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Commentaires client les plus utiles
69 internautes sur 70 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un témoignage indispensable,
Par Pej (Chaumont, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Espèce humaine (Poche)
Ce livre essentiel se prête à au moins trois niveaux de lecture : un niveau historique tout d'abord, dans la mesure où le récit de Robert Antelme est avant tout un témoignage sur l'horreur nazie ; un niveau littéraire ensuite, car c'est une véritable prose poétique que nous offre l'auteur, la beauté de l'écriture pouvant parfois même contraster avec la teneur du propos ; un niveau philosophique enfin, dans la mesure où Antelme nous amène à réfléchir au concept d'humanité. Sur ce dernier point, il est intéressant de confronter son point de vue avec celui de Primo Lévi par exemple, les deux auteurs parvenant sur le même sujet à des conclusions opposées.Bref, un livre dont la lecture apparaît indispensable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
21 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"Le SS peut tuer un homme, mais il ne peut pas le changer en autre chose.",
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Espèce humaine (Poche)
Robert Antelme (1917 - 1990), époux de Marguerite Duras, résistant, est arrêté puis déporté au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne, le 1er juin 1944.Dès 1947, Antelme, avec un héroïsme extraordinaire, une totale abnégation de soi, va consciemment replonger dans les souffrances indicibles de l'enfer dans lequel il vécut et survécut. Témoigner. Impérieuse nécessité. Folie. Alors que la Libération n'avait pas deux années, lui-même commençait à douter de ce qu'il avait souffert. Antelme est un héros, un philosophe, un combattant, un résistant. "Les héros que nous connaissons, de l'histoire ou des littératures, qu'ils aient crié l'amour, la solitude, l'angoisse de l'être ou du non-être, la vengeance, qu'ils se soient dressés contre l'injustice, l'humiliation, nous ne croyons pas qu'ils aient jamais été amenés à exprimer comme seule et dernière revendication, un sentiment ultime d'appartenance à l'espèce. (...) La mise en question de la qualité d'homme provoque une revendication presque biologique d'appartenance à l'espèce humaine." "L'espèce humaine" est de cette même veine de qualité que "Si c'est un homme" de Primo Levi, "Marche autant que tu pourras" de Brigitte Friang, "Des voix sous la cendre : Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau", "L'honneur de la liberté / entretiens avec Charles Ehlinger" de Jacques Sommet - liste non exhaustive. En page 83, ce constat implacable : "Le règne de l'homme, agissant ou signifiant, ne cesse pas. Les SS ne peuvent pas muter notre espèce. Ils sont eux-mêmes enfermés dans la même espèce et dans la même histoire. Il ne faut pas que tu sois [souligné par l'auteur] : une machine énorme a été montée contre cette dérisoire volonté de con. Ils ont brûlé des hommes et il y a des tonnes de cendres, ils peuvent peser par tonnes cette matière neutre. Il ne faut pas que tu sois [souligné par l'auteur], mais ils ne peuvent pas décider, à la place de celui qui sera cendre tout à l'heure, qu'il n'est pas. Ils doivent tenir compte de nous tant que nous vivons, et il dépend encore de nous, de notre acharnement à être, qu'au moment où ils viendront de nous faire mourir ils aient la certitude d'avoir été entièrement volés." Page 240 : "C'est un rêve de SS de croire que nous avons pour mission historique de changer d'espèce, et comme cette mutation se fait trop lentement, ils tuent. Non cette maladie extraordinaire n'est autre qu'un moment culminant de l'histoire des hommes. Et cela peut signifier deux choses : d'abord que l'on fait l'épreuve de la solidité de cette espèce, de sa fixité. Ensuite, que la variété des rapports entre les hommes, leur couleur, leurs coutumes, leur formation en classes masquent une vérité qui apparaît ici éclatante, au bord de la nature, à l'approche de nos limites : il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine. C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous." L'agonie, la lancinante marche inéluctable vers la mort : Buchenwald, Ganderscheim, Dachau. Inéluctable sans l'esprit de résistance magnifié dans ce superbe ouvrage. La vie, la solidarité, la camaraderie, la sainteté (histoire sublime de Jacques, l'étudiant en médecine déporté depuis 1940), la lutte, l'amour, les gestes même aussi simples qu'un serrement de main ... : "Le froid, SS. Volonté de rester debout. On ne meurt quand même pas debout. Le froid passera. Il ne fait pas crier, ni se révolter, chercher à fuir. Il faut s'endormir dedans, le laisser faire, comme la torture, après on sera libre. Jusqu'à demain, jusqu'à la soupe, patience, patience... En réalité, après la soupe, la faim relayera le froid, puis le froid recommencera et enveloppera la faim; plus tard les poux envelopperont le froid et la faim, puis la rage sous les coups enveloppera rage, poux, froid et faim, et il y aura le jour où la figure, dans le miroir reviendra gueuler "Je suis encore là"; et tous les moments où leur langage [celui des détenus, des "zébrés"] qui ne cesse jamais enfermera poux, mort, faim, figure, et toujours l'espace infranchissable aura tout enfermé dans le cirque des collines (...)" (p. 85) "Mais quoique solitaire, la résistance de [la] conscience se poursuivait. Privé du corps des autres, privé progressivement du sien, chacun avait encore de la vie à défendre et à vouloir." (p. 143). Robert Antelme a dédié cet ouvrage à sa soeur Marie-Louise, déportée, morte en Allemagne. nb : le lecteur fera l'impasse sur la 4° de couverture. L'analyse donnée, absconse, est à la limite du hors-sujet par rapport à "L'Espèce humaine". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Remarquable témoignage historique, et littéraire sur les conditions de détention des prisonniers politiques sous le nazisme,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Espèce humaine (Poche)
Robert Antelme raconte la vie du camp de Buchenwald, un camp de concentration de rééducation politique où s'entassent les réfractaires, et les criminels d'opinion, sous la houlette de la soldatesque SS.Avec sa superbe prose, l'auteur raconte la vie des copains, et leurs résistances souvent vaines aux humiliations, au système inhumain mis en place pour les affaiblir, pour changer l'espèce humaine, l'asservir. Les espérances, des petits événements anodins au-delà des espérances, des traces d'humanité, et même plus, nous montrent que l'espèce humaine est irréductible et que la soldatesque SS échoue dans sa tentative d'avilir tout le groupe. L'espoir reste présent, et renaît, même contre une petite gamelle de soupe. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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