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L'Holocauste comme culture : Discours et essais [Broché]

Imre Kertész , Péter Nadas , Natalia Zaremba-Huzsvai , Charles Zaremba
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
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Description de l'ouvrage

30 mars 2009 ESSAIS LITTERAI
L'HOLOCAUSTE COMME CULTURE

"Auschwitz ne s'explique pas par la conception vulgaire, archaïque, j'allais dire classique, de l'antisémitisme - voilà ce que nous devons comprendre précisément. Il n'y a là aucun lien organique. Notre époque n'est pas celle de l'antisémitisme, mais celle d'Auschwitz. L'antisémite de notre époque ne se défie pas des juifs, il veut Auschwitz. Au procès de Jérusalem, Eichmann affirmait n'avoir jamais été antisémite et, bien que la salle ait alors éclaté de rire, je ne trouve pas impossible qu'il ait dit vrai. En définitive, pour assassiner des millions de juifs, l'Etat totalitaire avait plus besoin de bons organisateurs que d'antisémites. Nous devons nous dire clairement qu'aucun totalitarisme de parti ou d'Etat n'est possible sans discrimination, or la forme totalitaire de la discrimination est nécessairement le massacre, la tuerie de masse."

IMRE KERTÉSZ

Hongrois né dans une famille juive, Imre Kertész est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de quinze ans. Libéré en 1945, il travaille à Budapest à partir de 1948 pour le quotidien Világosság, puis il est licencié en 1951, quand le journal est proclamé organe du parti communiste. Après la barbarie nazie, il affronte le communisme totalitaire. Ecrivain de l'ombre pendant quarante ans, il a reçu le prix Nobel de littérature en 2002 pour l'ensemble de son oeuvre, et ses romans, récits, essais et discours sont aujourd'hui lus à travers le monde.
Son oeuvre est entièrement éditée par Actes Sud : Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas (1995 et Babel n° 609), Etre sans destin (1998), adapté au cinéma en 2005 (le livre du film est également publié chez Actes Sud), Un autre (1999 et Babel n° 861), Le Refus (2001 et Babel n° 763), Le Chercheur de traces (2003), Liquidation (2004 et Babel n° 707), Le Drapeau anglais (2005), Roman policier (2006 et Babel n° 918) et Dossier K., paru en 2008.

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Descriptions du produit

Revue de presse

Réunissant des conférences que Kertész a prononcées en diverses occasions depuis vingt ans, L'Holocauste comme culture, enrichi depuis l'édition hongroise, n'a pas seulement pour mérite de déplacer le regard porté sur l'auteur d'Être sans destin. Pratiquant une forme de «journalisme transcendantal», le prix Nobel de littérature interroge dans ce recueil «l'expérience fragile de l'individu face à l'arbitraire barbare de l'histoire». Ces textes sont d'abord l'occasion d'affiner notre compréhension de son oeuvre. Au fil de ces interventions, cette grande conscience européenne, dans sa pérégrination vers «l'inapprochable», manifeste son souci de compléter l'imagination du romancier par la clairvoyance de l'intellectuel...
Dans L'Holocauste comme culture, l'écrivain manifeste plus largement son inquiétude face à l'émergence d'un climat inédit, animé d'empathie trouble pour les bourreaux, mais surtout marqué d'une certitude aussi dangereuse qu'erronée selon lui : la réitération d'une catastrophe comparable à celle du IIIe Reich serait désormais inenvisageable. (Alexis Lacroix - Le Magazine Littéraire, avril 2009 )

Ce recueil des discours et essais de l'écrivain hongrois, prix Nobel de littérature en 2002, éclaire son oeuvre de fiction et sa pensée sur le monde contemporain...
La conviction qu'il défend dans cette notion d'«holocauste comme culture», c'est qu'Auschwitz est une expérience universelle, dont l'ombre «recouvre toute la civilisation dans laquelle il a eu lieu» et en cela «a créé une culture», qu'il est un événement qui ne concerne pas seulement les juifs et les Allemands, mais aussi les survivants, leurs descendants et tout le reste de l'humanité. L'ensemble de son travail d'écrivain a tourné autour de cela : comprendre non Auschwitz, mais le monde qui a engendré Auschwitz. Ce recueil offre un regard différent, plus direct et explicite que celui, tout aussi édifiant, livré dans ses romans, notamment le célèbre Être sans destin, où il retraçait le parcours d'un jeune juif hongrois déporté à l'âge de 15 ans. Chacun des textes ici rapportés dévoile la pensée d'un homme profondément européen qui s'interroge sur l'avenir de l'Europe. Si elles tournent bien évidemment autour de la Shoah (qui selon lui diffuse en tout), ses réflexions vont au-delà, dans leurs aspects autobiographiques, mais aussi philosophiques et métaphysiques, qui constituent le travail littéraire, voire linguistique, de Kertész. (Sabine Audrerie - La Croix du 8 avril 2009 )

Ce recueil de discours, conférences et textes écrits entre la chute du mur de Berlin et 2003, reprend l'intitulé d'une conférence donnée par Imre Kertesz à l'université de Vienne en 1992, "L'Holocauste comme culture". Cette formulation surprenante vise à prendre la mesure d'un phénomène qui a mûri dans les années 1990 : la banalisation de la Shoah. Alors même que l'on parle de plus en plus de l'Holocauste, la réalité de celui-ci, le quotidien de l'extermination, échappe de plus en plus au domaine des choses imaginables...
Kertesz défend une culture de l'Holocauste, détaillée dans des textes consacrés à des thèmes aussi divers que le totalitarisme communiste, la république de Weimar, les intellectuels hongrois, ou Jérusalem, ce dernier article se révélant l'un des plus décisifs du recueil, l'auteur y définissant avec subtilité et pertinence sa spécificité d'écrivain juif. (Samuel Blumenfeld - Le Monde du 19 juin 2009 )

Biographie de l'auteur

Hongrois né dans une famille juive, Imre Kertész est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de quinze ans. Libéré en 1945, il travaille à Budapest à partir de 1948 pour le quotidien Vilagossag, puis il est licencié en 1951, quand le journal est proclamé organe du parti communiste. Après la barbarie nazie, il affronte le communisme totalitaire. Ecrivain de l'ombre pendant quarante ans, il a reçu le prix Nobel de littérature en 2002 l'ensemble de son œuvre, et ses romans, récits, essais et discours sont aujourd'hui lus à travers le monde. Son œuvre est entièrement éditée par Actes Sud: Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas (1995 et Babel n°609), Etre sans destin (1998), adapté au cinéma en 2005 (le livre du film est également publié chez Actes Sud). Un autre (1999 et Babel n°861). Le Refus (2001 et Babel n° 763), Le Chercheur de traces (2003), Liquidation (2004 et Babel n° 707), Le Drapeau anglais (2005), Roman policier (2006 et Babel n°918) et Dossier K., paru en 2008.

Détails sur le produit

  • Broché: 276 pages
  • Editeur : Actes Sud (30 mars 2009)
  • Collection : ESSAIS LITTERAI
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742782311
  • ISBN-13: 978-2742782314
  • Dimensions du produit: 21,6 x 11,6 x 2,4 cm
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5.0 étoiles sur 5 La vie ou la mort 29 octobre 2012
Par Luc REYNAERT TOP 100 COMMENTATEURS
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Dans ce recueil de discours et d'essais, Imre Kertész pose l'ultime question: masse ou individu, société fermée ou démocratie ouverte, totalitarisme ou liberté - en fin de compte : la vie ou la mort ?
Ses discours et essais couvrent des sujets aussi importants que l'holocauste, la moralité, le totalitarisme, le rôle de l'intelligentsia et de l'art, sa vision sur le monde ainsi que des réflexions sur sa vie dans deux systèmes totalitaires.

L'holocauste, la morale
Pour I. Kertész, l'holocauste est une expérience universelle. Auschwitz a démontré que nous devons modifier radicalement notre vision de l'homme. Moralement, toutes les valeurs s'inclinent devant la survie. Seul le savoir peut élever l'homme au-dessus de l'histoire ; le savoir est le seul bien.

Le totalitarisme
Imre Kertesz ne peut que constater que les résultats des deux systèmes totalitaires (le nazisme et le bolchevisme) sont identiques : la terreur, les camps, le génocide, l'asphyxie totale de toute vie économique, intellectuelle, spirituelle et morale, l'écrasement de l'individu, qui est purement et simplement mis hors la loi. Aucun totalitarisme de parti ou d'Etat n'est possible sans discrimination ; or, la forme totalitaire de la discrimination est nécessairement le massacre, la tuerie de masse. L'éducation politique qu'elle propage se limite à une dissémination de haine et de mensonges.

L'intelligentsia, l'idéologie
Les crimes historiques de ce siècle ont été causés en grande partie par des abstractions (qui ne tiennent pas compte de l'expérience). L'intellectuel théorique `est gêné par l'expérience, parce qu'elle dresse constamment des obstacles inattendus à la réalisation de ses grands desseins. Le moyen le plus utilisé pour éradiquer l'esprit démoniaque de l'expérience, c'est l'idéologie.'
Imre Kertesz constate que, notamment dans son pays, l'intelligentsia a joué un rôle capital, mais contradictoire, dans les changements de régime. `Il n'est pas rare qu'un intellectuel de ma génération ait tenu les deux rôles opposés au cours de sa vie : il a tout fait pour bâtir un système qu'il a éminemment contribué à détruire plus tard.'

L'art
Imre Kertész remarque que le totalitarisme n'a jamais produit ni inspiré des oeuvres d'art significatives et authentiques. Pour lui, `le devoir de l'art est d'opposer le langage humain à l'idéologie.'
Quant à son oeuvre, `le processus obligatoire et humiliant de la survie est le thème de tous mes livres'. Pour qui l'écrivain écrit ? Pour lui-même.

Sa vie, le monde actuel
Les expériences qui ont formé la personnalité d'Imre Kertész `sont marquées du sceau de l'histoire ; or, le trait le plus caractéristique de l'histoire du XXe siècle est justement de balayer la personne et la personnalité. Ce siècle est celui de l'irrationalité. J'étais prisonnier dans une nation qui l'était aussi.'
Mais, qu'est ce qui le maintient en vie ? L'amour.

Même après la chute du Mur de Berlin il reste un réaliste, plutôt pessimiste : `les moyens et méthodes de manipulation des masses semblent balayer ce qui reste de libertés individuelles.' La bataille pour la liberté n'est pas finie : dans ce monde, `l'Etat est un pouvoir qui reste avant tout et par-dessous tout un pouvoir que nous devons dégrossir, maitriser, contrôler et toujours empêcher de devenir un pouvoir d'Etat totalitaire.'

Les textes d'Imre Kertész constituent un témoignage unique et une analyse approfondie du cancer politique du XXe siècle : le système totalitaire. Ils constituent un appel sans équivoque pour la prépondérance de l'individu et pour que l'individu puisse vivre en liberté d'une manière authentique : `soi toi-même.'
Lecture hautement recommandée.
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