Dominique Sourdel est professeur honoraire d'Histoire et civilisation islamiques à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Il est également directeur de la Revue des études islamiques et assure avec Janine Sourdel, professeur émérite d'histoire de l'art et archéologie islamiques à l'Université de Paris-Sorbonne la codirection collection « Islamiques » aux Presses universitaires de France.
Grand amateur de la collection "Que sais-je ?" je lui trouve en qualité première de savoir résumer en une grosse centaine de pages, des sujets des plus complexes, sans pourtant arrêter la réflexion, bien au contraire.
Le mot "islam" désigne au sens propre une attitude religieuse de soumission à Dieu.
"En fait l'omnipotence divine étouffe la liberté humaine ; le sentiment de responsabilité s'efface devant la soumission à la volonté divine, prêchée particulièrement, pour des raisons politiques, au temps des califes ommayyades." (p.39).
Cette soumission de l'Homme à Dieu procède de la nature du "Coran (Qôran, "récitation"), expression de la parole même d'Allah, dont le texte se présente ainsi aux musulmans comme une dictée surnaturelle enregistrée par le prophète inspiré [Mahomet]" (p.10)
L'islam est donc bien différent de l'ontologie judaïque et du chrétienne qui affirme la liberté au coeur du dessein de Dieu pour l'Homme.
Les rapports des hommes aux autres sont de nature différente dans les sociétés religieuses, en terre de chrétienté par opposition à la terre d'islam.
"La vie religieuse islamique reste avant tout de caractère contractuel et engendre une morale de même nature". (p.58)
La lecture du passionnant ouvrage de Sylvain Gouguenheim "
Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne" avait déjà suscité mon attention sur le développement supposé des sciences grâce à l'islam. L'historien Gougenheim y démontre qu'il est nécessaire de nuancer cette image simple. En fait la médecine était majoritairement pratiquée par des Juifs et des Chrétiens aux noms arabisés. Les mathématiques, l'astronomie procédaient des échanges avec la Perse notamment. Souvent le mot "science" recouvre celui de science juridique dans l'interprétation contractuelle entre les hommes du Coran.
Je reproche, sur ce point, à Dominique Sourdel l'amalgame entre "arabe" et "islam". Arabe ne signifie pas islam comme il est bon de le rappeler. De même que la réciproque n'est pas vraie. Parler de science arabe ne signifie pas science islamique. Ce qui n'ôte rien à la brillance des scientifiques musulmans comme Avicenne (persan) et Averroès (arabe).
Dominique Sourdel parvient à exposer la complexité des mouvements religieux dont les deux plus importants connus des profanes à ce jour, sont le sunnisme et le chiisme.
Enoncer le nécessaire approfondissement de ce sujet est une évidence.