Détective privé parisien s'estimant aussi irrésistible avec les femmes qu'infaillible dans son business, Jack Palmer - alias Rémi François - accepte la mission que vient de lui confier un obscur notaire de province : partir pour la Corse afin d'y retrouver un certain Ange Leoni, qui aurait hérité d'un confortable pactole. Une promenade de santé pour Jack Palmer, rompu aux missions les plus délicates. Mais à peine arrivé sur l'île de beauté, la promenade de santé devient vite un véritable parcours du combattant...
"L'enquête corse" est l'adaptation à l'écran par Alain Berberian ("La cité de la peur", "Le boulet"...) de la BD à succès de Pétillon, véritable best-seller vendu à plus de 300000 exemplaires.
Malgré quelques scènes vraiment comiques (l'incurie de la police réduite à faire de la figuration, les "continentaux" qui singent les coutumes locales pour se faire accepter, les explosions qui n'étonnent plus personne, la susceptibilité corse à fleur de peau...), le film est parfois un rien nonchalant et quelques gags supplémentaires n'auraient pas été de trop. De plus, il donne parfois l'impression de sortir directement de la BD et de n'avoir pas été vraiment étudié pour le passage du papier à l'écran, ce qui contribue à en faire une comédie assez inégale.
Encore un bémol, les splendides paysages corses ne sont pas suffisamment mis en valeur à part quelques plans par-ci par-là.
En revanche les fameux particularismes corses, certes un peu clichés et exagérés, donnent cependant lieu à des scènes hilarantes et à quelques répliques mémorables : ("Je suis dans mon pays : je vais où je veux...", "Depuis qu'il est pas venu à l'enterrement du grand-oncle du cousin germain de la tante du beau-fils de la nièce de ma cousine par alliance, pour moi - il est plus de la famille", "Ça Monsieur ce n'est pas un bâtard, c'est un corsinu, un chien de puuuure race corse...").
Après "Opération corned-beef", "Les visiteurs" et ses ersatzs "Les visiteurs II, les couloirs du temps" et "Les visiteurs en Amérique", "L'enquête corse" marque les retrouvailles de Jean Reno et de Christian Clavier dans les rôles principaux. Jean Reno, qui en est venu à attraper l'accent corse pour les besoins de son rôle de parrain local, justifie à lui seul le visionnage du film. Et on ne pouvait trouver mieux que Christian Clavier dans le rôle du détective content de lui-même, boursouflé d'orgueil.
De son côté, Caterina Murino, choisie par Alain berberian qui voulait une nouvelle Claudia Cardinale, s'avère taillée sur mesure pour son rôle de séductrice et manipulatrice.
Les seconds rôles sont tout aussi excellents, en particulier Pido, révélé au public par son personnage de Figoli, le petit terroriste amateur, et Pierre Salasca dans la peau de Matéo, l'homme de main de Leoni.
En bref, pas le meilleur film avec le duo Reno-Clavier mais reste agréable à regarder, idéal pour passer un bon moment de rigolade devant un bon brocciu ou quelques tranches de figatelli.