Une très bonne idée de départ que de vouloir rétablir des vérités historiques, même si les conclusions de l'auteur doivent aller à l'encontre de l'histoire dite « officielle ». Dommage qu'il aille trop vit en besogne ! Que la célèbre Alésia, théâtre de la défaite de Vercingétorix devant César, ne se trouve pas à Alise-Sainte-Reine, c'est plus que plausible, mais qu'elle se trouve dans le Jura à Chaux-des-Crotenay, c'est faire peu de cas du travail en général éminemment sérieux des archéologues, qui depuis longtemps jugent cette hypothèse fantaisiste. En revanche, la thèse de Bernard Fèvre à Guillon, à laquelle la science ne s'est malheureusement pas intéressée jusqu'à présent, est totalement passée sous silence par Franck Ferrand, alors que tous ceux qui connaissent le site s'accordent à dire que tout là-bas correspond aux descriptions de César ! Comment expliquer cet « oubli » de Ferrand autrement que par un besoin de privilégier le sensationnel au travail de fond indispensable lorsqu'on entend rétablir une vérité historique ? Je donne trois étoiles pour le courage de l'auteur à vouloir bousculer un ordre qui s'est peut-être trop rapidement établi, mais sur Alésia l'enquête de fond n'a manifestement pas été effectuée avec tout le sérieux nécessaire.
Sylvain Tristan, auteur des « Lignes d'or » (Alphée 2005).