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5.0 étoiles sur 5
L'INTELLIGENCE EN ACTION, 13 avril 2007
Historien de haute volée (fondateur avec Lucien Febvre de l'école des Annales dont les successeurs furent, entre autre, Fernand Braudel et Georges Duby), médiéviste internationalement reconnu (l"La Societé Féodale", "Les Rois Thaumaturges" font toujours autorité), guerrier patriote (ses écrits sur 14-18 et sa nomination à l'ordre de la Legion d'Honneur dans l'immédiate après première guerre en témoignent) et résistant mort pour la France, Marc Bloch est, par excellence, le symbole de la grandeur et de la qualité d'une France Républicaine aujourd'hui disparue.
De nouveau mobilisé en 1940, il assiste, en témoin actif servant son Pays, à l'effondrement brutal de l'armée, au renoncement qui saisit les Français et à l'abandon des idéaux républicains par ses représentants.
De cette tragédie, il tire une analyse dont la lucidité, la pertinence et la profondeur sont admirables.
"L'Etrange Défaite" est à la fois un constat terrible sur les causes du plus grand désastre que la France ait eu à vivre et une exceptionnelle leçon d'Histoire.
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25 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Emouvant et actuel, 19 juillet 2006
Du fond de l'occupation et du désespoir, quelques hommes d'exception s'interrogeaint sur la défaite et sur la reconstruction de la France libérée. Marc Bloch sera fusillé avant d'en voir l'issue: capitulation des élites, nécessité de la réforme de l'université, rôle des intellectuels... Lire Marc Bloch, c'est comprendre à quel point de juinquarantisation intellectuelle nous sommes tombés aujour'hui.
C'est ouvrage est d 'une actualité saisissante et gagne à être lu et relu.
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24 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ecrits de combat d'une noble âme résistante, 22 septembre 2007
Marc Bloch est un très grand historien, soldat de France aux quintuples citations (4 à l'ordre de l'armée en 1914-1918 et 1 à l'ordre du corps-d'armée en 1940 - capitaine, chevalier de la légion d'honneur à titre militaire - le seul titre qui importe à mes yeux), passionné de la France, amoureux du génie français, patriote, esprit libre.
Rarement ai-je ressenti, au plus profond de moi, cet honneur que me fait l'auteur d'un ouvrage à m'inviter à partager, dans une intimité d'amitié, ses sentiments, son intelligence, sa vivacité d'esprit.
Guerrier, intellectuel, homme d'une rare finesse, délicat, remarquable pour citer Bossuet 'une âme guerrière maîtresse du corps qu'elle anime'. Le lecteur sensible à la Résistance sera conquis sans aucune lutte par cet écrit, rédigé au soir de la défaite, de juillet à septembre 1940.
Ami qui ne connaît ni Marc Bloch ni "L'Etrange défaite", prépare-toi à être submergé d'émotions. Sur ce qu'est être un chef - et qui manqua tant en 1940 pour conduire nos armées à la victoire : "Etre un vrai chef, c'est, avant tout peut-être, savoir serrer les dents ; c'est insuffler aux autres cette confiance que nul ne peut donner s'il ne la possède lui-même; c'est refuser, jusqu'au bout, de désespérer de son propre génie; c'est accepter, enfin, pour ceux que l'on commande en même temps que pour soi, plutôt que l'inutile honte, le sacrifice fécond". A propos de l'enseignement pratiqué dans les écoles de guerre : "(...) il n'est pas d'acte d'accusation plus terrible que cette simple et irréfutable constatation : aux chefs de 1914, il a persuadé que la guerre de 1914 serait celle de Napoléon; aux chefs de 1939, que la guerre de 1939 serait celle de 1914."
Eloge du peuple de France, Marc Bloch met en garde les contempteurs des masses ouvrières, que de "douter de la conscience qu'elles peuvent avoir de servir une grande oeuvre humaine (...) serait méconnaître tout ce qui au fond d'un vieux peuple policé, comme le nôtre, se cache de noblesse inexprimée". La Résistance confirmera la beauté de l'élan populaire.
Historien et scientifique, Marc Bloch trie, critique, met en exergue les faits. Ceux-ci s'agencent dans un clair exposé, une belle analyse des causes de la défaite. L'examen de conscience d'un Français a conservé une rare fraîcheur d'actualité. Critiquant la bourgeoisie dont il était un membre éminent : "Parce que la bourgeoisie était ainsi anxieuse et mécontente, elle était aussi aigrie. Ce peuple dont elle sortait et avec lequel, en y regardant de plus près, elle se fût senti plus d'une affinité profonde, trop déshabituée, d'ailleurs, de tout effort d'analyse humaine pour chercher à le comprendre, elle préféra le condamner."
L'âme de la Résistance souffle chez Marc Bloch. Avec quelle noblesse écrit-il : 'Je le dis franchement : je souhaite, en tout cas, que nous ayons encore du sang à verser : même si cela doit être celui d'êtres qui me sont chers (je ne parle pas du mien, auquel je n'attache pas tant de prix). Car il n'est pas de salut sans une part de sacrifice; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n'a travaillé à la conquérir soi-même.' Ce grand Monsieur fut arrêté, torturé par la Gestapo et fusillé le 16 juin 1944.
Citant l'avant-propos de son camarade de combat, Georges Altman :
- Car on sait comme il est mort; un gosse de seize ans tremblait près de lui : "Ca va faire mal". Marc Bloch lui prit affectueusement le bras et dit seulement : "Mais non, petit, cela ne fait pas mal", et tomba en criant, le premier : "Vive la France".
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