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48 internautes sur 62 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le phislosophe, le penseur politique , l'écrivain !, 27 décembre 2002
Quoi d'autre ajouter comme commentaire à cette oeuvre ! Au cours des dernières décennies, théoriciens des idées, philosophes et critiques littéraires l'ont examiné à maintes reprises, parfois avec des a priori, parfois avec des remarques percutantes, mais toujours avec ce flegme qui pas indifférent. Si vous aimez la philosophie et les questions d'ordre existentielles, vous apprécierez sans doute Sartre.Philosophe, avant tout, Sartre est aussi romancier, essayiste et auteur dramatique. C'est avec "L'Être et le Néant" (1943) qu'il jette les fondements d'un Existentialisme athée qui engendre une morale de l'engagement et de la responsabilité, ébauchée dans L'Existentialisme est un humanisme (1946), ainsi qu'une philosophie de l'histoire, qui apparaît comme une tentative de conciliation de l'existentialisme sartrien et du marxisme ... En fait, "l'Être et le Néant" qui est une réflexion sur les rapports entre la conscience et la liberté. Sartre élabora ses thèses à travers un dialogue et une réélaboration des pensées de Hegel, Husserl et Heidegger. Pour Sartre, dans son surgissement premier, la conscience a à la fois conscience d'être et conscience qu'elle n'est pas ce dont elle a conscience. Cette étape est celle du cogito préréflexif. Sartre appelle l'en-soi ce qui est et que la conscience appréhende comme différent d'elle-même. L'en-soi est pure coïncidence avec lui-même. Ce qui caractérise, en revanche, la conscience, c'est l'être-pour-soi, à savoir la distance par rapport à soi-même. L'être propre de la réalité humaine, qui se présente sur le mode de l'attente, de l'angoisse et du regret, est remise en cause de son être en tant que réalité, c'est-à-dire négation de l'en-soi.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un pavé formidable, 24 mars 2009
Pendant que la France philosophique, dernière au monde à en faire autant, continue à croupir gentiment dans les fumées du post-heideggerianisme structuralo-pénible et à se régaler de leur opacité, une des œuvres capitales de son XXe siècle y demeure aussi peu que mal lue. « L'être et le néant » est souvent regardé de haut par les penseurs institutionnels, comme s'il ne s'agissait que d'un pastiche mal abouti de philosophes plus racés. La vérité est tout autre : la plupart des mêmes penseurs ne connaissent tout simplement pas l'ontologie sartrienne, sinon par ouï-dire ou souvenirs lointains. Et pourtant... « L'être et le néant », passé l'assimilation de quelques termes et concepts (notamment celui, à la fois difficile et très simple, de la conscience comme néant), se révèle bientôt d'une clarté emballante et, surtout, d'une richesse et d'une fécondité stupéfiantes. Le livre, comme un train lancé puissamment sur des rails solides, se dévore plutôt qu'il ne se lit -- et on conseillera au lecteur rebuté par la difficulté apparente des premières pages de tenir bon, tant la récompense sur la durée s'avère grande. Parvenu à la fin, on ne peut que rester frappé par l'ampleur du trajet philosophique que décrit l'ouvrage, sa grande tenue et sa profonde rationalité. Au fond, pas étonnant que beaucoup de nos penseurs appointés négligent ce grand livre, probablement le plus profond que nous ait donné le siècle dernier : il est trop limpide à leur goût, trop « français » dans sa démarche, et, en même temps, trop saisissant, trop exigeant dans la morale de la liberté à laquelle il aboutit, surtout dans une époque où la première des priorités est de déresponsabiliser les individus autant que possible. « L'être et le néant » est tout simplement un chef-d'œuvre, une grande lecture philosophique et morale, dont il serait dommage de se priver tant pour son intelligence que pour la joie qu'elle procure.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le pour-soi aux prises avec lui-même, 31 janvier 2009
C'est un livre exaspérant, original et fondateur. Exaspérant par les excès de technicité et la prolifération parfois tératologique d'un jargon exceptionnellement rébarbatif... et pourtant, Sartre a le génie d'inventer des exemples aussi simples que pertinents. Original, même si cette originalité n'est pas absolue: Sartre reprend à Descartes la volonté de radicalité et à Heidegger les préoccupations ontologiques, mais dans ce cadre il formule une thèse proprement inouïe: exister, c'est ne pas être, ne plus être, vouloir être, s'éprouver comme "souci". Ce n'est pas 'lêtre, c'est le néant qui se trouve au principe de la conscience et de l'action, constitutif de l'existence humaine, qu'il soit assumé (liberté) ou nié (mauvaise foi). Fondateur, car on est bien ici en présence du socle de l'existentialisme, et plus généralement d'une problématique véritablement moderne de l'homme et de l'action. Il sera dès lors beaucoup pardonné à Jean-Paul Sartre, car s'il est contraint d'utiliser un tel jargon, c'est aussi parce que son sujet porte en ui la question des limites du langage.
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