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5.0 étoiles sur 5
Cynique et lyrique, 28 juillet 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Effacement (Broché)
«Effacement», premier roman de Percival Everett traduit en français (par Anne-Laure Tissut) est un vrai petit chef-d'oeuvre.
Thelonius Monk Ellison poursuit sans enthousiasme une brillante carrière universitaire. Il est aussi un romancier noir américain que le succès fuit avec une rigoureuse constance. Le succès rencontré par une consoeur grâce à un roman bâclé consacré à la vie dans les ghettos le met hors de lui. Il décide alors de rédiger une parodie de ce «best seller» et le montre à son agent... Les plus grands éditeurs se l'arrachent et le succès est aussi fracassant qu'immédiat. Monk bascule dans un univers totalement schizophrène. D'un côté, le succès fulgurant du livre de Monk (qui figure intégralement dans «Effacement», comme un livre dans le livre), de l'autres, les événements en casacde qui perturbent léa vie de l'homme.
Roman politiquement incorrect, tant du point de vue de l'identité raciale que de celui des théories universitaires sur la littérature, «Effacement» est un sommet d'ironie, de cynisme et d'autodérision. C'est aussi un livre superbement écrit (et traduit), lyrique sans être pompeux, érudit sans être hautain. Un compagnon idéal pour les longues soirées d'été.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
intelligent et fin., 11 juillet 2007
Ce roman est essentiellement l'histoire d'une imposture littéraire qui permet à l'auteur, en nous racontant la progression de celle-ci, de développer une critique acerbe des milieux littéraires, mais aussi de dénoncer les clichés sociaux et raciaux véhiculés par les médias et une grande partie de la société. L'ironie est sans cesse présente en filigrane et l'on suit avec intérêt et émotion les "aventures" du héros-écrivain qui doit de plus en plus se débattre dans les filets dans lesquels il s'est lui-même piégé en créant ce qui au départ pour lui n'était qu'un canular.
Ce roman est une vraie réussite.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Succès et médiocrité, 19 juillet 2011
Thelonious Monk Ellison, noir américain, est prof de littérature dans une université de Californie.
Auteur sans succès d'une aeuvre exigeante et hermétique, il vient passer quelques jours à Washington, pour un colloque d'écrivains.
Dans cette ville qui l'a vu grandir, et où il n'est pas revenu depuis des années, il revoit sa mère, atteinte d'un début d'Alzheimer, et sa saeur Lisa, médecin dans une clinique d'un quartier déshérité.
L'assassinat de Lisa va bouleverser sa vie routinière et l'obliger à revenir à Washington pour s'occuper de sa mère.
Agacé par la réussite d'un roman sensationnaliste sur la misère dans les quartiers noirs, Monk rédige un pastiche d' « Un enfant du pays » de Richard Wright, en langage du ghetto. A sa grande surprise, son récit connait un énorme succès, mais en étant pris au premier degré...
Ce roman original, met en parallèle la vie terne et sans but d'un Monk obsédé par une certaine pureté artistique, et l'incroyable impact de ce qui n'était au départ qu'un cri de rage contre une certaine littérature...
Bien écrit par un grand écrivain qui ne se prend pas trop au sérieux, les thèmes de l'art, du monde de l'édition, de la famille, du sens de la vie, du statut des noirs dans la société américaine sont déclinés avec humour et finesse.
A lire et à faire lire.
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