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« Une chanson, c'est une petite idée de rien du tout. Trois mots qui chantent et vont ensemble ». Poète, voyageur secret de l'intimité, compositeur des lointains intérieurs, Maxime le Forestier délivre ici, en toute pudeur et fragilité, sa musique de braise ("L'Écho des étoiles", "Minimum que Minnie m'aime") et de brume ("Petit nuage sur Amsterdam" la ville dans laquelle il s'isole pour écrire et composer).
L'Écho des étoiles est né sous le signe de l'évasion, avec des sons venus d'ailleurs. Escale en Afrique ("Affaire d'État"), à l'île Maurice et plus particulièrement à Rodrigues (selon lui « le point le plus petit sur la mappemonde ») où il s'est imprégné de ces rythmes créoles ("J'aurais ta peau"). Recherche du paradis perdu, quête de l'absolu, l'interprète, auteur-compositeur, gomme le superflu pour n'en conserver que l'essentiel. Il assemble les mots, les éclaire de sa plume et les fait s'animer sur le fil de la vie. Après, il y a les méandres, les chemins et les impasses avec des chansons qui touchent ("L'Homme au bouquet de fleurs"), nous trottent dans la tête et saisissent l'esprit bien au-delà de la lettre.
--Valérie Dupouy
Platine
Cinq ans après
Passer ma route, Le Forestier nous offre un nouveau bouquet de compositions originales, produit par ses deux vieux complices Jean-Félix Lalanne et Jean-Pierre Sabar. Fidèle à son habitude d'habiller des mélodies d'apparence très classiques, avec des arrangements et des sons venus d'ailleurs (Cuba, Brésil, Afrique...), il signe là un album séduisant : d'abord parce qu'il n'a rien perdu du velours de sa voix lasse, ni de son phrasé, entre tendresse et douce ironie. Ensuite, parce qu'il reste un des rares amoureux des vrais textes, ambigus, voire mystérieux : pour ce faire, il s'est entouré du facétieux Boris Bergman, de Joëlle Kopf (cf. Kaas, Cookie Dingler) et du touche-à-tout Jean-François Deniau (cf. "Les Chevaux rebelles", initialement destinée au chanteur berbère assassiné, Lounes Matoub). À noter également la participation de Jean-Jacques Goldman à la composition de "Affaire d'État, mais aussi de Zazie et Marc Lavoine aux churs (cf. "Horizontale" et "La Guitare à Paul" dédiée à Paul Personne). De l'amusant "Minimum que Minnie m'aime", à l'excellent "J'aurai ta peau" ou au dérangeant "L'Homme au bouquet de fleurs" (premier single), Maxime n'a pas son pareil pour jouer sur les mots avec insolence et poésie, tout en installant une réelle complicité avec son auditoire. Bref, entre réalisme et utopie, Le Forestier réussit le tour de force de garder les pieds sur terre et la tête... dans les étoiles !