrée le suspense en montrant la fin, ce qui au final semble cohérent vu l'intensité du film, renforcé par une image en noir et blanc qui va bien avec la vie grisâtre de ces personnages.Bref, un film à voir plus pour son propos que pour son action, mais qui fait partie des excellents films tournés par John Boorman. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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