Ces nouvelles sont des révisions de textes d'écrivains amateurs que Lovecraft effectuait moyennant finances. Si elles portent toutes à un degré plus ou moins marqué la touche lovecraftienne, elles sont presque toutes oubliables. Je ne retiendrai réellement que "l'homme de pierre", doté d'un bon suspense et d'une fin baignant dans une ambiance de terreur convaincante lorsque la hideuse métamorphose de cette femme enfermée dans le grenier par son mari vindicatif nous est dépeinte en quelques touches suggestives.
"La mort ailée" est distrayante mais gâchée par une intrigue cousue de fil blanc et l'erreur d'avoir commencé par la description de la scène finale qui, visant à piquer notre curiosité, nous en dit cependant beaucoup trop sur un dénouement par ailleurs hautement grotesque. "Surgi du fond des siècles" arrive aussi à distraire mais la fin est d'une invraisemblance encore plus extrême que dans "La mort ailée". Les autres nouvelles sont insignifiantes(comme les deux récits de rêves ou "le mangeur de spectres"), mélodramatiques ou grand-guignolesques(par exemple, "l'horreur dans le musée")voire confuses("Sourd, muet et aveugle" et "Le journal d'Alonso Typer")et n'ont qu'un intérêt historique pour le fan obsessionnel de Lovecraft (que je suis). A noter enfin l'introduction de Francis Lacassin, très intéressante.