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La cohésion de ce groupe berrichon repose sur l'association des frères Ledoux, Johan et Guillaume, et de quatre autres larrons. Née en 1990 dans le giron des Clash, la bande s'abonne d'office aux tournées marathon, le plus court chemin pour faire passer sans fioriture l'émotion contenue dans leurs hymnes instinctifs, ramassés autour de guitares énergiques. Car à l'heure où l'électronique tient le haut des charts, Blankass demeure fidèle à une certaine tradition du rock'n'roll, celle tout feu tout flamme qui fleure bon la bière et la sueur. Cette attitude sans concession leur valut deux nominations aux Victoires de la musique en 97 et 98, et n'entama en rien l'authenticité de leurs propos revendicatifs. Blankass s'installe alors à la campagne pour enregistrer d'un seul jet les onze titres de son deuxième album,
L'ère de rien. Ce disque ambitieux mêle rock et chanson française, la formule consistant à intégrer banjo, mandoline, piano et accordéon à l'ampleur des guitares. L'alliance fonctionne à merveille et permet à ces bateleurs-nés de retranscrire avec sincérité toute la puissance de leur dimension scénique. Car Blankass réussit à rester simple et accessible tout en défiant les schémas traditionnels de la grammaire musicale du rock français.
- -Sabrina Silamo
Critique
Au départ le nom à consonance franchouillarde du groupe peut faire croire à une sorte de variation de Soldat Louis, voire à du Licence IV. Il n'en est heureusement rien, Blankass ayant plutôt à voir avec Noir Désir ou Louise Attaque.
L'Ere de Rien et son titre à double détente, s'avère un bon compromis entre des guitares appuyées et des arrangements plus folk, l'accordéon de Guillaume Ledoux en tête. La fête commence dès « Pas des chiens » qui balance parfaitement, et révèle une rage à peine contenue. « L'ère de rien » n'est pas en reste avec une belle montée en rythme. Plus ouvertement folk, « Ce que tu n'est pas » dit la difficulté de suivre sa voie.
Ni groupe à message, ni ensemble futile, Blankass sait parler pour lui comme pour les autres dans des titres tels « D'où je viens ». La reprise de The Clash « Death or Glory » est faite à la manière de The Pogues, histoire peut-être d'éclairer sur les deux principales influences revendiquées de Blankass. Seul bémol, un accent anglais vraiment rédhibitoire et le fait que n'est pas Joe Strummer qui veut.
Au dessus de la moyenne de la production rock française, L’Ère de Rien transforme l'essai de Blankass (1996) et permet au groupe de jouer sous le préau des meilleurs. Des meilleurs d'ici, hein.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story