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L'Euro : comment s'en débarrasser ? [Broché]

Jean-Jacques Rosa
4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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Description de l'ouvrage

18 mai 2011 Essai blanche

L'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour la plupart des économies européennes. Le retour du franc est-il souhaitable, nécessaire, possible ? Comment peut-il se faire sans drame et quelles en seraient les conséquences et implications politiques ?

Jean-Jacques Rosa développe une analyse économique claire et rigoureuse qui répond enfin aux questions que vous vous posez sur le rôle, et l'avenir des monnaies nationales.


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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

L'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour la plupart des économies européennes. Le retour du franc est-il souhaitable, nécessaire, possible ? Comment peut-il se faire sans drame et quelles en seraient les conséquences et implications politiques ?Jean-Jacques Rosa développe une analyse économique claire et rigoureuse qui répond enfin aux questions que vous vous posez sur le rôle, et l'avenir des monnaies nationales.

Biographie de l'auteur

Jean-Jacques Rosa, économiste, professeur des Universités, ancien membre du Conseil d'analyse économique du premier ministre, est l'auteur chez Grasset de L'erreur européenne (1998), et du Second XXe siècle : déclin des hiérarchies et avenir des nations (2000).


Détails sur le produit

  • Broché: 140 pages
  • Editeur : Grasset (18 mai 2011)
  • Collection : Essai blanche
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246786010
  • ISBN-13: 978-2246786016
  • Dimensions du produit: 17,4 x 11,8 x 1,4 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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4.0 étoiles sur 5 Une question parfaitement d'actualité 17 juillet 2011
Par Johan Rivalland TOP 100 COMMENTATEURS
Format:Broché|Achat authentifié par Amazon
Il y a déjà 13 ans, peu avant la mise en place de l'euro, Jean-Jacques Rosa écrivait, dans la conclusion de son brillant ouvrage L'erreur européenne,comme il le rappelle au début du présent livre, que "la création de la monnaie unique, l'euro, est la plus grave erreur économique commise par les gouvernements européens depuis les politiques déflationnistes qui ont transformé la crise boursière de 1929 en une décennie de dépression mondiale, tout au long des années 1930. Elle conduit à une erreur politique plus grave encore : la tentative de fusion des Etats-nations du continent en un Etat unique de très grande dimension".
D'autres économistes indépendants mais de renom, aux conceptions théoriques diverses, à l'instar de Martin Felstein, Paul Krugman, Milton Friedman ou encore Joseph Stiglitz, ou même Gérard Lafay en France entre autres, avaient également anticipé la grave crise qui ne manquerait pas de résulter de ce choix.

Pour autant, Jean-Jacques Rosa va jusqu'à affirmer que l'abandon de l'euro pourrait amener une prospérité comparable à celle des Trente Glorieuses. Excessif ? Je n'en sais rien, mais une chose est certaine : de plus en plus nombreux sont ceux, d'orientations politiques ou économiques diverses, qui se posent la question de la pérennité de notre monnaie commune. Et à ce titre, la question mérite d'être posée.
Les dirigeants, selon l'auteur, usent en effet d'expédients pour simplement "retarder le moment de vérité", qui serait l'abandon inéluctable de la monnaie unique.
Et, selon certains, la seule parade à présent serait la création d'un Etat fédéral doté d'un gouvernement central et mettant en oeuvre l'unification budgétaire. Position auparavant minoritaire, et se heurtant à des obstacles insurmontables selon Jean-Jacques Rosa, ainsi qu'il l'avait montré dans son livre Le déclin des hiérarchies et l'avenir des nations (que j'avais également lu, mais dont je ne me souviens plus trop du contenu, ne rédigeant pas de commentaire à l'époque).

Revenant au contexte de l'avant-euro, notre auteur rappelle ainsi que pour les promoteurs de l'euro, celui-ci était présenté à la fois comme un "bouclier contre les crises financières et économiques", un "accélérateur de la croissance grâce à une monnaie forte", etc. Autant de promesses qui ne se sont pas réalisées et visaient simplement, selon lui, à "faire taire les doutes qu'entretenaient dans l'opinion les eurosceptiques".
Selon Jean-Jacques Rosa, la mise en place de l'euro a été non pas motivée, sur le plan politique, par la recherche de l'intérêt général, mais plutôt par une collusion d'intérêts entre "l'appareil d'Etat en tant qu'organisation défendant sa propre survie et sa propre expansion d'une part (pour les politiques et les fonctionnaires), et des grandes entreprises de l'autre" (qu'il accuse de former parfois des cartels).
Explication : "Ce sont les grands emprunteurs qui bénéficient d'une monnaie unique et forte car les dettes exprimées en une telle monnaie sont très demandées par les investisseurs parce que leur valeur de remboursement est sûre, et que leur vaste marché leur assure une grande liquidité. Les souscripteurs ne demandent donc qu'une rémunération relativement faible, pour le plus grand avantage de l'emprunteur dont le coût du capital est ainsi abaissé. Et les principaux emprunteurs sont connus : les Etats, les "nouvelles" banques qui ont réinventé leur métier dans les années 1980, et les grandes entreprises. Tous ont besoin d'attirer les masses nouvelles de capitaux internationaux qui s'échangent désormais sur les marchés financiers globalisés du dernier quart du XXème siècle".

S'en suit une explication très convaincante, sur un plan économique, de l'intérêt de chacune de ces parties à profiter des garanties de cette monnaie forte pour s'endetter toujours plus tout en évitant de mettre en oeuvre les réformes nécessaires et en mettant en garde contre un libéralisme qui n'était pas favorable à toutes ces dérives.
Mais toutes ces collusions, ces intérêts communs de tous ces cartels d'Etats et d'entreprises n'ont pu résister aux tentations d'en profiter, qui ont conduit aux dérives accélérées du système et à la situation dramatique que nous connaissons aujourd'hui.

D'où la question posée en dernière partie de l'ouvrage : "comment tout cela va-t-il se terminer ?"
Le fait est, selon Jean-Jacques Rosa, que l'union monétaire est une fomre de cartel. Or, s'il y a bien une banque centrale européenne pour veiller au respect d'une règle du jeu sur la création de monnaie, il n'en va pas de même sur les émissions d'obligations, qui ne sont contrôlées par aucun appareil institutionnel. De ce fait, le déficit public et le recours à l'endettement massif étant la seule variable d'ajustement disponible par les Etats, surtout en période de crise, la tentation est grande pour chacun de "tricher" ; ce qui met en péril le cartel.
Lorsque la situation, comme à l'heure actuelle, est suffisamment pervertie, il ne reste plus qu'une chose à envisager : la sortie de l'entente, pour les pays qui le jugent souhaitable.

Jean-Jacques Rosa examine ensuite divers scénarios d'abandon de l'euro, contestant les arguments de certains et montrant en quoi ils pourraient restaurer la compétitivité de l'Economie d'un pays qui sortirait de l'euro, ce qui nécessiterait, idéalement, une dépréciation préalable de l'euro ; et même, au-delà, renforcer une démocratie passablement dégradée (je vous laisse découvrir les arguments développés à ce sujet).

Un ouvrage de réflexion utile, en ces temps de doute profond sur nos orientations politico-économiques ; qui mérite en tous les cas d'être écouté, même si cet essai est court et n'atteint pas le niveau d'approfondissement du premier ouvrage cité ci-dessus (L'erreur européenne), vers lequel il serait très opportun de se tourner de nouveau.
Moins technique et plus abordable au plus grand nombre, il souffre en même temps, de mon point de vue, de ce même caractère. D'un autre côté, l'objectif de l'auteur est bien ici, je pense, de s'assurer une plus large diffusion et espérer ainsi avoir plus de chances d'être entendu.
Puisse-t-il être exaucé et le débat dans les médias véritablement s'engager cette fois...
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5.0 étoiles sur 5 L'Euro contre l'Europe 14 octobre 2011
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS VOIX VINE™
Format:Broché
Je reprends en affirmant le titre de l'ouvrage d'un eurosceptique, économiste clair, Gérard Lafay (L'Euro contre l'Europe ?) qui pointait les causes majeurs de dysfonctionnement de la monnaie unique voulue par Jacques Delors contre l'idée de monnaie commune que ce dernier avait refusé. Livre prophétique. Jean-Jacques Rosa, Jean-Jacques Rosa, économiste, professeur des Universités, ancien membre du Conseil d'analyse économique du premier ministre, appartenait également aux esprits libres qui étaient sceptiques sur le devenir de l'Euro, comme certains hommes et femmes politiques, dont Bertrand Renouvin, directeur politique de la NAR (Le Krach de l'euro) ; mais qui alors leur offrait une tribune pour s'exprimer ?

N'étaient-ils pas enfin déjà des populistes ? qui est l'injure suprême des oligarques représentés par Alain Minc (Le Crépuscules des petits dieux) ou bien Laurence Parisot, patronne du Medef dans son gribouillis Un piège bleu Marine écrit à plusieurs mains qui plus est.

Jean-Jacques Rosa commence son livre par une définition de ce terme :

"Populiste n. adj. : 1. "Qui oppose le peuple aux élites" 2. "Voir démocratique"

Les unionistes ont voulu l'Euro comme monnaie unique envers et contre tout. Aujourd'hui, alors que leur défaite politique et économique est annoncée pour les semaines prochaines, ils se cramponnent désespérément autour de l'argument des États Unis d'Amérique, oubliant cette simple donnée que l'Etat fédéral prélève des impôts ce qui n'est pas le cas en Europe.

- Mais qu'est-ce donc qui a provoqué la mise à mort de la monnaie unique ?

Alors que l'inflation, la fiscalité, le niveau de développement différents, les structures mêmes de populations différentes (âges) ajouterai-je, il n'était en effet pas envisageable de définir une monnaie unique. L'argument social ne tient pas. En clair n'a-t-on pas mis la charrue bien avant les boeufs ? J'avais toujours appris que la monnaie traduisait une politique et non l'inverse. L'Euro fut donc imposé aux peuples européens comme moyen et fin d'une politique qui visait à fédérer tous les Etats autour d'un centre ... administratif à Bruxelles... ?

L'auteur alors se pose la question : Est-ce qu'un Etat central pouvait être plus avantageux que des états existants ? Oui à condition que ces derniers soient homogènes (p.40).
Comment a-t-on pu envisager l'éventualité d'une meilleure efficacité d'un Etat de 320 millions d'habitants - et même de 500 millions pour l'Europe des 27 - que celle de plus petits ensembles ? Cela n'a pas de sens réel.

En effet, les Etats fonctionnent avec des strates d'administration d'administrations ... Créer un super Etat fédéral ajoutait encore des couches, augmentait les hiérarchies dans une société d'informations qui réduit de fait ces niveaux. L'Euro comme monnaie unique se présentait déjà comme un contresens historique (p.44)

L'auteur remarque à juste titre que ce thème est abandonné des palinodies officielles (du Traité de Lisbonne).

La monnaie unique efface tous les stabilisateurs des monnaies nationales. Alors qu'une économie en plein boom génère de naturellement de l'inflation. A l'inverse, une économie en ralentissement se traduit par stagnation monétaire.

Même en tirant une moyenne, la BCE, propose en fin de compte un taux qui ne convient ni à la première économie en croissance, ni à celle en récession.

Un taux trop bas pour une économie en développement génère de la spéculation immobilière et de la spéculation sur d'autres classes d'actifs. Un taux trop haut pour une économie en récession la conduit à la déflation.

Donc un taux unique dérègle profondément les économies européennes.

D'ou le seul instrument de stabilisation économique est le recours au déficit public pour la Grèce, l'Irlande et l'Espagne (immobilier p.54)

- Mais à quel intérêt a répondu la création de la monnaie unique ?

La monnaie unique a répondu à des motivations de factions, groupes de pression qui ne partagent pas l'intérêt général.

L'intérêt des marchés d'emprunts libellés en monnaie forte, mais aussi des entreprises importatrices est évident. Il est en effet plus compliqués pour les cartels de gérer plusieurs monnaies qu'une seule (idem pour les optimisations fiscales / ferai-je remarquer).

"L'Allemagne apportait en dot sa monnaie et sa réputation conservatrice et orthodoxe, les autres pays apportaient à l'Allemagne des débouchés commerciaux avantageux, avantage dont ils feignaient de croire qu'il allait se réduire à la faveur d'une convergence des taux d'inflation. Les industriels et les banquiers y trouvaient pour leur part, un moyen de rétablir, sur le plus vaste marché unique, les cartels dont ils jouissaient naguère sur leurs marché nationaux." (p. 76-77).

Pour éviter tout dérapage, toute dégradation, la mécanique nécessitait un quota d'émission contrôlé et faible d'obligations d'ou le pacte de stabilité. Malheureusement, cette mécanique s'est retournée contre ses principes : la conclusion à tirer est qu'une monnaie forte et unique est une véritable "machine à emprunter" - p.83

- Autre argument présenté par les partisans de la monnaie unique : la concurrence est améliorée et donc les consommateurs sont mieux servis

Hélas, la réduction de la concurrence se confirme par le renfort des cartels (dont celui de la Banque comme l'illustre l'annexe 1 "selon Le Monde du 21 septembre 2010 sur le cartel / entente bancaire" en fin de l'ouvrage.

Ni équilibre ni croissance : "le traité de Maastricht n'a pas amélioré les équilibres budgétaires ni la performance macro-économique des États membres" (p. 88)

Il a facilité l'emprunt à bon marché.

- Mais comment ne pas subir l'intox des défenseurs ultra de l'Euro ?

Ils brandissent la terreur de l'argument de la dévaluation de 20% du franc contre l'Euro qui impliquerait de facto une appréciation de 20% du coût de la dette publique. Ces opposants partent du principe que la dette sera intégralement remboursée ! Mais il suffit de voir la Grèce ! Elle est partie pour abandonner au moins 21% de la dette, voire bien plus...

Faux argument donc.

Affinons : la dette interne en euro (dette détenue par des résidents) : pas d'impact - neutralité car immédiatement convertie en Euro d'où pas de majoration. En France : la dette publique représente 80% du PIB dont 2/3 extérieure soit 53% du PIB. Si dévaluation du franc de 20% => la dette extérieure représentera 64% du PIB ce qui "ne constitue pas un cataclysme économique" p.101-102

Proposer d'abord de dévaluer l'Euro : à parité avec le dollar voire 0,84 pour 1 dollar (son plus bas niveau historique) => meilleure compétitivité par rapport aux États Unis et à la Chine (cf. La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique de Antoine Brunet et Mourir pour le Yuan ? : Comment éviter une guerre mondiale de Jean-Michel Quatrepoint).

Il y a urgence à réagir. Il ne faut effectivement pas attendre que les pays de la zone Sud sortent de l'Euro avant ce mouvement concerté car alors renchérissement de la parité et opération de dévaluation plus lourde (p.121).

"La centralisation [à Bruxelles] dont celle de la monnaie constitue l'avant-garde a dégradé la démocratie."

Terminant son ouvrage sur une tonalité gaullienne que j'apprécie grandement, Jean-Jacques Rosa écrit :

"L'Euro a constitué une parenthèse réactionnaire et anti-démocratique très paradoxale dans une ère de décentralisation organisationnelle et de compétition accrue. Il faut maintenant et impérativement en sortir pour revenir à l'indépendance monétaire et recréer le franc. Lire la suite ›
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5.0 étoiles sur 5 fortement recommandé 31 janvier 2013
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Avec ses collègues Alain Cotta, Gérard Lafay et Jean-Pierre Vesperini, Jean-Jacques Rosa fait partie des opposants historiques de l'euro. Constatant que les faits ont confirmé les critiques qu'il adressait à l'euro, Jean-Jacques Rosa persiste et signe dans son ouvrage « L'euro : comment s'en débarrasser ». Son ouvrage est clair, agréable à lire et fourmille d'excellentes formules. Parmi elles, citons « De panacée dans les discours officiels, l'euro est devenu problème dans la réalité ».
En effet, pour ses partisans, l'euro devait être un bouclier contre les crises économiques et financières. Il devait aussi accélérer la croissance, permettre le respect des grands équilibres budgétaires et éliminer les obstacles aux réformes. On a pu vérifier qu'il n'a apporté aucun de ces bienfaits. En revanche, c'est lui qui a conduit à la crise des dettes souveraines, aux programmes d'austérité et à l'explosion du chômage. L'euro devait également conduire obligatoirement à la convergence.
Rosa montre très bien que, contrairement à ce que croyaient les partisans de l'euro, l'intensification des échanges, qui devait résulter de l'euro, et qui ne s'est d'ailleurs pas véritablement produite, n'est pas parvenue à homogénéiser les différents pays de l'Euroland. Ces pays sont restés hétérogènes et de ce fait la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale.
Qu'à cela ne tienne, répondent les partisans de l'euro. Pour faire tenir cet ensemble disparate, il nous faut un budget fédéral. Espérant bien que le budget fédéral conduira lui-même inévitablement à un Etat fédéral. L'euro était donc cela : le moyen de forcer les peuples à accepter un Etat fédéral.
Mais Rosa montre très bien que de même que l'euro est un échec parce que l'Euroland n'est pas une zone monétaire optimale, de même un Etat fédéral européen serait un échec parce que cet Etat ne serait pas une « zone étatique optimale ». Rosa a raison de rappeler la divergence des politiques diplomatiques des différents pays européens, comme on l'a vu par exemple lors de la guerre du Golfe.
L'originalité et l'intérêt du livre de Rosa est de ne pas partir de présupposés politiques, mais de placer la question de l'euro sous le double éclairage de la théorie économique et de la théorie de l'information.
Il montre ainsi que l'euro est destiné a servir les intérêts d'un cartel constitué par les emprunteurs structurels que sont les États, les grandes entreprises multinationales et les grandes banques, qui désirent maintenir le prix de l'argent aussi bas que possible par le biais du contrôle de l'émission monétaire de la BCE, mais aussi par le biais de la limitation des émissions d'obligations souveraines. D'où l'arsenal du pacte de stabilité, puis du traité budgétaire avec les plans d'austérité qui les accompagnent.
L'ouvrage de Rosa montre également que la révolution de l'information rend obsolète la recherche de la centralisation par le biais de la constitution de grands ensembles comme une Union monétaire ou une Europe fédérale et qu'elle doit conduire au contraire à un mouvement de décentralisation qui demande plus d'information que la centralisation.
Rosa conclut son ouvrage en se demandant : « Comment tout cela va-t-il finir ? ». Il répond : « Mal pour l'euro, mais bien pour les économies des États membres ». Les inconvénients, les défauts de l'euro sont tels que l'on n'a pas de mal à penser comme l'auteur que, quoiqu'il arrive, l'euro ne restera pas dans la configuration qu'il a aujourd'hui. On n'a pas de mal non plus à penser comme lui que le fait, pour les États membres, de se débarrasser du carcan de l'euro et de retrouver leur souveraineté monétaire ne peut qu'améliorer leur situation.
En revanche, on peut sans doute reprocher à Jean-Jacques Rosa de sous-estimer un peu les difficultés que rencontreront les États membres lors de la fin de l'euro et le retour aux monnaies nationales. C'est bien d'ailleurs la peur de ces difficultés, beaucoup plus que ses soit - disants bienfaits, qui est aujourd'hui le véritable ciment de l'euro. Le retour aux monnaies nationales s'accompagnerait inévitablement dans un premier temps d'une hausse de la dette, à moins que l'euro ne disparaisse totalement, ce que l'auteur a l'honnêteté de reconnaître. Cela étant, Rosa fait remarquer, ce qui est rarement souligné, que la hausse de la dette sera d'autant plus faible que l'euro aura fortement baissé au préalable.

Jean DAVOULT
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