Si le film de Serge Korber n'est pas exactement un des sommets du cinéma français, ni même de la carrière de Louis de Funès, la bande-son qui l'illustre (ô combien vu le thème musical et dansant du quasi-nanar), signée du regretté François de Roubaix, est de ces délicieuses sucreries auxquelles il est impossible de ne pas goûter.
Il y ici a toute la fantaisie, l'invention et l'expertise du compositeur/arrangeur qui, bien loin de ses expérimentations électroniques, apparait également à son aise. Assimilant pour l'occasion lounge, jazz, pop, psyché, musique orchestrale et de chambre dans son score, de Roubaix propose d'accrocheuses et guillerettes petites vignettes où il décline ses mélodies avec une audible et ludique effervescence créatrice. Typiquement de son époque - fin des années 60, début des années 70 - il y a un évident charme rétro dans le kitsch de cette presque parfaite soundtrack où, seul bémol, on notera les performances vocales anecdotiques des de Funès père et fils (heureusement peu présents) mais, bon, c'est bien pour trouver un (petit) défaut à cet upbeat et divertissant bouquet de pur fun.
Léger comme une bulle de savon, bondissant comme le Marsupilami, sucré comme les bonbons gélatineux de notre enfance et qui plus est bonussé de quelques savoureuses alternate-takes dans la présente édition, l'Homme Orchestre est de ces invitations à un plaisir simple et immédiat qu'on ne doit simplement pas se refuser.