Jouée pour la première fois en 1662, l'école des femmes a été un grand succès. Le sujet s'y prête assez bien. Un vieux «macho» de 42 ans (et le terme est faible) veut épouser Agnès, 17 ans, qu'il a placée chez les s½urs à l'âge de 4 ans en leur donnant pour consigne de ne rien lui apprendre. Il veut l'épouser quand elle en aura 17 et il a une peur bleue du cocuage. Alors il faut qu'elle ignore tout de la vie. Évidemment il se fait rouler dans la farine et Agnès épousera celui qu'elle aime. C'est du grand Molière avec une tirade machiste de 70 vers restée dans la légende. Personne n'en a oublié les deux vers phares : «Votre sexe n'est là que pour la dépendance/Du côté de la barbe est la toute-puissance.» et une scène dite «du ruban» pleine de sous-entendus sexuels qui a été, à son époque, attaquée par l'Église. C'est vraiment un régal et c'est très divertissant.
Sur la forme du livre en elle-même, bravo aux éditions Larousse qui ont su créer un type de livre très agréable, au contenu varié et bien disposé. Scène après scène, l'ouvrage contient bien sûr une série de questions et de thèmes de réflexion destinés aux scolaires.
On note néanmoins une introduction à la pièce (en bonne et due forme) ainsi que la dédicace de Molière. A la fin de l'ouvrage, on trouve une analyse de la pièce replacée dans son contexte et la vive querelle qu'elle a suscitée lors des premières représentations (querelle due notamment au parti dévôt).