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Tahar Ben Jelloun se fit connaître par Harrouda (1973), jugé alors scandaleux. Il continue de déranger le monde maghrébin en ne cessant d'associer contes, légendes et rites de son pays à des sujets ou personnages tabous : l'enfance saccagée, la prostitution, le fou ou l'homme-femme. La Nuit sacrée, second volet de L'Enfant de sable, reçut le prix Goncourt en 1987. --Laure Anciel
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Au delà de la réalité,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Enfant de sable (Poche)
Dans une approche directe, on est confronté à une société où l'homme et la religion sont les seuls au pouvoir. La femme, tenue à l'écart, n'a qu'à se soumettre à la volonté de l'un et de l'autre. De cet affrontement, naît Ahmed qui bouleversera les coutumes et les connivences. Ahmed, femme de nature, homme d'éducation relèvera le défi en s'appropriant les droits de l'homme mais n'arrivera pas à changer de peau...La confusion et la solitude seront les compagnons de cet être qui n'est point ordinaire. Les conteurs se disputeront sa vie et son histoire et Ben Jelloun, dans un art bien distingué réussira à créer l'intrigue, le sel des contes arabes.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
La chute,
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Le livre est palpitant au début, mais globalement inégal.La fin m'a un peu décue, car elle décrit la chute d'un "homme" ayant fatalement choisi de sombrer et s'en plaignant."L'enfant de sable" nous plonge dans une histoire, inspirée d'un fait divers authentique: la terrible tragédie de la huitième enfant d'un couple désespéré de n'avoir eu que des filles. Ahmed naîtra homme dans un corps de femme, car son père l'a décidé.Il semble que l'amour ne peut être donné qu'à un enfant de sexe masculin, c'est pourquoi le jeune protagoniste semble heureux dans ses premières années. Avec le temps, sa fausse identité le conduira à sa chute. Parqué dans sa solitude, souffrant de la folie de sa mère, de la passivité de ses soeurs, après la mort de son père, il se laissera mourir. Cette seconde partie est suffocante, troublante et parfois insoutenable. On se demande pourquoi il ne lutte pas, n'essaie pas de sortir de ce cercle vicieux conduisant irrémédiablement à sa perte. L'enfant de sable, s'émiettant, critique chez ses soeurs, le mal envahissant dont il est lui-même atteint: l'enfermement, le désespoir, la haine de soi et des autres. Plusieurs personnages fantomatiques apparaissent alors et le récit devient cauchemardesque. L'histoire semble, comme le héros, mourir lentement, dans une longue agonie. Plus de lumière, une descente aux enfers éprouvante moralement et parfois insoutenable pour le lecteur. Le livre charme cependant par sa poésie tournée vers une fascination pour le néant et l'anéantissement: "Je m'en vais sur la pointe des pieds. Je ne veux pas peser lourd au cas où les anges, comme il est dit dans le Coran, viendraient me porter jusqu'au ciel. J'ai vidé mon corps et j'ai incendié ma mémoire. Je suis né dans un faste et une joie fabriqués. Je pars en silence. Je fus, comme le dit le poète, "le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux". Je fus une erreur et je n'ai connu de la vie que les masques et les mensonges." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La lecture de Patryck Froissart,
Par Patryck Froissart (REUNION) - Voir tous mes commentaires
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Auteur : Tahar Ben JellounTitre : L'enfant de sable Genre : roman Editeur : Seuil (Paris, 1985) Tahar Ben Jelloun est un sorcier, un forgeron, un griot détenteur du pouvoir de ces charmeurs de serpents, ou d'auditeurs, qui faisaient autrefois la magie de la place Jamaa El Fna, et qui apparaissaient régulièrement, fidèlement, à un endroit fixé de tous les souks villageois. Le lecteur est transporté dès les premières pages sur le tapis persan, oriental, marocain. L'histoire d'Ahmed, que son père a appelé de ce nom d'homme par honte d'avoir eu avant lui sept filles, est le récit d'abord intime, déchirant, lourd, d'une secrète histoire de famille. Seuls les parents, l'accoucheuse, puis l'intéressé(e), savent qu'Ahmed est la huitième fille. Le roman n'est pas linéaire, reste inachevé, comporte des zones d'ombre, est à plusieurs voix, à plusieurs narrateurs qui se contredisent, ou se complètent, peut-être (au lecteur de choisir, d'imaginer, de remplir les vides), à la manière, justement, de ces récits interminables qui courent de place en place, de conteur en conteur, enjolivés, exagérés, personnalisés par les fantasmes de chaque diseur, comme les Mille et Une Nuits dont chaque conte aurait été composé par une personnalité différente. Le Je des narrateurs, prétendus témoins, ou héritiers du cahier journal d'Ahmed, se mêle à celui du personnage, les versions s'entrecroisent, s'entremêlent, dans un jeu savant, labyrinthique, de miroirs, de routes, de lieux géographiques ou littéraires, où le narrateur auteur finit par se perdre lui-même, volontairement, avec délectation, jusqu'à s'identifier à au moins un autre grand auteur, qu'on reconnaît comme étant Jorge Luis Borges, dont le zahir apparaît brusquement dans les fils d'une histoire de plus en plus embrouillée, qui se dilue dans les sables du désert, c'est-à-dire l'intertexte. On comprend que Le Clézio, lui-même conteur des sables et des déserts, ait aimé ce roman qui n'a pas de fin, et qui a toutes les fins : « Tahar Ben Jelloun sait nous retenir au bord du sommeil par quelque rebondissement possible qu'il fera attendre jusqu'au matin, surtout qu'au bout il y a le Secret, une Toison d'Or, qui est la récompense du lecteur et le cadeau du scribe... ». A chacun d'y découvrir son propre secret. Patryck Froissart, le 3 mars 2006 Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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