Télérama
Novick déroule ainsi une passionnante analyse de la conscience américaine depuis les années 50. Les débats de la Shoah occupe une place centrale dans la culture d'outre-Atlantique. Pour Novick, l'Holocauste fut non pas refoulé, mais rangé parmi les tragédies de l'Histoire y compris par la communauté juive, soucieuse d'intégration. La guerre froide conforta cette situation. Le tournant s'effectue en 1967, avec la guerre des Six-Jours, puis celle du Kippour en 1973. Le discours sur l'Holocauste se développe. Et s'institutionnalise. Les victoires de Tsahal permettent d'en finir avec l'image du juif « éternelle victime ». L'Holocauste devient un argument de soutien à Israël. Et un instrument de lutte contre l'effritement d'une identité juive menacée par les mariages mixtes et l'ignorance des traditions... --Gilles Heuré
Présentation de l'éditeur
Les Etats-Unis n'ont pas eu de responsabilité directe dans l'extermination des juifs d'Europe. Pourtant, l'Holocauste, devenu pour nous la Shoah, a conquis outre-Atlantique, depuis le début des années soixante-dix, une place sans cesse croissante et désormais centrale pour la conscience américaine tout entière. Cette omniprésence est-elle souhaitable, est-elle durable ? C'est la question, politiquement peu correcte, qui a inspiré Peter Novick - historien à Chicago, juif lui-même et acteur apprécié du livre classique sur l'épuration en France à la Libération - dans cette enquête sur l'américanisation de l'Holocauste.