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Commentaires client les plus utiles
25 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
L'amour et sa souffrance,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Idiot (Poche)
Voilà, j'ai terminé L'Idiot de Dostoïevski.J'ai un mal fou à structurer ce que je comprends et la façon dont je vois ce livre. Pour commencer, L'Idiot n'a pas de structure, ou plutôt une structure explosée, un peu comme un peintre qui aurait projeté à l'aide de son pinceau des coups de peintures sur une toile... De fait, L'Idiot a certes un début et une fin, mais il serait très difficile de définir le plan du livre. Même carrément impossible. C'est un roman de la contingence, en ce sens que, au gré de ses rencontres et des évènements qu'il vit, le prince Mychkine donne au récit le visage de ses préoccupations actuelles. En fait, comme dans la vie, on met en sourdine une histoire, un drame, des soucis, et on rencontre d'autres gens, on vit d'autres choses, on croise d'autres personnes, même si le drame n'est jamais très loin. L'Idiot, c'est le prince Mychkine, traité pour ses crises d'idiotisme en Suisse et revenu en Russie pour y chercher son héritage. Le prince Mychkine, c'est pour Dostoïevski le Christ revenu sur terre. A ce titre, les premiers chapitres du livre sont parmi les plus beaux que j'ai eu entre les mains. L'auteur joue d'ailleurs, à travers le livre, avec les motifs du Nouveau Testament, faisant intervenir l'âne de l'étable, Marie Madeleine, Judas, ou encore les enfant du « laissez les enfants venir à moi. » Enfin, il faut bien qu'il y ait une histoire. De loin en loin, la figure de la pécheresse Nastassia (mais l'est-elle réellement ?) structure le récit autour de sa personne, bien qu'elle n'apparaisse pratiquement pas. Plus belle femme de Petersbourg, elle déchire deux hommes : Mychkine et Rogojine, un homme frustre et violent. Fresque sur l'amour, fresque sur la rédemption, l'amour de son prochain, L'Idiot est un roman balzacien, traversé de fulgurances incroyables, de personnages brisés par la vie (d' « humiliés et d'offensés ») et parcouru par une ligne de fuite, un souffle d'épileptique, celui du prince Mychkine, figure christique, incarnation de la gentillesse et de l'amour, perdu dans une Russie qui ne raconte plus que sa souffrance. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"La beauté sauvera le monde." - Retour sur l'orgueil ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Idiot (Poche)
Rapport très net entre L'Idiot et Crime et Chatiment : ces deux romans sont comme deux développements autour de deux aspects opposés d'une idée, l'homme-orgueil théorique et l'homme dénué de tout orgueil. Explorations de deux facettes d'une même attitude.Ecoutons donc le prince Léon Nicolaïevitch Muichkine : "Ne faites pas attention, Elizabeth Prokofievna, ce n'est pas un accès, je vais m'en aller tout de suite. Je sais... que je suis déshérité par la nature. J'ai été malade 24 ans, depuis ma naissance jusqu'à l'âge de 24 ans. Considérez-moi encore comme un malade. Je vais partir, je vais partir tout de suite, soyez-en certaine. Je ne rougis pas, parce qu'il est étrange de rougir de ces choses là, n'est-il pas ? Mais je suis de trop dans une société... Je ne dis pas cela par amour-propre..." Beaucoup d'analyses voient en l'idiot (le prince Muichkine, ou tout simplement "le prince") la figure du Christ. On ne peut presque qu'être sceptique avant de lire l'oeuvre ; on se dit "Encore des commentateurs qui sont payés à la ligne", mais finalement on pense "Oui, ceci est vrai. Absolument vrai.", et c'est peut-être le plus surprenant. Rien que pour ça on pourrait lire le livre. Malgré tout, ce n'est pas sa seule qualité. J'avoue avoir longtemps été presque effrayé par l'épaisseur du livre, j'ai d'ailleurs hésité à l'acheter. N'ayez pas peur de sa taille (plus de 900 pages), on n'en reste pas bloqué. Fortement conseillé pour tous les amateurs de bonne littérature, de démesure russe, du 19ème siècle ou de développements forts et originaux. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Dostoïevski pose la question: trop bon, trop c... ?,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Idiot (Poche)
L'idiot est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de l'aristocratie) avec différentes identités constitutives et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'½il, etc.). Le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits. Le sujet du roman semble être l'effet produit par l'intrusion dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux pour de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie. Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé. Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps. Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" (voir Le dîner de cons) se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation. Mais un roman russe du XIXème ne serait pas un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour à la façon d'Anna Karénine. Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le c½ur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée. C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux. D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui ne veut pourtant pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture.
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