Cette histoire m'a fait penser aux paroles de la chanson de Maxime Le Forestier "Je suis né quelque part". C'est vrai, on ne choisit pas ses parents, sa famille. Cependant, la famille de Bone bien que faisant partie des deshérités de ce monde, est malgré tout une famille aimante. J'ai ressenti cet amour des uns envers les autres tout au long de ma lecture. L'amour est toujours bel et bien présent, exprimé. Sauf de la part du beau-père de Bone, un satellite qui ne fera jamais vraiment parti de cette famille, un être en quête d'amour, mais destructeur, manquant totalement de confiance en lui. D'ailleurs, aussi curieux que cela puisse paraître, j'ai trouvé au début du roman, une paix, une sérénité, une joie authentiques, malgé les déboires, qui disparaissent progressivement au fur et à mesure que Bone grandit. Le ciel bleu -presque- sans nuage se transforme progressivement en un ciel d'orage jusqu'à ce que la tempête fasse rage se déchaîne sur cette enfant, jusqu'au dénouement odieux. J'ai été épatée par la maturité de la mère de Bone...elle devient maman si jeune, elle-même une enfant, mais a tant de force et de courage pour son enfant. Pourtant elle sera littérallement écartelée entre l'amour pour son conjoint et l'amour pour sa fille. Cette maturité on la retrouve chez Bone ensuite. Les difficultés et la pauvreté font manifestement grandir bien plus vite. Je devais régulièrement me remettre en tête que la mère de Bone n'avait pas 35 ou 40 ans mais tout au plus 24 ou 25 ans à certains moments de l'histoire et de la même manière me rappeler que Bone n'avait que 10 ans là où je lui en donnais 16 ou 17. C'est dur et âpre. On ne tombe pas dans le larmoyant. C'est comme ça, tout le monde n'a pas les mêmes chances au départ, tout le monde n'a pas une fée généreuse se penchant sur son berceau à la naissance loin de là. Mais quand bien même l'enfance est brûlée, une force inattendue peut jaillir des cendres. C'est exactement ce que j'ai ressenti, un grand courant d'espoir dans tout ce gâchis, avec toujours l'amour en toile de fond.