Qui a parlé d'un au-delà unique, le même pour tous, avec un clivage Paradis/Purgatoire/Enfer qui induit une orientation systématique des âmes après la mort ? Pensiez-vous réellement que les choses puissent être aussi simples, caricaturales ? Bien sûr, l'au-delà est multiple, extrêmement complexe, composé d'une infinité de mondes. Le narrateur en a visité quelques-uns et nous fait part de ses explorations, probablement par le biais de l'écriture automatique, mais cela reste flou. Il partage avec nous l'enseignement qu'il a reçu d'autres esprits lors de ses "voyages".
Qui est ce narrateur ? Probablement Francezzo Farnese, un aristocrate italien ayant tout aussi probablement vécu au XIXe S. Qui est le transcripteur ? Un ou une A. Farnese. De toute façon, les seuls noms cités ont été changés.
La narration commence à la mort de Farnese. Tout d'abord enchaîné au plan terrestre à cause de son existence matérialiste et égocentrique, mais bientôt porté par l'amour de sa bien-aimée encore incarnée (= vivante) sur Terre qui lui reste purement fidèle et aimante, il va progresser dans divers univers proches du plan terrestre. Lorsqu'une « promotion » évolutionniste le mènera au magnifique « Pays de l'Aube », il sera envoyé en mission des les sphères infernales afin d'y aider des âmes prêtes à progresser. Comme dans « Le Livre mystérieux de l'Au-delà » (Johannes Greber, éditions Le jardin des livres), il est dit que Dieu, dans sa Bonté et son Amour pour nous, ne saurait laisser éternellement ses enfants subir les tourments de l'enfer. Ceux-ci, même si nous ne le comprenons pas, sont ajustés à chaque cas particulier et nécessaires pour la progression des âmes qui les subissent.
Au cours de ses explorations et missions, Farnese reçoit l'enseignement de divers esprits. On lui apprend par exemple que, hors des sphères célestes, inaccessibles (pour le moment) aux âmes comme la sienne et la nôtre, il existe plusieurs « écoles » pour nous apprendre à évoluer. Les enseignements de ces écoles, forcément imparfaits, peuvent différer les uns des autres. Mais tous ont la même finalité : la purification, la progression, l'élévation des âmes vers les sphères célestes, les rapprochant de Dieu (qui, Lui, est étonnamment absent de ce récit). Ces courants de pensée ont sur Terre des « correspondants » : on pense aux diverses religions ou autres courants de pensée spirituels dont les enseignements se rejoignent malgré leurs divergences, qui sont comme différents chemins qui mènent au même sommet d'une montagne.
Ce récit module les idées reçues : sur la réincarnation par exemple. Comme dans les « lettres de Pierre » (Lettres de Pierre, Pierre Monier, aux éditions Fernand Lanore), il est dit qu'elle existe, dans certains cas auxquels elle est adaptée, mais qu'elle n'est pas une règle générale comme l'imaginent certains quand on leur parle de ce phénomène : certains progressent dans l'au-delà. Pour d'autres, revenir sur Terre est le meilleur moyen de progresser. Tout dépend de « l'école de pensée » à laquelle ils appartiennent. Nous avons tous, inné et ancré en nous, le désir de progresser et de nous rapprocher de Dieu.
Par contre, malgré la promesse de la couverture, il n'est jamais question de tunnel, ni d'être de lumière comme dans les témoignages de NDE.
Nouveauté (par rapport à mes autres lectures) : on mange et on dort dans l'Au-delà. La nourriture n'a pas la consistance de nos nourritures terrestres, mais les fruits comme les mets semblent revigorants et d'une saveur dont la subtilité n'a pas d'égale sur Terre. Va-t-on aux cabinets ?? Ce n'est pas dit.
Ce récit nous soumet une description de l'au-delà, qui m'a parue des plus plausibles, comparée à d'autres lectures sur le sujet. Cependant, je reste toujours sur ma faim car nombreuses sont les questions que je me pose auxquelles ce livre n'apporte pas de réponse. Mais quel livre le pourrait ?
Note : les éditions « Le jardin des Livres » sont encore passées à côté de quelques fautes de grammaire, bien moins nombreuses cependant que dans le livre que j'avais lu précédemment. Bizarre tout de même quand l'un des co-auteurs-traducteurs est un professeur agrégé de lettres.
Un passage parmi mes préférés, pour vous donner un avant-goût de lecture :
« Toute âme possède des esprits protecteurs : depuis les sphères célestes, ceux-ci supervisent le bien-être de l'âme et l'éduquent selon les moyens qui, dans leur sagesse, leur semblent être les meilleurs. Ces gardiens spirituels ou, comme certains les appellent, ces « Anges gardiens », agissent selon des méthodes qui diffèrent les unes des autres. On m'a dit que rien n'est identique nulle part ; il n'existe pas, dans l'absolu, de voie unique que devraient emprunter tous les êtres. Chaque école spirituelle possède un équivalent terrestre qui n'est que le pâle et imparfait reflet de ce qui existe au Ciel. Ce n'est que dans les sphères célestes que se trouve le système parfait. Il est doté des meilleurs enseignants et dispense à la Terre des doctrines qui sont transmises grâce aux esprits des sphères intermédiaires. Toutes les écoles poursuivent des objectifs identiques mais ce sont les chemins empruntés par l'âme dans son pèlerinage pour y parvenir qui diffèrent de l'une à l'autre. Les Anges Gardiens, eux, veillent sur le germe de l'âme durant toute son enfance et sa jeunesse pour ainsi dire. » Car nos âmes en sont encore au stade infantile ou adolescent (note personnelle).