« L'école des dingues » est la deuxième aventure de Madeline Dare. Je n'ai pas lu la première mais cela ne m'a pas trop gênée ; il n'y a que quelques allusions. Madeline vient de déménager dans les monts Berkshire. Les déconvenues professionnelles de son mari Dean l'obligent à accepter un poste de professeur d'histoire à la Santangelo Academy, une école privée pour jeunes à problèmes. L'ambiance lui déplaît franchement (un endroit sans nicotine ni caféine !) mais l'emploi est bien rémunéré. L'école fonctionne en vase clos. Même les professeurs, à l'exception de Madeline, logent sur place. Les méthodes de Santangelo apparaissent rapidement comme très dirigistes et potentiellement manipulatrices : élèves comme professeurs doivent par exemple suivre une thérapie avec des psychologues de l'école. Surviennent alors les suicides douteux de deux élèves...
Cornelia Read construit très bien l'univers de cette école, étouffant car il isole et oppressant car il ne rassemble que des mal-être. C'est un petit monde où tout le monde observe et se sent observé. Son héroïne, à la fois fragile et irrévérencieuse, est attachante. La première partie du roman m'a assez accroché mais à partir de l'entrée en scène de l'avocat, cela devient n'importe quoi. L'auteur casse le rythme pour insuffler un élan vers l'aboutissement mais ce faisant, elle quitte l'atmosphère si particulière et intéressante qu'elle avait réussi à créer. Les rebondissements ne sont alors pas assez convaincants pour créer un réel suspense et le dénouement est bâclé.