Bon, je ne vais pas vous présenter Melody Nelson. Ca a déjà été fait au moins 100 000 fois, et soyons clair, il est bien évident que tout le monde ici a eu, a ou aura ce disque. Sinon, il faut l'acheter de toute urgence. Ceci étant dit, on peut discuter de cette réédition. Et d'abord, à quoi ressemble t-elle ? Hein ? A un digipack, en 4 volets, avec 2 CDs, 1 DVD, et un livret.
Le premier CD est l'album original. Total : 28 minutes. A l'époque, on savait faire court. En tout cas, Gainsbourg, qui était perfectionniste jusqu'à l'obsession n'a pas laissé passer une minute superflue. Parfait.
Le deuxième CD est présenté comme l'intégralité des prises alternatives. Je n'ai évidemment jamais eu accès aux archives de Philips, mais ce CD ressemble plutôt à un montage, assez bien foutu, de versions instrumentales ou complètes (sans les fade-out) et de vocaux alternatifs, avec quelques commentaires très courts de Serge capturés en studio. Et puis il y a l'inédit, Melody Lit Babar, assez décalé par rapport au reste de l'album, ce qui explique son absence au final cut. C'est aussi le seul rescapé du concept original de Melody, qui devait être une succession de scénettes façon Martine ou Bécassine. Donc l'intégrale, pas sûr, plutôt Melody Nelson revisited. Total : 34 minutes. Soit 6 minutes de rab, ce qui quand on parle de Gainsbourg, égale 6 minutes de magie.
Et le DVD ? C'est le point faible. Jean-Christophe Averty avait tourné (en couleur) une version de Melody pour l'ORTF. Et ben patatras, elle n'y est pas ! Pourquoi ? Mystère. A la place, un docu de 40 minutes avec interviews de Jean-Claude Vannier, Jane, Andrew Birkin, etc... Sympa, mais pas essentiel. C'est le genre de truc qu'on regarde une fois et basta. Sur le même DVD, une version 5.1 de l'album original pour ceux qui sont équipés en home cinéma, ce qui n'est pas mon cas, j'avoue.
Reste le livret, bilingue, en version française et english. Graphiquement, un peu triste, disons austère, avec une longue enquête à la Rouletabille pour savoir enfin qui diable joue sur le disque. Car curieusement, l'identité des musiciens fabuleux de Melody n'est pas claire. Le livret oublie d'ailleurs de créditer Jean-Luc Ponty au violon électrique, pourtant cité dans le DVD. Un listing complet des crédits (studios, dates d'enregistrements, musiciens, arrangeurs, références originales des pressages, etc) aurait aussi été bienvenu en dernière page. L'iconographie est assez faiblarde : quelques photos en noir & blanc, pas de manuscrits originaux, pas de pochettes de 45t, bref, pas de Melody memorabilia. Pour ça, il faut acheter le coffret deluxe, version XXL, plus tout à fait dans la même gamme de prix.
Au finish, une retraversée de Melody Nelson intéressante, en tout cas indispensable aux fans, malgré ses absences, et un joli cadeau, trouvé à Noël au pied du sapin.