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L'Invention de nos vies Broché – 20 août 2014


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Extrait

Commencer par sa blessure, commencer par ça - dernier stigmate d'un caporalisme auquel Samir Tahar avait passé sa vie à se soustraire -, une entaille de trois centimètres au niveau du cou dont il avait tenté sans succès de faire décaper la surface à la meule abrasive chez un chirurgien esthétique de Times Square, trop tard, il la garderait en souvenir, la regarderait chaque matin pour se rappeler d'où il vient, de quelle zone/de quelle violence. Regarde ! Touche ! Ils regardaient, ils touchaient, ça choquait la première fois, la vue, le contact de cette cicatrice blanchâtre qui trahissait le disputeur enragé, disait le goût pour le rapport de forces, la contradiction - une forme de brutalité sociale qui, portée à l'incandescence, présageait l'érotisme -, une blessure qu'il pouvait planquer sous une écharpe, un foulard, un col roulé, on n'y voyait rien ! et il l'avait bien dissimulée ce jour-là sous le col amidonné de sa chemise de cador qu'il avait dû payer trois cents dollars dans une de ces boutiques de luxe que Samuel Baron ne franchissait plus qu'avec le vague espoir de tirer la caisse - tout en lui respirait l'opulence, le contentement de soi, la tentation consumériste, option zéro défaut, tout en lui reniait ce qu'il avait été, jusqu'à l'air affecté, le ton emphatique teinté d'accents aristocratiques qu'il prenait maintenant, lui qui, à la faculté de droit, avait été l'un des militants les plus actifs de la gauche prolétarienne ! L'un des plus radicaux ! Un de ceux qui avaient fait de leurs mortifications originelles une arme sociale ! Aujourd'hui petit maître, nouveau riche, flambeur, rhéteur fulminant, lex machine, tout en lui exprimait le revirement identitaire, l'ambition assouvie, la rédemption sociale - le contrepoint exact de ce que Samuel était devenu. Une illusion hallucinatoire ? Peut-être. Ce n'est pas réel, pense/prie/ hurle Samuel, ce ne peut pas être lui, Samir, cet homme neuf, célébré, divinisé, une création personnelle et originale, un prince cerné par sa camarilla, rompu à la rhétorique captieuse - à la télé, il s'adonise, s'érotise, plaît aux hommes, aux femmes, adulé par tous, jalousé peut-être, mais respecté, un virtuose du barreau, un de ceux qui disloquent le processus accusatoire, démontent les démonstrations de leurs adversaires avec un humour ravageur, n'ont pas froid aux yeux -, ce ne peut pas être lui ce loup de prétoire artificieux, là-bas, à New York, sur CNN, son prénom américanisé en lettres capitales SAM TAHAR et, plus bas, son titre : lawyer - avocat -, tandis que lui, Samuel, dépérissait dans un bouge sous-loué sept cents euros par mois à Clichy-sous-Bois, travaillait huit heures par jour au sein d'une association en tant qu'éducateur social auprès de jeunes-en-difficulté dont l'une des principales préoccupations consistait à demander : Baron, c'est juif ?/passait ses soirées sur Internet à lire/commenter des informations sur des blogs littéraires (sous le nom de Witold92)/écrivait sous pseudonyme des manuscrits qui lui étaient systématiquement retournés - son grand roman social ? On l'attend encore... -, ce ne peut pas être lui, Samir Tahar, transmué, méconnaissable, le visage recouvert d'une couche de fond de teint beige, le regard tourné vers la caméra avec l'incroyable maîtrise de l'acteur/du dompteur/du tireur d'élite, les sourcils bruns épilés à la cire, corseté dans un costume de grande marque taillé à ses mesures, peut-être même acheté pour l'occasion, choisi pour paraître/ séduire/convaincre, la sainte trinité de la communication politique, tout ce qu'on leur avait transmis jusqu'à la décérébration au cours de leurs études et que Samir mettait maintenant à exécution avec la morgue et l'assurance d'un homme politique en campagne, Samir invité à la télévision américaine, représentant les familles de deux soldats américains morts en Afghanistan, entonnant le péan de l'ingérence, flattant la fibre morale, tâtant du sentiment et qui, devant la journaliste qui l'interrogeait avec déférence - qui l'interrogeait comme s'il était la conscience du monde libre ! -, restait calme, confiant, semblait avoir muselé la bête en lui, maîtrisé la violence qui avait longtemps contaminé chacun de ses gestes, et pourtant on ne percevait que ça dès la première rencontre, la blessure subreptice, les échos tragiques (...) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Revue de presse

Avec L'Invention de nos vies, Karine Tuil a réussi une oeuvre de forte magnitude qui brasse et embrasse la complexité de notre monde, le décrit, le décrypte, le décortique, et, finalement, nous aide à mieux le comprendre. On s'extasie souvent sur les grands écrivains étrangers - à juste titre -, mais là, avec cette jeune romancière, la France détient un auteur de talent. Elle s'est attaquée à un sujet universel et passionnant : le mensonge. Que reste-t-il des existences basées sur une imposture ? Karine Tuil y répond de manière impressionnante, elle s'appuie sur la littérature pour produire un roman à la fois social et politique, tendu et nerveux. (Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 29 août 2013)

Au fil de ses romans, Karine Tuil impose sa vision féroce du monde. L'Invention de nos vies, son neuvième, le plus ambitieux, le plus risqué, le plus accompli, va l'installer parmi les écrivains auxquels la critique et le public ne pourront pas ne pas se référer. Il y a dans son écriture une force, une efficacité, auxquelles se mêlent brio et élégance, qui sont tout simplement impressionnantes. Et quelle histoire ! Déjà, avec ses deux précédents romans, La Domination, 2008, Six mois, six jours, 2010 (Grasset), tête haute, souffle rapide, elle fonçait dans le romanesque. Là, elle s'y installe avec une hardiesse qui témoigne d'une belle santé...
L'Invention de nos vies est un roman sur l'imposture, les faux-semblants, les identités trompeuses, l'embobinage par la séduction, les manipulations de l'intelligence et du sexe, de la parole et de l'écriture. (Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 1er septembre 2013)

Percutant et juste, fort et intense, ce roman, à la construction implacable, semé de rebondissements, suit le fil d'une intrigue sensationnelle...
Avec ce roman de l'arrivisme et de la revanche, de la domination sociale et sexuelle, de la réussite ostentatoire, Karine Tuil joue sur des accélérations narratives et des effets de déflagration. Sur fond de triangle amoureux, elle s'engouffre, pour mieux la dynamiter, dans la revendication délirante et schizophrénique des présumées origines, brandie comme une arme, prête à disloquer la société pour mieux affirmer la puissance sans partage de sa propre communauté. (Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 26 septembre 2013)

Et voilà le nom de Karine Tuil parmi les espoirs de cette rentrée littéraire. Une forme de consécration qui aurait pu, qui aurait dû arriver plus tôt à cette romancière dont les personnages n'ont jamais manqué de caractère et dont l'écriture montre, à chaque nouveau livre, plus de tenue, d'originalité, de personnalité...
Mais ce qui frappe le plus dans «l'Invention de nos vies», c'est sa ponctuation. On attend les points et les virgules comme on guette les aires de repos sur une autoroute : une pause, une respiration. Quant à ces barres obliques qui tranchent les phrases, elles lui ont été inspirées par le rap. Karine Tuil/portraitiste de la violence contemporaine/mérite prix littéraire. (Sophie Delassein - Le Nouvel Observateur du 12 septembre 2013) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .


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Détails sur le produit

  • Broché: 504 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (20 août 2014)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253179450
  • ISBN-13: 978-2253179450
  • Dimensions du produit: 11 x 2,5 x 17,7 cm
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile  Par traversay TOP 50 COMMENTATEURSVOIX VINE le 23 décembre 2013
Format: Broché
Faut-il toujours une morale à un roman ? Celle de L'invention de nos vies, le livre le plus ambitieux de Karine Tuil, pourrait être : oublier ses racines, c'est se renier. Ou encore : qu'est ce la réussite sociale si ce n'est l'illusion du bonheur ? De toutes manières, ce pavé littéraire ne se réduit pas à quelques phrases : il est saignant, à point et bien cuit à la fois. Dans cette histoire de mystification/mensonges/imposture/trahison, Karine Tuil use d'un style incandescent (ah, ces slash (/) en lieu et place de virgules qui font tant causer et qui donnent un rythme de folie) qui emporte tout sur son passage. Ce bouquin est une tempête, que du vent diront certains mais ne les écoutez pas, un maelström qui raconte une époque à l'image des grands écrivains du XIXe siècle. Un Balzac sous ecstasy, si l'on veut. Ce qui intéresse l'auteure, c'est l'apparence sociale, le vernis qui se craquèle, le poids des règles communautaires, l'image que l'on donne de soi même aux autres et qui vous confère un rang, même si elle est à cent lieues de votre véritable personnalité. Un jeu de rôles pas drôle, et gare à ceux qui mentent et s'inventent une biographie bidonnée. Plus dure sera la chute, autre morale possible. Ce n'est pas que le récit de la romancière soit exempt de clichés et de stéréotypes proches de la caricature sur l'identité/la place des femmes/le racisme/la perversion sexuelle/le terrorisme/la littérature ... Non, mais la rage de Karine Tuil et le caractère abrasif de sa prose dégomment toute velléité de critique.Lire la suite ›
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35 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile  Par Monique le 9 septembre 2013
Format: Broché Achat vérifié
Je suis encore sous le coup de l'émotion en terminant ce roman...
Je ne connaissais pas encore Karine Tuil, et je ne suis pas prête à l'oublier. Quelle écriture percutante! Je ne m'étonne plus qu'elle fasse partie des écrivains en lice pour le Goncourt. Cette femme a des choses à dire, elle les hurle ou les égrène froidement suivant son désir de nous convaincre ou de nous laisser juger les choses par nous-mêmes.
"Lecture agréable"? Bien plus que ça! Lecture envoutante!
Très difficile de résumer la trame dramatique en quelques lignes: Samir, forte personnalité aux facettes noires ou blanches, avocat brillant, faux juif par opportunité, accro du sexe... voit sa vie détruite par une fausse accusation, une accusation que le lecteur n'attendait pas et qui relance l'intérêt comme s'il s'agissait d'un thriller politique.
Pas de manichéisme dans cette histoire: chacun ses points faibles, ses ressources inattendues, bref des personnages qui ne laissent jamais indifférent.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile  Par Zonnebloem le 23 décembre 2014
Format: Broché
Je n'avais qu'un apriori positif au point de départ: le roman semblait bien construit, j'ai envie de dire que l'on avait l’impression que l'auteur avait un canevas précis et fouillé avant de démarrer la rédaction de son roman, comme s'il s'agissait de pièces d’un puzzle qui allaient prendre place, le moment venu, mais cela semblait tout de même un peu tiré par les cheveux: un juif (Samuel), un musulman (Samir), une fille trop bien - Nina - avec qui l'un et l'autre rêvent de passer leur vie, d'autant qu'elle a "un corps de rêve" et gagne sa vie comme mannequin, même si ce ne sera pas dans les revues "glamour". Elle choisit de vivre avec Samuel (le plus faible ?), mais il a "le malheur" de s'absenter (pour enterrer ses parents) et elle se laisse séduire (ou est séduite) par son meilleur ami - what's in a word? -; Samuel tente de se suicider (ou fait semblant parce qu'il ne meurt tout de même pas), elle choisit de revenir vers lui, tandis Samir part pour les Etats-Unis, construit sa vie sur un mensonge (ou une série de mensonges) - il vole le passé de son ancien ami Samuel - , fréquente les meilleurs cercles juifs de la haute finance et haute bourgeoisie, et s'il est parfait dans sa profession (déontologiquement irréprochable), il est l'image inversée dans sa vie privée: il trompe tous ceux (toutes celles, surtout) qui peuvent l'être, vit une sexualité débridée, jusqu'à ce que Nina le rejoigne (et vive comme une geisha) alors que son passé le rattrape: son demi-frère réapparait et le fait tomber dans l'envers du décor.Lire la suite ›
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par Sintes le 15 novembre 2014
Format: Broché
Le livre aurait pu s’intituler « les humiliés »
3 amis, étudiants démunis, ne trouvent pas leur place dans la société. Samir Tahar au chômage malgré de brillantes études d’avocat modifie son prénom en Sam pour se faire embaucher dans un cabinet prestigieux, se retrouve en Amérique, devient Samuel, pratique le Shabbat, épouse la fille d’un magnat de la finance. Il oblitère son milieu d’origine, une cité sordide du 93 et se fond tel un caméléon dans son nouvel environnement. Il tutoie les sommets de l’oligarchie, participe à ses bacchanales, s’habille comme un lord vit comme un prince.
Samuel Baron devient éducateur de rue, entouré d’histoires poisseuses, tourne à l’aigri haineux sans avenir aucun. Nina, ancienne amour de Samir a épousé Samuel (le vrai) par pitié. Malgré son intelligence et son sex-appeal elle est en sous-régime et végète en faisant des piges de mannequinat dans les catalogues de grandes surfaces. Tous les 2 vivent chichement dans leur F2 de banlieue, sans enfants.
Ces 3 se retrouvent 20 ans plus tard, les rancœurs et les faux-fuyants seront dévastateurs.
L'écriture est déroutante, j'ai du relire le 1er chapitre mais ensuite ça devient limpide. La trame est haletante, on imagine la schizophrénie de Samir, c'est un livre avec de multiples rebondissements, plein de bruit et de fureur. J'en suis ressorti éreinté.
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