Bashung, l’imprudence, Barclay 2002
C’est un peu par hasard que j’ai acheté le dernier Bashung, l’imprudence. J’étais d’abord parti à la conquête du quatrième album de Sigur Ros mais il sortait plus tard, alors voilà, un peu déçu, poussé par une fièvre de consommation, je me suis dit pourquoi pas lui ?
La pochette avait l’air sympa : complètement noir. Bashung, j’avais bien écouté la plupart de ces précédents albums que je n’écoutais d’ailleurs plus . Pas grave…
Quel ne fut pas ma surprise en découvrant ce monstrueux poème symphonique style Richard Strauss! Also Sprach Bashung version 2002.
Dès la première chanson, on est stupéfait par l’originalité sans « m’as tu vu » du poète philosophe coacher Bashung. A la manière d’un Nietszche, il commence par une incantation crépusculaire. Aujourd’hui, mes amis, je vous annonce l’imprudence ! !
Ce qu’il y a de remarquable : la poésie qui se dégage de son travail d’écriture, mélange de proses surréalistes, de polysémies des mots ; l’espace musical qu’il a su créer : sans être une dissertation pompeuse, Bashung a su amalgamer différents styles à son aise.
Il faut être bien attentif à cet album qui ne se dévoile que peu à peu. Le premier morceau est un alliage de musique symphonique, de musique de film, et de musique électronique, ce qui lui donne un air froid, profond. L’ambiance souvent symphonique n’est pas sclérosée : l’association harmonica/ piano est d’ailleurs une première réussie. Cela donne à l’album une touche de légèreté malgré l’emprise tout à fait noir qui s’en dégage. Les touches de country music y sont aussi pour quelque chose
Pourtant, si la plupart des critiques analysent ce disque en tout point pessimiste, il faut se souvenir du prologue et de la fin de l’histoire : l’imprudence n’ est pas un signe d’abattement mais d’allant, une invective à trouver nos chemins.