Sans être un spécialiste du western, Edward Dmytryck nous offre néanmoins avec"L'homme aux colts d'or" un très grand film, servi en plus par quatre super-stars hollywoodiennes: Henry Fonda, Richard Widmark, Anthony Quinn et Dorothy Malone. Le sujet est particulièrement intéressant puisqu'il nous conte comment l'on faisait régner l'ordre dans les petites villes des territoires de l'ouest avant que ceux-ci n'adhèrent à l'Union pour devenir des états.
La ville de Warlock qui donne son nom au titre original se trouve justement en Arizona, un territoire qui n'entrera dans l'Union qu'en 1912. A Warlock, c'est la loi du plus fort qui prime, et la bande de cow-boys de McQuown l'a bien compris et fait régner la terreur en ville, assassinant les marshalls ou les contraignants à fuir.
C'est dans ce climat que les citoyens décident d'engager une sorte de régulateur, Clay Blaisdell(Henry Fonda). Ce dernier accompagné de son second Tom Morgan(Anthony Quinn) met les choses au point dès son arrivée: en un mot , tous ceux qui troubleront l'ordre seront abattu par lui sans aucune autre forme de procès. Quelques cow-boys tentent de le tester mais sont vite calmés par sa rapidité.
L'un des cow-boys, Johnny Gannon(Richard Widmark) commence à s'éloigner de son clan pris de remords après un massacre. Celui-ci accepte la place de marshall et devra faire tampon entre Blaisdell et les cow-boys. Mais certains d'entre eux voudront affronter le redoutable "gunfighter" et la poudre parlera.
Finalement c'est Gannon, aidé par l'un de ses anciens coéquipiers qui viendra à bout du gang, laissant Tom Morgan sur sa faim. Il aurait voulu que son complice règle cette affaire et en ressorte auréolé, mais Blaisdell veut tourner la page de sa carrière et envisage un mariage. Morgan n'accepte pas et s'étant saoûlé s'en prend aux citoyens pour attirer Blaisdell. Celui-ci tente de le raisonner mais Morgan dégaine et oblige Blaisdell à l'abattre. Blaisdell jusque là froid et flegmatique, craque, insultant l'assemblée et mettant le feu au saloon.
Le scénariste a paraît-il sous-entendu une relation homosexuelle entre Morgan et Blaisdell(je verrai plutôt un amour platonique), ce qui peut expliquer le comportement de ce dernier. Le marshall Gannon l'ayant sommé de partir, il s'en ira après avoir une dernière fois dégainé ses colts à crosses d'or...pour les jeter dans la poussière.
Western psychologique, "Warlock" bénéficie d'une mise en scène efficace, mêlant suspense avec des moments de tension très forts et séquences plus intimistes ou Blaisdell et Gannon se laissent séduire par les belles Dorothy Malone et Dolorès Michaels.
Un western digne du style de Sturges, indispensable aux amateurs du genre.