Un succès absolument colossal à sa sortie, comme rare en connait un acteur. Tout le reste de sa carrière Alan Ladd rêvera d'en connaître un autre. Mais il ne faut pas trop rêver.
"L'homme des vallées perdues", et c'est une certitude, est et demeurera l'un des meilleurs western du cinéma (sans nul doute des 10 meilleurs). Avec un style nouveau pour l'époque : l'aspect réalisme est de mise. Pas de ville vivante avec sa rue principale "proprette". Ici la ville est petite (très petite), et sa rue tout à fait boueuse. Avant Leone, Stevens avait tenté une certaine révolution dans le western. Et la violence est aussi de mise. Bref un chamboulement dans la vision hollywwodienne du western.
Ne parlons pas de l'affiche (Ladd, Heflin, Arthur, Palance, Elisha Jr Cook...), elle se passe de commentaire. Ni des interprétations (Jack Palance, aussi noir que démoniaque et dont la froideur et la cruauté rend le film lui même cruel), mais arrêtons nous sur une simple scène :
le duel final entre Ladd et Palance, point d'orgue du film, et qui reste l'un des duel les plus intemporel du cinéma (comme le film) avec une tension rarissime. Les paysages sont superbes et, tout comme "Il était une fois dans l'Ouest" quelques années plus tard, "L'homme des vallées perdues" raconte une autre histoire non dite, celle des anciens cow-boys qui assistent sans parvenir à la stopper à la fin d'un monde, LEUR monde, celui des grands espaces libres avec l'arrivée du chemin de fer dans "Il était une fois..." et celle des fermiers ici, avec leur division de la terre en parcelles. "L'homme des vallées perdues", un film peut-être pas si connu que ça, mais qui a tellement influencé, le cinéma et la bande dessiné, durant des décennies.
Un western crépusculaire récompensé par 6 nominations aux oscars.