Alaa El Aswany nous ouvre les yeux sur ce qui se passe au Moyen-Orient. Comme cela est stipulé en quatrième de couverture ; « nous comprenons un peu mieux comment va l'Egypte, certes, mais aussi comment va le monde et - peut-être également - pourquoi explosent les bombes... C'est un magnifique roman racontant le quotidien de ces hommes et de ces femmes habitants dans l'un des plus beaux bâtiments de la rue Soliman Pacha au Caire : l'immeuble Yacoubian.
Du rez-de-chaussée à la terrasse, Il y a de la vie, on s'engueule, on s'aime, on se bagarre, on y croise des personnages différents comme Taha, fils du concierge, qui rêve de devenir policier et qui sombrera vite dans le désespoir et la révolte qui le fera prendre part au djihad.
La belle Boussaïna qui doit oublier sa vertu, accepter le harcèlement sexuel de son employeur, si elle veut garder son emploi. Zaki Dessouki. aristocrate lettré, amoureux des femmes et de la France, raconte l'Égypte d'hier et d'aujourd'hui et qui a fait le choix de rester dans son pays malgré la misère absolue plutôt que de partir comme le font tous les jeunes qui fuient cette société où l'armée et la police ont tous les droits, où la pression islamiste est de plus en plus forte, où les homosexuels doivent se cacher sous peine de mort, et où les femmes ne peuvent vivre libres. C'est tout ça que nous raconte Alaa El Aswany sans cynisme, mais avec un regard tendre sur ses personnages qui se battent pour survivre.