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Commentaires client les plus utiles
30 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Documentaire exceptionnel (bien que militant dans sa mise en scène),
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Encerclement (DVD)
Ne pas se fier à l'affiche, qui véhicule un côté excessif et très engagé. Ni à sa durée (près de 3h), ni à son noir et blanc.Ce documentaire est l'un des meilleurs que j'ai pu voir. Ce n'est pas du tout du "Michael Moore". Ici, on est dans du sérieux. Les interviews ne sont pas coupés ou remontés, permettant le déploiement nécessaire à la pensée, rien de tapageur ici, un noir et blanc classique, venant appuyez le propos. Le film, à travers une quinzaine d'intervenants de haut niveau (Chomsky, Ignacio Ramonet, Oncle Bernard, Martin Masse, Normand Baillargeon, Susan George, Omar Aktouf, etc.), étudie l'histoire et la progression du néolibéralisme dans nos sociétés démocratiques, notamment française, québécoise et américaine. Les sujets abordés sont incroyablement passionnants : naissance du néolibéralisme, capitalisme, colonialisme, aide des Etats pauvres, think-tank, rôle des institutions financières (FMI, BM), crise des subprimes, rôle des média, sciences de l'éducation et "employabilité", rôle de l'Etat, critique de la démocratie, marchés financiers, etc. C'est un film qui, à la première vision, donne le vertige tant l'on pourrait discuter des heures et des heures des questions abordées, qui ne sont jamais "abstraite" ou loin de la réalité. Ici, on discute de choses qui ont des influences immédiates et importantes dans nos vies. On pourrait reprocher au film son militantisme et son engagement clairement affiché dans le commentaire et la composition des chapitres. Pour le dire clairement, les personnes interviewés qui ont un avis bien différents de ceux du réalisateur sont un peu stigmatisés. En fait, les interviews sont introduites par un petit texte sur fond noir. Et dans ce texte, un petit commentaire introduit ce qui va venir. C'est dans ce texte que l'on repère le militantisme, parfois forcené, du documentaire (les intervenants n'étant pas aussi extrémistes que l'entend le commentaire). Mais, heureusement, les intervenants n'ont aucunement ce côté passionné et excessif, qui discutent tous de façon argumentée et raisonnée. Quel que soit votre bord politique, ce film constitue une vraie pépite, l'incarnation du documentaire réussi, porteur d'une réflexion qui se fait rare aujourd'hui. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Décryptage des fondements de l'idéologie néolibérale,
Par François (Marseille) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Encerclement (DVD)
Oui oui oui, « idéologie », parfaitement. Car ce qui nous est donné comme « allant de soi », étant « naturel » ou « inéluctable », est en fait le résultat de décisions politiques (ou d'absence de décision, c'est selon) répondant à quelques dogmes intangibles : Etat « minimal » (cantonné à ses fonctions « régaliennes » : police, justice, armée), déréglementations, obsession de la privatisation, stricte orthodoxie financière (pas de déficits ni d'inflation), rejet de la redistribution (c'est-à-dire de l'impôt, qui doit lui aussi être minimal), foi inébranlable en la propriété privée, la croissance et le libre-échange... De là découle la litanie de l'impuissance publique et de la fatalité, qui touche indistinctement hommes politiques de « droite » ou de « gauche » : du « Comme les arbres, les animaux ou les hommes, les entreprises naissent, vivent et meurent » de Chirac au « L'Etat ne peut pas tout faire » de Jospin, en passant par le « La mondialisation est un fait, on ne peut pas être contre » de Fabius ou le « Si on taxe trop les entreprises, elles s'en vont » de Sarkozy, la liste est infinie. A se demander dès lors pourquoi ils briguent nos suffrages...Ce passionnant documentaire de plus de 3 heures (160 minutes de film et 34 minutes en bonus) est composé d'entretiens avec des personnalités, le plus souvent opposées au néolibéralisme mais aussi à d'autres, certes beaucoup moins nombreuses, qui lui sont favorables. J'ai été littéralement abasourdi par les propos, d'un cynisme effrayant, de l'une d'elles, l'économiste canadien Jean-Luc Migué. Celui-ci considère que « subventionner la pauvreté ne fait que la favoriser » car « on finit par prendre goût à la pauvreté » (texto !). En gros, coupons-leurs les vivres, et les pauvres se retrousseront les manches ! Revient aussi l'antienne où l'impôt est systématiquement assimilé à un « vol », avec le sentiment qu'« on paye pour les autres ». Alors que l'impôt sert à financer les services publics (l'efficacité de l'impôt et desdits services, c'est un autre problème) qui appartiennent à CHACUN d'entre nous. Ainsi, si « on paye pour les autres », les autres payent aussi pour nous ! Les questions du réalisateur québécois Richard Brouillette ont été coupées au montage, ce qui confère une plus grande fluidité au documentaire, les arguments et démonstrations des intervenants (de grande qualité, identifiés seulement lors du générique de fin) se suffisant à eux-mêmes. Le « parti pris » de l'auteur ne s'exprime qu'à travers des textes entrecoupant ces interviews, interludes bénéficiant d'une partition au piano appropriée, inspirée par la musique contemporaine. On est loin des grossiers pamphlets de Michael Moore. Sont mis en lumière les origines de cette idéologie néolibérale (lors de l'entre-deux guerres) puis l'accélération de sa mise en œuvre au niveau mondial au sortir de la seconde guerre. Sa diffusion s'effectue via les « think tank » (« boites à idées »), instituts libéraux jouissant quasiment du statut d'organismes de bienfaisance (avec dons déductibles des impôts !) et exerçant un lobbying intensif auprès des partis politiques, de droite principalement. Mais aussi par la propagande médiatique (« répétition vaut vérité », comme dans « Le meilleur des mondes » d'Huxley) et son accaparation progressive du monde éducatif, qui ne forme plus des citoyens mais de la main d'œuvre pour multinationales et de simples serviteurs du système (concept d'« employabilité »). Le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC, vite détournés de leurs fonctions initiales, imposent les diktats néolibéraux aux pays pauvres à qui ils accordent des prêts, ce qui ne fait que les appauvrir davantage. Un parallèle est fait entre néolibéralisme et néocolonialisme. On apprend ainsi par exemple que la Constitution de la Bosnie a été rédigée par des juristes américains et ratifiée lors des accords de Dayton en 1995 (fin de la guerre dans les Balkans). « L'encerclement » a aussi le mérite de montrer que le néolibéralisme, souvent réduit par ses opposants à ses seules nuisances économiques, sociales et environnementales, est également dangereux pour la démocratie puisque les multinationales et les marchés financiers ont quasiment tout pouvoir sur les Etats (libre circulation des capitaux, attaques spéculatives sur les monnaies...). Cela n'a plus rien à voir avec le libéralisme des origines (Adam Smith) et on peut dire sans crainte de se tromper que les partisans du néolibéralisme, plutôt que des libéraux, sont en réalité de fieffés réactionnaires ! Il n'y a qu'à voir leur peur des mouvements revendicatifs, qu'ils soient ouvriers, féministes ou étudiants, notamment dans la période post-68. Les théories fumeuses (« avantages comparatifs », « main invisible du marché ») et escroqueries monumentales (fonds de pension) sont battues en brèche, notamment par l'incisif Bernard Maris, alias « Oncle Bernard ». Les démonstrations sur les spéculations boursières, plus techniques, sont un peu plus difficiles à suivre mais elles ne font l'objet que de quelques minutes. Enfin, le professeur Normand Baillargeon, dans le bonus, pointe du doigt que la « pensée unique » néolibérale prospère aussi sur la résignation d'une grande partie de la population, nourrie par l'incapacité des intellectuels et partis « progressistes » à élaborer un modèle de société alternatif et crédible. Puisse cet excellent documentaire être diffusé plus largement et ouvrir les yeux du plus grand nombre sur cette problématique, plutôt que de se laisser endormir par des sujets de diversion, dérisoires, imposés par certains politiques et leurs opérateurs médiatiques (insécurité, religion, immigration...) ! 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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
LE CHOC,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Encerclement (DVD)
Comment l'économie est arrivée à infiltrer notre système éducatif : Passionnant.A recommander d'urgence. A voir également : The COrporation, Inside JOb, La stratégie de choc. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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