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Au début de ce roman, une gentille petite satire du monde des profs et de la province. Pierre Hoffman débarque dans la classe des 4e F pour effectuer un remplacement. Son collègue absent s'est jeté par la fenêtre. Suicide. État dépressif, plus solitude, le gars était au bout du rouleau. Il paraît que ça arrive souvent à l'Éducation nationale. Tout le monde fait comme si de rien n'était. On sauve les apparences. Et même si Pierre est prof de lettres, quand son collègue était prof d'histoire, ce n'est pas si grave, déclare le proviseur. L'important, c'est de finir l'année. Et Pierre Hoffman de reprendre en main ces élèves un peu inertes et dociles pour la fin d'année… L'occasion pour Christophe Dufossé de nous livrer de très belles pages consacrées à cette normalité inquiétante propre aux adolescents. Anges ou démons ? Ils ont des jeux pervers, cultivent un goût raffiné de la cruauté, une fascination pour la mort, pratiquent le chantage et la scarification et restent toutefois charmants. L'auteur tient son texte et son lecteur. Bonne surprise pour ce premier roman qui emprunte habilement des éléments de "scénarisation" au genre fantastique. On se retrouve quelque part entre Lynch et Stephen King, mais version française, c'est-à-dire entre Châteauroux et Orléans. Et il s'y passe décidément des choses étranges.
--Denis Gombert
--Ce texte fait référence à l’édition
Broché
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Présentation de l'éditeur
Au collège de Clerval, près d'Orléans, Eric Capadis, jeune professeur d'histoire géographie, vient de se suicider en se jetant par la fenêtre de sa classe. Il est aussitôt remplacé par un autre enseignant du même établissement, Pierre Hoffmann, qui raconte l'histoire. D'abord par dévouement, puis mû par une obscure intuition, Pierre Hoffmann s'intéresse à l'entourage de Capadis, à ses parents, à ses proches. Et lorsqu'il prend contact avec sa nouvelle classe, à première vue banale, il ne tarde pas à y déceler des comportements étranges. Anormalement disciplinés, soudés, légèrement apathiques, ces préadolescents forment un bloc impénétrable. Surtout, ils dégagent une hostilité indéfinissable, une violence sourde dont le narrateur sent qu'elle peut devenir extrême.
Quelques blagues d'enfants attardés : c'est ce que pense d'abord Pierre Hoffmann, lorsqu'il reçoit par la poste un curieux objet en peluche, lorsqu'il retrouve balafrée au cutter une jeune élève qui l'avait simplement " mis en garde ", ou lorsque après avoir surpris leur rituel, il récupère une cassette vidéo à l'énigmatique contenu.
Mais le collège tout entier semble conspirer pour " normaliser " la situation. Dans d'interminables conseils de classe où s'enlisent les querelles internes. Dans d'éprouvants dîners de profs, où le narrateur sent plus qu'ailleurs le poids de sa solitude. Lucide et paralysé, Pierre Hoffmann prend lentement la mesure de l'ascendant des enfants dans cette déliquescence scolaire, de leur savoir-faire manipulateur.
Et tandis que tout s'accélère, Hoffmann assiste impuissant au déroulement du plan diabolique qu'ils ont conçu. Comme une issue logique à leur destinée autiste. Comme une impeccable mise en scène pour leur adieu au monde.
Au croisement de
La Classe de neige d'Emmanuel Carrère et de
Beaux lendemains de Russel Banks, ce premier roman écrit au scalpel plonge dans les eaux troubles du monde de l'enfance avec la tension d'une narration implacable.
--Ce texte fait référence à l’édition
Broché
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