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Les premiers hackers ont adopté le nom dans les années 60, et si le mot a désigné les fouteurs de bordel depuis les années 80, cest quil a été vidé de son sens. Au départ, les programmateurs fous furieux dinformatique oeuvrant au MIT, le Massachusetts Institute of Technology, lutilisaient pour désigner un passionné, «un expert ou un enthousiaste de toute nature». Ni professionnel, ni commerçant. Cette définition, même limitée à linformatique, sous-entend une conception du travail particulière. Opposée à celle du protestant Max Weber, qui souhaitait une vie rythmée par le travail pour chacun, elle place comme priorités le bien fait à la communauté et le partage gratuit des connaissances, comme dans les académies grecques. Voyous piqueurs de numéros de cartes de crédit et dintrusion sauvage sont appelés «crackers». Les vrais hackers se battent pour la liberté de la toile et son usage démocratique. Cest un duo finlandais qui nous aide à modifier notre perception : Linus Torvald, inventeur de Linux, a signé la préface du livre et Pekka Himanen, philosophe de 27 ans, enseignant à Berkeley, a observé les moteurs des membres de la caste. Passion, jeu, plaisir et partage, les ingrédients de son livre lui ont valu une traduction en dix langues. Pas mal, pour un essayiste voltairien. --Luc Biecq
Quatrième de couverture
Le philosophe Pekka Himanen voit au contraire les hackers comme des citoyens modèles de l'ère de l'information. Il les considère comme les véritables moteurs d'une profonde mutation sociale. Leur éthique, leur rapport au travail, au temps ou à l'argent, sont fondés sur la passion, le plaisir ou le partage. Cette éthique est radicalement opposée à l'éthique protestante, telle qu'elle est définie par Max Weber, du travail comme devoir, comme valeur en soi, une morale qui domine encore le monde aujourd'hui.
Cet essai de Himanen - déjà salué par la critique aux États-Unis et au Japon - ouvre de nouvelles voies pour penser lavenir des sociétés post-industrielles et la transformation en cours du capitalisme.