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Toutefois, les pages consacrées à la description des comportements de mauvaise foi sont d'un abord plus facile. Sartre excelle dans le récit de situations qui révèlent les ruses de la conscience qui se ment à elle-même. Ainsi, le garçon de café qui se prend pour un garçon de café, sans chercher à réaliser son être autrement, parvient à fuir liberté et angoisse. De même, la femme qui abandonne son bras comme une chose morte entre les mains de l'homme qui la désire, tout en lui tenant des propos éthérés, cherche à s'affranchir des affres de la décision.
À parcourir à la terrasse d'un bistrot avec une nonchalance digne de Saint-Germain-des-Prés ou bien à lire avec pugnacité et engagement ? À vous de choisir ! --Paul Klein
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le pour-soi aux prises avec lui-même,
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C'est un livre exaspérant, original et fondateur. Exaspérant par les excès de technicité et la prolifération parfois tératologique d'un jargon exceptionnellement rébarbatif... et pourtant, Sartre a le génie d'inventer des exemples aussi simples que pertinents. Original, même si cette originalité n'est pas absolue: Sartre reprend à Descartes la volonté de radicalité et à Heidegger les préoccupations ontologiques, mais dans ce cadre il formule une thèse proprement inouïe: exister, c'est ne pas être, ne plus être, vouloir être, s'éprouver comme "souci". Ce n'est pas 'lêtre, c'est le néant qui se trouve au principe de la conscience et de l'action, constitutif de l'existence humaine, qu'il soit assumé (liberté) ou nié (mauvaise foi). Fondateur, car on est bien ici en présence du socle de l'existentialisme, et plus généralement d'une problématique véritablement moderne de l'homme et de l'action. Il sera dès lors beaucoup pardonné à Jean-Paul Sartre, car s'il est contraint d'utiliser un tel jargon, c'est aussi parce que son sujet porte en ui la question des limites du langage.
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15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un pavé formidable,
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Pendant que la France philosophique, dernière au monde à en faire autant, continue à croupir gentiment dans les fumées du post-heideggerianisme structuralo-pénible et à se régaler de leur opacité, une des œuvres capitales de son XXe siècle y demeure aussi peu que mal lue. « L'être et le néant » est souvent regardé de haut par les penseurs institutionnels, comme s'il ne s'agissait que d'un pastiche mal abouti de philosophes plus racés. La vérité est tout autre : la plupart des mêmes penseurs ne connaissent tout simplement pas l'ontologie sartrienne, sinon par ouï-dire ou souvenirs lointains. Et pourtant... « L'être et le néant », passé l'assimilation de quelques termes et concepts (notamment celui, à la fois difficile et très simple, de la conscience comme néant), se révèle bientôt d'une clarté emballante et, surtout, d'une richesse et d'une fécondité stupéfiantes. Le livre, comme un train lancé puissamment sur des rails solides, se dévore plutôt qu'il ne se lit -- et on conseillera au lecteur rebuté par la difficulté apparente des premières pages de tenir bon, tant la récompense sur la durée s'avère grande. Parvenu à la fin, on ne peut que rester frappé par l'ampleur du trajet philosophique que décrit l'ouvrage, sa grande tenue et sa profonde rationalité. Au fond, pas étonnant que beaucoup de nos penseurs appointés négligent ce grand livre, probablement le plus profond que nous ait donné le siècle dernier : il est trop limpide à leur goût, trop « français » dans sa démarche, et, en même temps, trop saisissant, trop exigeant dans la morale de la liberté à laquelle il aboutit, surtout dans une époque où la première des priorités est de déresponsabiliser les individus autant que possible. « L'être et le néant » est tout simplement un chef-d'œuvre, une grande lecture philosophique et morale, dont il serait dommage de se priver tant pour son intelligence que pour la joie qu'elle procure.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Plus qu'un froid ouvrage philosophique, un déclencheur moral, un éloge de la liberté que pointe l'existentialisme.,
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Je rejoins complètement l'avis de Golgolox, le livre est peu connu et encore beaucoup moins lu. Sartre doit paraître beaucoup moins puriste aux penseurs qu'un Kant ou un Descartes.
Mais il s'avère que Sartre nous mène tout le long de l'ouvrage dans un discours limpide, organisé, et surtout passionnant. Liberté, morale, passion, mauvaise foi, les thèmes sont multiples et amènent tous une réflexion originale, l'auteur s'appuie sur des sources tant philosophiques (Kant) que littéraires (Stendhal). En résumé, un bouquin philosophique malheureusement méconnu, mais d'une étendue presque infinie, chaque passage peut être relu à différents moments de la vie, et le lecteur ayant évolué entre temps percevra alors différemment la pensée de l'auteur, elle se réfléchira différemment en lui. Il faut simplement se décourager face à l'apparente difficulté des premières pages, lisez la conclusion pour vous convaincre que ce livre est lisible, et ainsi vous profiterez d'une lecture plus qu'enrichissante, essentielle. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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